Les fidèles du Boukornine

mercredi 28 octobre 2009

Offre alléchante au pays du bonheur absolu : un sidéen pour conjoint

Le Certificat Médical Prénuptial, à priori un gage de sécurité pour tous les chanceux de ce monde qui ont vu chez un être humain la douceur et l’amour que devrait fournir une moitié digne de ce nom.

En effet, il n’est délivré qu’après avoir pris connaissance des résultats d’examens cliniques et paracliniques destinés à rechercher une quelconque pathologie contagieuse que couverait l’un des présumés futurs-époux.

Jusque là, vous vous demandez probablement la raison d’être de ce texte vu que le commun des mortels est déjà initié à ce genre d’informations basiques.

L’immense problème, chers amis, comme l’indique le titre de ce billet, c’est que le dépistage du VIH, virus responsable du SIDA, (pour ne citer que cette pathologie) n’est pas de pratique courante en Tunisie dans le cadre du Certificat Médical Prénuptial.

Ce qui m’a poussé à tirer ce signal d’alarme c’est cette dame qui s’est présentée aux consultations externes du service d’infectiologie et chez qui on a retrouvé le VIH.
Il s’est avéré par la suite que même sa fille portait dans son sang cette bombe à retardement.
Et en poussant plus loin les investigations, on a compris que le mari avait reçu un certificat prénuptial affirmant qu’il pouvait se marier sans risques alors qu’il était séropositif pour le Virus de l’Immunodéficience Humaine.

Destin tragique pour une femme que le système sanitaire a trompé.

Cependant, tout le monde peut exiger que le dépistage du VIH figure dans la liste des examens à réaliser.

Exigez donc, votre droit de vivre !
Parce que le SIDA tue…
Parce que le système sanitaire tue…
Parce qu’un citoyen averti en vaut bien deux.
Parce que le SIDA n’a pas de visage ou alors celui d’un sourire éclatant voire même d’un corps alléchant.
Pour finir parce que… La confiance dans ces circonstances n’est qu’une bêtise d’une infinie naïfeté.

6 commentaires:

Mad Djerba a dit…

J'apprends avec surprise que cet examen n'est pas obligatoire en Tunisie. Je suppose également qu'il doit y avoir un frein économique et une certaine naïveté que tu évoques qui font que les gens ne pensent pas à se faire diagnostiquer. C'est effectivement important de rappeler l'absolue nécessité de ce examen.

Mad Djerba a dit…

Je souhaitais juste rajouter qu'avoir un sidéen pour conjoint n'est pas une tare. Si le couple est prévenu, des rapports protégés empêchent la contamination et offrent la possibilité de vivre son histoire d'amour pleinement. Dans le cas que tu exposes, les conséquences sont effectivement dramatiques.

Yousra de tunis a dit…

J'ai appris très récemment, à l'occasion du mariage d'une amie, que le dépistage du VIH n'est pas prescris automatiquement!!!
Je lui est suggéré de le demander, alors elle m'a répondue stupéfaite: Pourquoi ça?!!! tu veux me créer un incident diplomatique?!!! (avec son futur mari).
Mon amie a un niveau bac+6 et elle est cadre supérieur.
Moralité: Le tunisien n'est pas du tout conscient du danger.

Hamadi a dit…

Ce n'est pas une question d'obligation ou non c'est une question de complaisance et d'inconscience. C'est quoi le tort de la fille née porteuse du virus sauf l'inconscience de ses parents.

Aussi l'absence du contrôle pour les tests, le certificat est un papier encombrant juste une formalité pour une grande partie des personnes.

el manchou a dit…

c'est comme ça, les mots "sida" et "cancer" ne peuvent même pas être prononcés en Tunisie.
De plus, la plupart du temps, la famille va voir un médecin "complaisant" qui leur délivre le fameux certificat sans rien vérifier.

Anonyme a dit…

l'examen prénuptial n'est en aucun cas décisif sur le cour du mariage. Meme si le medecin traitant trouve pendant cet examen toutes la maladies transmissibles possibles, il ne peut que "suggerer" au malade d'en parler avec le conjoint. Pour le VIH, l'identité du porteur est transmise aux autorités (contrainte médico-légale). Mais le secret professionel interdit aux medecins de communiquer ce genre d'information à n'importe qui. Il y va de leur droit d'exercer.