Les fidèles du Boukornine

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mercredi 16 juin 2010

Billet délirant nocturne aigu

Il est exactement 3h51.
On ne sait pas où l'on est exactement... Si c'est le mercredi ou le mardi qui prennent le dessus...
Si on est tôt le matin ou tard dans la nuit...
Tel un fils d'immigrés, rejeté par son pays d'adoption et haï par son pays natal, ne maitrisant aucun dialecte, marginalisé et constamment pointé du doigt.

On est le 15 juin, et il pleut encore sur Tunis.
Des religieux, quelque peu, voire un peu trop crédules ou adeptes simplement du paranormal m'ont confié que c'était un des signes de l'imminence de la fin du monde.
Je veux bien les croire... 
Mais le fait est là, que la vie suit paisiblement son cours naturel.

On considère comme faisant partie de l'écume du peuple, l'ouvrier qui ne paie pas son ticket de métro afin d'économiser de quoi s'acheter un paquet de cigarettes de marque Cristal, affectueusement appelé: "Le tabac des champions" dont le prix d'ailleurs n'a de cesse de grimper pour préserver votre santé et mettre encore plus à mal votre pouvoir d'achat. (Cette phrase a été élue la plus longue de l'année)
On cautionne pourtant les détournements de milliards par des costumés cravatés à peine masqués d'un sourire hypocrite et démoniaque et des cheveux gominés.

C'est ainsi que va la vie. Arrête de faire ton justicier à deux balles... Surtout qu'il est 3h59 et que les voisins doivent dormir à l'heure qu'il est...

J'ai suivi avec attention le match qui a opposé la Corée du Nord au Brésil. J'ai été séduit par le jeu de ses coréens à la fois physique, engagé et très souvent juste.
A ce qu'il parait, ils n'ont qu'une seule chaine de télé. Quand on leur vend des téléviseurs, il n'y a qu'une seule touche sur la télécommande. Elle permet à souhait, d'éteindre ou de fermer l'appareil.
La propagande bat son plein.... Depuis toujours...
Je les ai vu sourire quand ils ont marqué le premier but... peut-être même pleurer de joie...
C'est fou ! 
Les coréens du nord peuvent sourire aussi. Même avec une seule chaine télé...
On en a trois, mais il est tout de même rare de me voir esquisser un sourire... Surtout qu'il est 4h03... Que le temps passe vite...
Il faut dire que nos trois chaines satellitaires sont absolument à chier...
C'est tout comme si l'on n'avait qu'une seule... et encore, je suis très gentil dans ma critique... J'essaie de ne pas froisser Ammar, qui me laisse m'exprimer librement contrairement à bon nombre de mes compagnons de misère.

D'ailleurs, ce sujet me travaille...
Est-ce un supplice que voudrait m'infliger Ammar en me séparant du peloton de tête, décapité en entier?
Est-ce légitime de sommer le censeur national à me décapiter à mon tour?
Ce n'est pas raisonnable...
Surtout qu'il pourrait le faire tout seul, sans attendre mon approbation...
Mon côté mégalomane me chuchote que Ammar doit être fan de mes écrits... 
Mon côté réaliste me met en demeure de la fermer...
Je réponds sans attendre par l'affirmative... Fermons la, tant qu'on y est...
Sauf que le pire, c'est qu'on n'y est même pas...

mercredi 31 décembre 2008

Rêver quand on y est jusqu'au cou...


Il est vrai que la vie nous chagrine et nous entraine dans sa laideur exceptionnelle.
Il est vrai que la bassesse devient le principe le plus estimé de nos sociétés.
Il est indéniable aussi que la haine cède pitoyablement la place à l’amour.
Parfois respirer devient un crime impardonnable et certains ne se retiennent pas de vous lapider publiquement pour avoir eu le culot de le faire.

Cependant, je me suis toujours surpris à faire les rêves les plus extravagants aux moments où la réalité laissait le plus à désirer.
Cet optimisme maladif est en quelques sortes ma marque de fabrique même s'il ne transparait presque pas à travers mes écrits.

Ce soir, par exemple je dormirai avec l'unique espoir de voir prochainement Itzhak et David serrer affectueusement les mains de Ahmed et Marwen, tirer un trait sur le passé.
Repartir de zéro, signer ce bout de papier qui nous permettra de voir enfin l’avenir avec plus de sérénité.

Ce soir je ferai surement le rêve que toutes les images qui nous sont parvenues de Gaza n'étaient qu'une satanée mise en scène, une caméra-cachée de mauvais gout comme on nous sert tellement...

Aujourd'hui, je dormirai sur mes deux oreilles avec l'illusion que 2008 n'ait pas existé et que tout n'était qu'un mauvais rêve...

Très dur sera le réveil.
J'aurais peut-être la gueule de bois sans avoir ingéré la moindre goutte d'alcool...

De toute façon j'aurai au moins pu rêver une seule fois dans cette foutue année.

Demain, une vague de froid s'abattra probablement sur mon cœur.

Et vu que je me présente en plein hiver sans compte en banque fourni pour me tenir au chaud ni manteau de fourrure pour faire face aux images glaciales. Je me contenterai d’aimer puisque c’est tout ce qui me resterait.

mercredi 24 décembre 2008

Je crois encore au père Noël…

D’ailleurs je croirais volontiers à toutes les extravagances que vous pouvez imaginer pourvu qu’à la fin j’aie le présent qui m’a toujours fait rêver.
Je voudrais un kit « paroles libres » qui me permettra de m’exprimer sans modérer mes propos.
J’aimerai avoir accès à tous ces sites censurés sans avoir à user de moyens détournés.
Je rêve de me sentir léger, ne plus peser mes mots et laisser libre cours à mes tendances logorrhéiques sans avoir à museler mon imagination.
Tout petit, j’en rêvais déjà.
Je n’avais pas le droit de prononcer des vulgarités sous peine de recevoir une gifle mémorable et dieu sait combien j’en ai reçu.
La bataille fut rude mais maintenant je peux clamer toutes les insanités du monde aussi librement que ces oiseaux aux chants ensorcelants.
Peut-être qu’un jour ce sera pareil avec dailymotion et compagnie.
En tout cas, le père Noël est prévenu, la nouvelle paire de chaussettes l’attend de pieds fermes demain soir…
Et même si par inadvertance il oubliait de passer, il viendra surement le réveillon prochain.
On attendra bien une année…

samedi 8 novembre 2008

La marche comme activité paisible (Essalem)


Il est 7 heures du mat’

Je n’ai plus sommeil.

Est-ce l’effet retard d’une heure d’été qui a trop duré ?

Je ne le sais guère.

Je mets mon manteau.

Je descends les escaliers pour aller errer quelque part. Là où mes pas me mèneront.

Les cheveux au vent. Les dents grinçant de froid.

Je croise Hamed le voisin à qui je ne dis jamais bonjour. Pourtant en cette nuageuse matinée un élan de vertu me pousse à le saluer :

-Essalem

-Ahla essalem…

Je continue mon chemin…

On dirait que personne n’est réveillé à cette heure bien précise. Mais j’ai cette curieuse impression que personne quant à lui, m’observe à travers les volets à demi clos…

Ce n’est peut-être qu’une impression…

Ma paranoïa surdéveloppée qui me joue des tours…

Je continue tout de même mon bonhomme de chemin…

Au loin, j’entends une mélodie dont je perçois difficilement les notes…

Ce serait finalement notre immense hymne nationale que le vent aurait ramené à la portée de mon ouïe.

Je n’y vois aucun signe du destin.

Je continue ma route vers l’inconnu…

Un être humain à l’apparence d’un extra-terrestre, croise ma voie : Il me fit la confession selon laquelle Obama aurait gagné les élections…

Je ne le crois pas…

Je pense qu’il se moque de moi…

Pour me débarrasser de cet être hostile qui a proféré un tel mensonge il m’avait suffit de lui crier la formule magique :

-Essalem !

Obama… Et puis quoi encore ? Un noir à la maison blanche ?

Autant voir un Bill Clinton à la tête du Zimbabwe…

Et même si c’était le cas, pense-t-il vraiment qu’une légère différence de pigmentation changerait-elle l’allée de l’univers ?

Elle a toujours été semée d’embuches et de mines anti-personnelles dont font les frais de jeunes et pauvres innocents… C’est la législation de la vie…

Le pauvre doit vivre pleinement sa misérable vie… Que ce soit sous le regard diabolique de Bush ou sous l’emprise de 100 millilitres d’alcool dilués dans 1,3 litre de Coca Cola voire même pour faire plus nationaliste de Boga Cidre.

We can…

They can…

All of us can…

CAN pour dire Coupe d’Afrique des Nations qui se déroulera (Inchallah) en 2010.

Ou CAN pour dire non sans quelques abus de langage, Con… Con de croire à un quelconque changement.

Ou tout simplement CAN comme le Comité des Amis de la Nature (Comité complètement virtuel mais qui devrait certainement exister pour rassembler tous ceux qui préfèrent les arbres aux êtres humains…)

Cette perturbation dans l’ordre de mes idées me pousse à changer de cap et me diriger vers la droite voire même l’extrême droite…

J’y salue oncle Salah… xénophobe de la première heure qui s’indignerait au cas où Obama venait à s’octroyer le droit de diriger le monde…

-Essalem

-Essalem…

Je trouve qu’oncle Salah y va un peu fort… Mais cette profonde différence d’âge me fait hocher la tête face à toutes les insanités qu’il peut émettre.

Usé, lessivé… Je prends le premier tournant à gauche et m’arrête devant l’épicier du coin…

-Essalem

-Essalem

-Deux gauchos s’il vous plait !

-Dans ce coin du monde, nous ne vendons pas de Gaucho !

-Essalem…

Je pars choqué d’avoir entendu ce dont je n’avais jamais soupçonné l’existence. Gaucho boycotté, Gaucho méprisé, Gaucho oublié…

Nous pourrons changer nous aussi, le jour où le Gaucho aura la place qu’il mérite dans notre société.

D’ici là vous pourrez zapper et observer les autres « changer » tranquillement selon leurs déclarations…

En attendant des jours meilleurs pour notre gaucho national…

-Essalem

-Essalem…

Et je continuais encore ma route vers l’infini…

mardi 26 août 2008

صاحبي مخي



أقدم صاحب وأخلص صاحب...
نبوحلو بأسراري وعمرو ما يخون...
نحكيلو على أشجاني وما سبقلوش قاطعني...
يسمعني حتى نكمل ومن بعد يناقشني...
ما يبخلش عليا بالنصيحة ويحاول يصلحني...
صارت قبل تعارك هو وقلبي، ولات مشاكل وبونتووات...
رصاتلي نقلهم كلكم أعضاء ومستحيل واحد يختار بين بوه وأمو...
أما معذور... معلوم إلي همو الوحيد مصلحتي...
يونسني في وحدتي وكي نتحتاجلو ما يترددش لحظة...
هو الغالي العزيز، صاحبي وعشيري...
إلي ما يفارقني كان وقت النوم...
القبطان إلي يرفع الشراع ويحدد الوجهة...
يا مخي عاشت الصحبة ودامت العشرة...
خاطر انتي أحلى غصن من أغصان الشجرة...

jeudi 21 août 2008

Klem ellil


Il est trois heures tapantes du matin.

Il y a tout juste cinq minutes j’avais une envie insoutenable de fermer l’œil. Mais voilà que ma muse m’a tendu la main et je n’ai pas su résister.

Je pensais que cela faisait pratiquement deux mois que je ne dors plus. Normalement, après deux jours d’insomnie, on commence à sentir ces céphalées à longueur de journées et chaque geste aussi anodin soit-il prend une ampleur considérable. Et ainsi, l’acte même de se gratter les cheveux devient une tâche qu’on rêverait d’octroyer à autrui.

Et puis, ne dit-on pas que le monde appartient aux lève-tôt ? Je fais nettement mieux ! Je dors tôt le matin ! Vers six/sept heures en moyenne…

En fait, j’ai tellement peur que le soleil ne se lève pas le jour suivant, que je prend la peine d’attendre qu’il se lève et je l’accompagne même dans son mouvement en écoutant de la bonne musique… Et puis quand je suis sûr que l’évolution suit son cours sans déroger à la règle je m’endors paisiblement pendant au maximum trois/quatre heures… Et c’est reparti pour une journée aussi lente à s’écouler que la précédente.

En attendant que le foutu soleil daigne à se lever, j’ai eu droit à un immense étalage d’activités ludiques pour la plupart.

Je me suis essayé au thé à la menthe pour commencer… Mais le cocktail n’avait pas pris. Et je n’ai réussi à gagner que deux minables heures…

J’ai ensuite choisi de m’intéresser aux consoles de jeu dernier cri… J’ai été vite fauché et je n’ai même pas eu l’impression que la petite aiguille de ma montre a vraiment avancé.

Finalement, je me suis fait une raison et je suis retourné chez moi (comme si c’était la solution…) et me voilà face à face avec mon ordinateur portable de marque Fujitsu Siemens qui est mon véritable compagnon de jeu (avis aux intéressés) et il me restait encore trois interminables heures à écouler avant d’observer la face magique de mon soleil…

J’ai vite plongé dans un bain de musique d’une profondeur inimaginable… J’écoutais Tupac chanter son inégalable « All eyes on me » et puis Om Kalthoum venir à la rescousse pour lui dire que « Baïd 3annak 7ayeti 3adheb » et Samir Loussif ne sachant pas ce qu’il faisait entre les deux autres chanteurs et qui vient fredonner timidement son « ommimty el ghalya » (pourtant véritable chef-d’œuvre)

Puis, ma muse, qui n’est autre que le déodorant Nivea fresh active aux extraits océaniques, qui est venu s’écraser sur le sol du fait d’un violent courant d’air (Quoi ? Je vis à l’Alaska ! Tu ne le savais pas ?) me signalant qu’il était l’heure d’écrire.

Armé de mes deux mains, d’un cerveau courbaturé en mal de nouvelles idées et de mes lunettes souillées je vous ai griffonné ce que vous venez de lire.

Et à l’heure qu’il est les chiens errants qui ont élu domicile juste en bas de chez moi et qui hurlent de toutes leurs forces et le coq (je vis dans une région recluse du fin fond de la Tunisie) chante proclamant que l’aube est parmi nous !

Il est quatre heures cinquante quatre. C’est peut-être pour cela que l’appel à la prière est sur toutes les ondes…

Je pars.

Annistou.

J’ai bien d’autres paysages à admirer !