Les fidèles du Boukornine

vendredi 13 mars 2009

Jeunesse internationalement tunisienne

Jeune homme aux idées étranges. Souvent altruiste mais avec parfois des pulsions destructrices…

Jeune guérillero perçu comme un combattant suprême venu délivrer le monde des mauvais esprits qui le désagrègent.

Jeune étudiant aux idées révolutionnaires. Sa parole contre le monde… Même si le monde vaincrait, il aurait eu l’audace de lever la voix pour défendre ses droits…

Jeune citoyen du monde sans certificat de résidence ni carte de séjour…

Jeune rêveur arrêté sur les frontières de la réalité pour cause de passeport périmé…

Jeune parmi tant de jeunes, qui essaie tant bien que mal de se frayer un chemin, de devenir un des grands de ce monde, de se faire entendre, de dire NON, de donner ses raisons et de présenter une alternative…

Jeune chanteur occasionnel, sous la douche ou dans l’ascenseur, dans la salle quasi-vide, les seuls spectateurs présents ronflent déjà mais il sait au moins que cette étoile qui brille au loin apprécie sa voix mélancolique. Et rien que pour le plaisir d’admirer sa luisance, il ne se taira jamais !

Jeune diplômé chômeur, la maîtrise en poche mais rien à se mettre sous la dent. Banni à jamais d’une société qui refuse catégoriquement d’entendre parler d’un « Tunisian Dream ». L’ascenseur social étant bloqué au sous-sol et en dépit de la sonnerie qui se fait entendre à des kilomètres à la ronde, tout le monde passe son chemin et fait mine de n’être pas concerné.

Jeunesse perdue entre le minaret, les tabous et le verre de vodka. Peinant à choisir entre les cinq prières et les soirées arrosées jusqu’à cinq heures du matin.

Jeunesse sans repères, sans idéaux, sans principes, sans convictions, sans ambitions, sans avenir, sans passé, coincée entre un présent dérisoire et des plans illusoires.

Jeunesse qui sourit bêtement sans savoir pour quelle raison. Qui fredonne des paroles de chansons anglaises dont elle n’a jamais percé le sens.

Jeunesse vieillie prématurément sous les yeux d’un monde glacial où l’indifférence est une religion.

Jeunesse pas plus profonde qu’un calendrier qui compte passivement les jours s’écouler et qui se trouvera surement à un moment donné abandonné à jamais.

5 commentaires:

bent 3ayla a dit…

just waw!

tunisianblogger a dit…

Bravo! Comme c'est bien dit:)!! Mais c'est hélas la triste réalité de beaucoup d'entre nous!

Carpe Diem a dit…

Bravo, très beau et si vrai...

renzo a dit…

Oui c'est vrai que ça sourit bêtement dans notre pays....et sans savoir pourquoi peut-être pour se défendre et ne pas être une proie.
Le désenchantement que tu décris est à la fois intolérable et grave si le pays continue de fermer les yeux.

Mad Djerba a dit…

Jeune homme plein de conviction, de force et à la plume talentueuse et au regard acerbe ! A te lire, j'ai de l'espoir !