Les fidèles du Boukornine

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dimanche 5 février 2012

Les aléas de la propagande de Moncef Marzouki

Depuis la constitution de ce gouvernement et l'élection par l'assemblée constituante de Moncef Marzouki au poste de président de la république, on a l'impression que le pays suit inéluctablement son cours vers les profondeurs abyssales d'une crise sans précédent, alors que nos valeureux responsables sont plus occupés à cirer leurs images et à se faire prendre en photo qu'à trouver des solutions à ce pauvre peuple tunisien qui ne sait plus à quel saint se vouer !

Les exemples ne manquent pas:
Un ministre de l'agriculture photographié "à son insu" en train de cueillir lui-même les olives.
Un ministre des transports filmé "à son insu" (Mais bien sûr !) se rendant en taxi à son ministère.
Un ministre des droits de l'Homme qui fait son imam avec les membres de son cabinet ministériel.
Un ministre de l'enseignement supérieur qui déclare dans une émission sur Hannibal tv qu'il s'est rendu le premier jour au ministère dans une camionnette où il vendait les légumes en dépit de sa valeur académique inestimable à cause des pressions des sbires l'ancien régime.
Et j'en passe des bien plus belles...

Le dernier coup d'éclat de cette propagande acharnée concerne la visite du Dr Moncef Marzouki aux agents des forces de l'ordre blessés lors des derniers affrontements avec un groupe armé de kalachnikovs à Bir Ali Ben Khelifa.
Dont cette image qui montre le président en train de lire un cliché de scanner au chevet d'un patient. Le hic dans l'histoire c'est que notre président et médecin à ses heures perdues tient le cliché à l'envers ! La photo est d'un ridicule inimaginable ! J'imagine ce que peut se dire le médecin qui est juste à coté...

Tout d'abord, pour lire un cliché de scanner, on le tient verticalement ! Beaucoup de gens me diront que Marzouki est un professeur en médecine, ancien interne des hôpitaux de Paris et que je n'ai pas de leçons à lui donner ! Et bien détrompez-vous ! Un médecin peut ne pas savoir tenir un scanner. D'autant plus que notre médecin n'est titulaire, selon mes sources, que d'un master en électrophysiologie. Mais pourquoi vouloir donner l'impression du contraire ? Pourquoi ce regard qui fait mine de comprendre les structures anatomiques et envisager les éventuelles thérapeutiques alors qu'il n'est en train d'y voire que du feu !

A force de se faire prendre en photo, de vouloir à tout prix cirer son image afin de passer pour ce que l'on n'est pas et gagner de potentiels électeurs pour le prochain mandat, au lieu de se concentrer à travailler, on finit par commettre des fautes. Le populisme à outrance n'est pas dénué de risques.
J'espère que cette énième bourde raisonnera notre président, qu'il arrêtera de nous bassiner, lui et les ministres de son sixième calife, avec ces prétendues capacités à lire un scanner et qu'il essaiera de ne plus renvoyer des ambassadeurs ni de créer des incidents diplomatiques dont on se passerait bien.

Sans rancune ! 

dimanche 20 juillet 2008

Paraître pour espérer être


J'ai 25 ans.
Je suis le pur fruit de ma société.
Je représente ce à quoi tous les tunisiens sans exception veulent ressembler.
Cette chemise D&G que je porte coûte dans les 300 dinars.
Ce jean de marque temps des cerises vaut 320 dinars.
Ces paires de lunettes Ray ban font aux alentours de 500 dinars.
Rien que cette ceinture, elle fait l'équivalent de 150 dinars. Elle m'a été offerte par ma copine à l'occasion de mon anniversaire.
Cette voiture, quand je l'ai achetée, elle était presque neuve et pourtant elle m'a coûté plus de 40 milles dinars.
Je marque toutes les soirées auxquelles j’assiste de mon emprunte indélébile.

La table où je décide de m'asseoir, elle vaut au bas mot mille dinars. C'est peut-être pour cela que les gérants de boîtes de nuits se donnent autant de mal à me courtiser et à m'inviter question d'égayer l'ambiance et la caisse du lieu par la même occasion.
Je suis un bon vivant tout le monde vous dirait la même chose.

C’est en quelque sorte mon image de marque et je veille comme je peux à l’entretenir aux yeux de tous ceux qui ont l’honneur de me croiser.

Sinon, il est vrai que mon boulot merdique me fournit 400 dinars par mois. Soit une somme qui me permet à peine d’acheter un pantalon chic.

Je reconnais aussi que je suis en train de dilapider doucement mais sûrement la petite « fortune » que m’ont léguée mes chers parents et que dans quelques années je me retrouverai certainement à la rue vu le train de vie que je me permets d’avoir.

Ce n’est sûrement pas ma faute si cette fille ne me considère qu’au poids des sous qui pèsent sur mes poches.

C’est cette société qui a fondé tous ses jugements de valeur sur l’image de l’individu.

Piaget n’a-t-il pas défini l’intelligence comme « la capacité d’un individu à s’adapter à son environnement. »

Finalement je n’ai fait que m’acclimater. Me colorer pour survivre dans un milieu hostile.

Mais tout cela il ne faut surtout pas qu’on le sache.

C’est un secret entre nous que vous vous devez d’enterrer ici même !

La seule vérité qui doit transparaître c’est ma richesse exemplaire et ma maîtrise du monde.

On n’est respecté que si on porte des marques et qu’on a les moyens de se faire considérer.

Et tant que je pourrai imposer le respect par les sous je le ferai sans hésiter quitte à se réveiller ruiné le lendemain.