Les fidèles du Boukornine

mardi 19 février 2008

L’amour est mort ce soir

Nous l’avons appris de sources bien informées. L’amour est mort ce soir, assassiné par le désespoir d’une vie bête à pleurer. L’amour n’a, en effet, pas pu résister longtemps face aux assauts répétés du destin. Au royaume des amoureux, je m’étais, pourtant, souvent érigé en roi mais très vite, la réalité m’avait déchue. J’en suis maintenant au rang méprisable de simple citoyen, témoin du bonheur mais jamais complice. Faudra chercher maintenant, la lueur au fond des mots, boire les nuages pour oublier les maux, se noyer dans les rivages dans la main un stylo, pour essayer de se relever, d’oublier, de ne pas mourir aussi jeune, de ne pas mourir idiot, d’aimer tout le monde à en mourir, de se prosterner comme avant, face à la grandeur de l’univers, face à la création divine. Savoir apprécier le silence et ausculter les coeurs quand même sans vraiment s’attendre à ce qu’un son apparaisse. Guetter les vaisseaux qui chantent en chœur l’amour et la paix et savoir apprécier les images de Gaza en flammes et du Rwanda en plein désarroi. Ne plus jamais mourir de peine pour soi, être plus grand effacer la bassesse de son espace-temps. Mépriser la tristesse qui tend à nous prendre et lui rire au visage sans penser à demain. Demain sera mieux, demain sera beau, demain fonctionneront tous les rouages. Il ne nous faudra que réussir le dosage pour se retrouver seul dans la plage à combattre les vagues qui ont toujours voulu ma peau. Ma muse m’a parlé, j’en ai encore des frissons… elle s’appelait tristesse. Je l’avais perdu de vue pendant quelque temps mais heureusement maintenant nous sommes de nouveau réunis pour le meilleur mais apparemment surtout pour écrire. Je viens de comprendre que la mélancolie était ma raison d’être, qu’elle est le maître qui a su dompter mon âme. Je suis un être humain avant tout fait d’un tas de vaisseaux et d’organes, avant que l’on me damne. Priorité faite désormais aux sourires, à la vie, à la libération des cœurs des démunis des chimères qui les hantent. Quitte à en perdre sa capillarité, quitte même à y rester.
Yer7am bouk ya de Musset : « A voir ce que l’on fût et ce que l’on laisse, seul le silence est grand tout le reste est faiblesse »

3 commentaires:

pink_panther a dit…

Si tu m'oublies
je veux que tu saches
une chose.

Tu sais ce qu’il en est:
si je regarde
la lune de cristal, la branche rouge
du lent automne de ma fenêtre,
si je touche
près du feu
la cendre impalpable
ou le corps ridé du bois,
tout me mène à toi,
comme si tout ce qui existe,
les arômes, la lumière, les métaux,
étaient de petits bateaux qui naviguent
vers ces îles à toi qui m’attendent.

Cependant,
si peu à peu tu cesses de m’aimer
je cesserai de t’aimer peu à peu.

Si soudain
tu m’oublies
ne me cherche pas,
puisque je t’aurai aussitôt oubliée.

Si tu crois long et fou
le vent de drapeaux
qui traversent ma vie
et tu décides
de me laisser au bord
du coeur où j’ai mes racines,
pense
que ce jour-là,
à cette même heure,
je lèverai les bras
et mes racines sortiront
chercher une autre terre.

Mais
si tous les jours
à chaque heure
tu sens que tu m’es destinée
avec une implacable douceur.
Si tous les jours monte
une fleur à tes lèvres me chercher,
ô mon amour, ô mienne,
en moi tout ce feu se répète,
en moi rien ne s’éteint ni s’oublie,
mon amour se nourrit de ton amour, ma belle,
et durant ta vie il sera entre tes bras
sans s’échapper des miens.

Pablo Neruda

l'amour c'est l'essence de la vie;
aimer; pas necessairement d'un amour classé, connu, maché et remaché mais personalisé,
d'une façon propre et quelque peu singuliére;
aimer la vie, aimer la mort, aimer le fin et le ghore,
mais aimer quand même et malgré tout
une mére, une profession, un ami, une fleur, un livre...
aimer n'est pas seulement un don à l'autre, c'est un don à soi,
quand on aime, on se fait plaisir,
quand on aime, quelque part, on s'aime...

Khalil a dit…

Un très beau poème qui résume une aussi belle vision de l'amour... C'est dumoins la vision la plus économique en pertes humaines dues à l'amour. Pour résumer, un pareil désintéressement pourrait servir d'armure, d'airbag qui amortirait le choc déconcertant de l'amour.

Anonyme a dit…

j'ai toujours senti que tu avais une fibre sensible et poétique, mais je ne me suis jamais douté que c'était beau à ce point...
Yasmine