Les fidèles du Boukornine

vendredi 17 septembre 2010

A l'enterrement d'une feuille morte...





Un sourire fait naître un espoir, un rêve ou un plan d'avenir.
un esprit crédule comme le tien, s'y accroche et se dit qu'il y a peut-être moyen de planter cet espoir et de le voir pousser au fil des ans.

Mais le fil ne tient pas sous le poids des années. Tu aurais du opter pour les fils métalliques. Cependant, toi, par amour du risque ou par souci d'économie, tu as préféré t'abriter dans une toile d'araignée.
Aujourd'hui tu ne paies que le tribut de ta nonchalance. 
Alors fermes ta gueule pour commencer et arrête de pleurnicher.

L'automne va bientôt s'installer.
Les feuilles de tes rêveries mourront et tomberont une à une décrivant une trajectoire curviligne obéissant à la loi de la gravité qui a cogné la tête de Isaac Newton tout en fléchissant la tête face à la volonté suprême du vent.

Tu me parais pale, peut-être malade. Mais souris ducon, pour avoir les rides aux bons endroits ou pour afficher tes incisives... Arrête de faire le malin!

Oublie l'amour, la liberté, les mots, la justice, la fraternité, la solidarité, l'humanité et tous ces autres principes poussiéreux. Tu es assez grand maintenant pour t'être aperçu au moins que le père Noël n'existe pas...

Pourquoi tu t'obstines alors à combattre des moulins à vent ?

Demain, au Djellaz, ce sera l'enterrement officiel de tes idéaux. Il y aura tous les rêveurs de ce coin du monde qui viendront te présenter leurs condoléances. Tu n'en as rien à foutre je sais... Tu es inconsolable même... Mais tu fermeras ta  gueule quand-même, parce que c'est moi qui te l'ordonne.

Demain, de tes propres mains, tu couvriras les corps inanimés de tes utopies de terre fraîche. Puis, impassible tu les enterreras à jamais. 
Plus tard, tu me remercieras, c'est nécessaire pour passer à autre chose. Alors s'il te plait, pour une fois écoute moi... Fais ce que je te dis...
Je dois partir à l'instant, je te laisse avec un pincement au cœur. Je te souhaite de t'en sortir, je sais ce que tu vis.
J'espère seulement que tes chimères ne sont pas des revenants et qu'une fois enterrés, ils ne referont jamais plus surface. 
Ceci dit, te connaissant et à avoir ces cernes qui te donnent une sale mine, je ne peux m'empêcher de craindre le pire... 



 

lundi 13 septembre 2010

Le petit pyromane que j'étais...






J'ai toujours été de ces êtres qui s'éprennent d'un coup, d'un monde, d'une idée, d'une belle âme ou d'un regard assassin.
Tout jeune, ma vie ressemblait plus à des cycles de jeu qui se répétaient inlassablement à un rythme plus ou moins soutenu: Au début, une idée commençait à me plaire et à germer dans mon jeune esprit. Puis, je passais petit à petit, mon temps à réaliser cette idée jusqu'à ce que les "grands" y voient une certaine menace pour mon équilibre ou pour mon intégrité. Enfin, on me dépossédait de force, de mon joujou et je passais une période assez longue à faire le deuil de cette dernière rupture.


A cette époque là, je devais avoir tout juste huit ans, si mes souvenirs sont bons.. Mais prétentieux de nature, je sais très bien qu'ils le sont.
Je commençais à m'intéresser de prés au feu, à cet élément de la nature qui a cette capacité de fasciner les humains à tout âge.
Comment frapper deux silex l'un contre l'autre ou frotter une allumette contre une surface rugueuse arrivent-ils à faire naître une flamme, un concentré de poésie, de magie, de passion, de douleur et de brûlure.
J'avoue que jusqu'à aujourd'hui, je garde toujours la même stupéfaction puérile devant la même flamme qui faisait valser mon coeur presque vingt ans auparavant.

On était en plein été de l'année quatre-vingt-quinze, j'étais, le plus clair de mon temps, occupé à expérimenter le contact du feu avec à chaque fois une nouvelle matière.
La plante verte ne se brûle pas de la même manière que le papier qui à son tour présente des différences de combustion vis-à-vis du papier imbibé d'essence.

Je me délectais de ce spectacle extraordinaire que produisait la destruction d'une matière par l'effet de flammes dansantes au gré du vent.

Jusqu'au grand jour, où j'avais décidé de passer le cap et de jouer dans la cour des grands. Nous avions un débarras au fond du jardin dans lequel toute la famille élargie avait enfoui un jour ou l'autre, un bouquin, un moteur à essence de barques ou un objet à qui on ne trouvait plus aucune utilité mais dont on ne pouvait absolument pas se séparer.
Il y avait au moins une vingtaine de personnes pour qui ce lieu était loin d'être anodin.
Ce n'était pas assez pour me dissuader de réaliser mes plans maléfiques de la découverte du monde et de ses éléments. J'étais un peu trop passionné, un peu trop convaincu pour abandonner mon projet.

Pour m'acheter une boite d'allumettes. J'ai du galérer.
Il faut dire que j'étais à court d'argent et être fauché à l'âge de huit ans, c'est tout simplement n'avoir pas un sou.
J'ai dû aller voir ma tante qui nous rendait visite et lui demander d'un air d'une candeur inouïe après lui avoir chanté une chanson et raconté quelques blagues si elle avait cinquante millimes pour que je m'achète des bonbons.
Pour en rajouter, je lui ai promis que ce n'était qu'un prêt et que je lui rendrais la somme aussitôt mes parents rentrés...

Attendrie par mon stratagème ou ma dignité de façade, elle m'avait refilé cent millimes.
Ce qui nous faisait deux boites d'allumettes, si mes calculs sont bons...
Un arsenal qui m'avait permis de tuer le temps tranquillement en mettant le feu un peu partout avant de me décider à me lancer.
Le débarras a pris feu sous mes yeux, et j'ai eu l'occasion de rajouter volontairement d'autres foyers avant de lancer l'arme de crime cramer sur les lieux.
Je n'avais aucune conscience du danger qui me guettait ni de celui que je faisais encourir aux voisins et à mes proches.
J'étais juste un gamin qui triomphait devant son jouet... Un jouet qui prenait feu rapidement...

Il aura fallu l’intervention musclée de la protection civile et la coopération de dizaines de voisins et de passants pour contenir un incendie impressionnant qui n'a heureusement pas fait de victimes.

Toute personne de la famille avait obligatoirement une histoire particulière à raconter à propos de ce débarras, des objets dont ils ne croyaient jamais avoir à se débarrasser. 
Dés lors, ils allaient commencer à conter leurs histoires avec les yeux qui pétillent. 
Avec cette fin tragique que j'ai su leur donner, de minables magazines Prima et Mode&Travaux se sont vus ériger au statut fort enviables de martyrs. 

Les soixante dix vierges n'étaient peut-être pas leur destinée non plus... Mais, dans ma famille on en parlait comme des tableaux de maîtres qui seraient partis en fumée.

Puis quand un fonctionnaire de la protection civile était venu demander le nom et l'âge de celui qui avait déclenché l'incendie. Je lui ai donné un faux nom et un age nettement inférieur au mien. 
Mais mes proches m'en voulaient trop pour laisser filer cette occasion inespérée de venger leurs magazines...

Aujourd'hui, presque vingt ans après les faits, tout le monde m'a pardonné peut-être par lassitude vu les innombrables catastrophes que j'ai pu causer ou probablement parce que j'ai su, à coté de ces frayeurs que je leur faisais endurer, irradier le foyer de vie, de farces, de blagues et de bonne humeur.

Mais force est de constater, que si j'ai laissé tomber les allumettes et les briquets, je garde toujours un faible incontestable pour les propos incendiaires et j'ai toujours tendance à m'enflammer durant les débats même s'il n'a plus jamais été question du magazine Prima... Comme par respect à son statut de martyr...
Pire, mon humour d'avoir trop pris feu, s'en est trouvé calciné. Corrosif et noir jusqu'au bout. 
Si je suis resté incendiaire de confession, je suis devenu pyromane de la discussion.
Heureusement que maintenant je suis un grand garçon et que j'ai au moins la possibilité d'assumer et de répondre de mes actes éventuellement...

jeudi 9 septembre 2010

Abderrazek Chebbi, le sauveur de l'humanité !


Animateur d'une émission où l'on pleurniche à volonté (l'équivalent tunisien de y a que la vérité qui compte, l'émission de TF1 présentée par Pascal et Fontaine) portant le doux nom de "El Mousameh Karim", diffusée sur le fief du sensationnel, la première chaîne télé privée du pays, j'ai nommé Hannibal TV.



Depuis quelques années Abderrazek traite avec une certaine lourdeur et un incroyable ton paternaliste des drames sociaux, ce qui visiblement, plait aux téléspectateurs à croire les taux d'audience qu'il arrive à atteindre.
J'avoue ne jamais regarder ce genre d'émissions. Je suis peut-être un pauvre égoïste qui préfère se faire plaisir à lire un passage de Amine Maalouf ou faire une partie de PS3 que de participer aux lamentations générales à propos d'une vieille que la fille bat régulièrement.



Sauf que Abderrazek Chebbi se démarque de son frère Ala qui présente quasiment la même chose sur la chaine concurrente, par ses questions "philosophiques" qui laisseraient perplexes les plus grands penseurs de l'humanité.
Je cite : "C'est ton frère.. Mais est-ce que vous-avez la même mère ?"
"Qu'est-ce que tu as ressenti quand ta petite fille s'est faite écraser par le train de la banlieue sud ?"
"Avant que l'on ne vous renvoie de votre maison, où est-ce que vous habitiez ?"
...



Ces interrogations dénotent évidemment d'un esprit fort brillant. Mais, on ne peut pas en vouloir à quelqu'un d'avoir un QI très inférieure à la moyenne... C'est comme cela...
Ce serait très puéril de se moquer des capacités, aussi limitées soient-elles d'autrui.
Justement, ce n'est pas ce que je ferai dans ce billet. Mais, j'ai le droit de critiquer l'exploitation faite par ce présentateur des malheurs d'autrui.
La plus parfaite des illustrations c'est le cas de Sarra, le nourisson qui a été kidnappé il y a quelques mois et dont l'affaire a été mise au grand jour grâce à l'émission "El Mousameh Karim".



Il se trouve que le bébé vient d'être retrouvé au grand bonheur de ses parents.
Aussitôt, Mosaïque FM et Hannibal se ruent vers l'affaire pour se faire une pub inespérée sur le dos du buzz créé autour du kidnapping.
S'approprier l'affaire et jouer au héros et au sauveur de l'humanité dans l'unique but de faire parler de lui... Visiblement, notre Abderrazek n'est pas aussi simplet qu'on n'aurait tendance à le penser.
La preuve en images:














Il est évident dans la manière de déclarer: "Nous l'avons retrouvée", en sachant que c'est la police qui a retrouvé la fille et non pas Hannibal tv même si son show a participé à médiatiser l'affaire.
Puis, plus loin sur la vidéo, la mère lui chuchote sur un fond musical des plus gais des mots qu'on imagine quelque peu, gratitude et louange, logiquement... Abderrazek sourit en baissant presque les yeux, embarrassé par ces manifestations humaines... 
Et puis en esquissant un autre sourire, cette fois plein de malice, il regarde la caméra et demande aux téléspectateurs d'être au rendez-vous le lendemain pour suivre l'émission spéciale à propos du cas  Sarra !


Au cours de l'émission, il y a une barre qui s'affiche en bas de l'écran qui nous informe qu'on peut envoyer des messages surfacturés pour exprimer notre soutien à la famille de Sarra et notre immense bonheur qu'elle ait été retrouvée...


C'est tout simplement dégoutant de voir comment des drames familiaux sont surexploités par des chaînes qui font du sensationnel leur cheval de bataille.
Faire de l'argent sur les larmes des invités. Cette chaîne est à assimiler à la presse boudourou qui publie des (fausses) déclarations détonantes à leur une au détriment du bon gout et du bon sens.
Ils se foutent de nous. Au lieu de nous attirer par une matière audiovisuelle consistante, il choisissent la solution de facilité. Qu'ils sachent de toute façon que depuis longtemps, je les boycotte.

lundi 6 septembre 2010

L'éducation nationale ou l'art de la masturbation intellectuelle...

Ces derniers jours, l'éducation nationale connaitra des changements radicaux.
Désormais, le niveau qui a touché le fond rebondira pour s'en aller côtoyer les étoiles...
Tout cela est dû à cet ensemble de décisions d'une profondeur inouïe.
Tenez-vous bien !

Dorénavant, l'élève se reposera dix jours pour toute période de quarante jours de bons et loyaux services.

De plus, le système de la semaine bloquée sera aboli puisqu'il ferait perdre beaucoup de temps à l'élève qui n'est ni en vacances ni en train de gouter aux indescriptibles joies du savoir pendant toute cette période là.

Par ailleurs, il n'y aura plus d'examen du bac sport et l'on comptabilisera pour chaque élève la moyenne annuelle de l'éducation physique. (Ce que je ne conteste pas vu les dégâts provoqués chaque année par ce genre de défoulement pré-examen)

Enfin, la cerise sur le gâteau, les élèves n'écouteront plus l'hymne national dans la cour mais dans leurs classes respectives en scandant par la suite des slogans patriotiques...

Voilà !
C'est tout ce qui nous manquait pour pouvoir sauver un système éducatif à la dérive.
C'est tout bête, mais fallait y penser...
Il fallait simplement s'attaquer à la forme du problème et pas au fond...
Bravo tout le monde.
Ce n'étaient pas les programmes qu'il fallait modifier. Ni les profs qu'on devait remettre à niveau.
Mais notre système souffrait juste d'un léger "vice de forme"...
Demain tout ira mieux...

La masturbation intellectuelle bat son plein...

C'est seulement à se demander si le monde est vraiment sérieux...

dimanche 5 septembre 2010

Issam Jomâa, le bouc émissaire idéal...




Tout d'abord, intéressons-nous à ce match rocambolesque qui a opposé la Tunisie à la modeste équipe du Malawi.
Dés que l'arbitre a donné le coup d'envoi, j'ai tout de suite senti que l'équipe en face pouvait très bien créer la surprise, d'une part vu la fébrilité et la lenteur exemplaire dans le replacement de notre défense (d'autant plus que nous jouions l'attaque placée. On attaquait en nombre. On laissait de ce fait des espaces pour l'adversaire) D'autre part, l'adversaire du jour base tout son jeu sur les contre-attaques et arrive à monter rapidement vers le camp de Kasraoui.

Cependant, c'était un match largement à notre portée si ce n'étaient les ratages incroyables qui se sont suivis tout au long des 90 minutes.

Revenons maintenant au cas Issam Jomâa.
C'est le deuxième meilleur buteur de notre équipe nationale de tous les temps et le premier encore en exercice.
Il lui est arrivé de sauver l'équipe par des buts inespérés à des moments cruciaux dans des déplacements difficiles. Pourtant, il n'a jamais bénéficié de la sympathie du public.

Je ne vais pas vous dire que ce joueur est exceptionnel. 
Je ne vais pas vous dire qu'il est exempt de tout reproche.
Mais ce que je trouve inadmissible c'est qu'un joueur de l'équipe nationale soit pris à partie par le public (qui a en partie accédé au stade gratuitement d'ailleurs) qui l'a sifflé de bout en bout même après avoir réussi le doublé.

C'est révoltant. C'est désolant. C'est inacceptable.
Le meilleur élément d'une équipe à la dérive qui sert de bouc émissaire à un public qui s'ennuie et qui n'a de ce fait rien de mieux à faire  que de démolir toute ébauche de beau jeu.

Je sais que Issam Jomâa est antipathique. Il a une gueule antipathique. Il ne sait pas s'exprimer sans placer un 'ma3net'ha" toutes les deux secondes. Il fait des déclarations dont il pourrait et il aurait du se passer. Il passe parfois à coté de ses matchs (le match du Cameroun à la dernière édition de la CAN, par exemple) et quand il est en méforme, on a tout juste envie de l'expédier sur Mars...
Mais le fait est là, ce joueur est le meilleur attaquant tunisien actuel et peut-être même des cinq dernières années.
Le pire dans toute cette histoire, c'est que cette masse qui siffle un joueur de sa propre équipe, originaire de son propre pays, héritier de sa propre culture et qu'ils sont, à la base, venus encourager, n'est en fait influencée que par les sketchs de Wassim Herissi Alias Seyes khouk qui a su au fil de ses blagues souvent drôles, convaincre le public que ce joueur est un moins que rien, le dépeignant dans le portrait du parfait antihéros...

C'est à dire que dans notre beau pays, Wassim Herissi, jeune humoriste de talent arrive avec une facilité déconcertante à faire d'un personnage ce qu'il veut parce que ses auditeurs, influençables qu'ils sont, n'ont pas assez de neurones pour faire la différence entre sketchs et vraie vie.

L'opinion publique tunisienne s'est récemment radicalisée, trouvant dans le réseau social facebook un espace inespéré pour exposer "librement" sa haine farouche, ses complexes, son ignorance et sa volonté de se mobiliser pour une cause... Peu importe s'il s'agit d'un faux  problème, d'un bouc émissaire ou de faux ennemis... L'important c'est d'être tous d'accord, de siffler en chœur et que le peuple l'emporte enfin. Mais si la bataille est fictive, les victimes, quant à elles sont bien réelles... 

jeudi 2 septembre 2010

Ils viennent de finir de libérer l'Irak...

Sept ans et demi après l'invasion de l'Irak par l'armée américaine et ses alliés se basant sur de fausses allégations à propos d'armes de destruction massive qu'aurait caché Saddam Hussein pour nuire à l'humanité... La guerre n'est plus...
George W. Bush promettait au peuple irakien la "démocratie" dont il aura toujours rêvé. Au final, il lui permet la guerre civile qu'il aura toujours redouté.

Mais une guerre civile, ce n'est pas rien ! Il a fallu donc la payer au prix d'armes prohibées par toutes les conventions pendant l'invasion de l'Irak que ce soit pour la première ou la seconde édition.

Ce que le père des Bush(er) aura entamé, le fils l'aura achevé. Il n'en reste pas moins que le saint esprit agonise à l'heure actuelle.

Au départ, les fins crapuleuses de cette guerre n'ont pas manqué à tous les hommes libres de ce monde, mais même les hommes libres courbent la tête devant la force dissuasive d'une superpuissance.

Les states placent des présidents un peu partout, en destituent d'autres, financent des coups d'état suivant leurs intérêts et provoquent des guerres pour doper leur industrie d'armement.
Ils se moquent de la fillette qui allait tranquillement à l'école sous l'ère Saddam et qui a perdu tous les membres de sa famille et quelques membres de son corps sous le bombardement "salvateur" de la US Army.

Saddam Hussein est aussi un criminel de guerre, il ne faut pas se leurrer. Au même titre, d'ailleurs, que Milosevic, que la famille Bush et que plein d'autres bêtes sanguinaires...
Je ne peux pas m'empêcher de penser que les kurdes et les chiites d'Irak qui ont assez pâti des frasques de leur leader, avaient cru un tant soit peu à la "mission civilisatrice" des USA au cours de cette guerre, même si la civilisation irakienne est dix fois plus importante que celle des states...  Ou du moins les avaient-ils accueillis à bras ouverts parce que l'ennemi de mon ennemi est mon ami,

Aujourd'hui l'armée américaine rebrousse chemin quittant le bourbier dans lequel elle s'était faite piéger...
"Le deuxième Vietnam", ils l'ont dans la poche... La guerre ils l'ont déjà gagnée en dépit des apparences...
Le pétrole est désormais sous leur emprise. Ils ont un allié de poids dans la région. Ils ont corrigé un leader qui leur tenait tête et donné par la même occasion une leçon à tous les dictateurs qui auraient la mauvaise idée de faire pareil.
Quant à leurs morts c'est rien comparé aux milliards de dollars qu'ils auront amassé en écoulant leurs armes et en détournant le pétrole et qu'il continueront à empiler en reconstruisant un semblant de pays à partir des vestiges de leur passage meurtrier.

Mais que laissent-ils finalement aux irakiens ?
Sept ans et demi de dévastation, d'affrontements, de chaos, d'insécurité ont eu raison de ce pays qui, rappelons le, il y a une vingtaine d'années et plus, ravitaillaient généreusement le peuple tunisien (entre autres)  de vivres et de livres...
Quoique l'on puisse dire de l'Irak de Saddam, c'était, en tout cas, un pays uni autour de son dictateur non par un rêve ou une utopie mais par l'insoutenable crainte des représailles des hommes de main du parti du baath.
Ce n'est pas une vie, me diriez-vous... Mais dans cette mosaïque ethnique comment pouvez-vous prétendre tenir en haleine ce pays autrement ?
C'est triste, mais c'est comme cela. Il y a des régions qui sont faites pour la dictature, elles ne s'épanouissent que dans les poings fermés d'un homme intransigeant. Il ne faut qu'observer l'histoire contemporaine de l'Irak pour s'en rendre compte, faite de coups d'état incessants et de prises de pouvoir sanglantes.

Aujourd'hui, comment oublier Abu Ghraib et son affreux scandale ? Comment passer outre l'humiliation des arabes en exécutant Saddam le jour de l'aïd el kebir ? Comment oublier les scènes de vol du grand musée de Baghdad sous les regards bienveillants des soldats américains ? Comment oublier que Bush W. a pissé sur l'ONU et la France (son droit de véto compris) et toute la communauté internationale? W. qui a plus que jamais ravivé le sentiment d'injustice de par le monde, W. qui a fait des centaines de milliers de victimes au cours des différentes guerres qu'il a amorcé ? Comment oublier que l'immense histoire d'un pays comme l'Irak, pays du Tigre et de l'Euphrate et Pays de Hamourabi, a été piétinée par des rangers boueux portés par les soldats ricains...

Telle une jeune fille qui se fait violer par un étranger dans une impasse au vu et au su de toute la planète et qui se fait aussitôt lyncher par ses proches pour le déshonneur causé à la famille, l'Irak, se lèvera, redressera ses habits, séchera ses larmes, apprendra à pardonner d'abord à ses proches, ce peuple exemplaire mais bien trop occupé à faire sa guerre civile...
Tout le monde omettra les effroyables cris de désespoir de cette jeune fille qui n'était pas heureuse, mais qui n'aurait jamais osé songer au suicide auparavant. Cependant, l'histoire n'oubliera jamais qu'elle a été la triste victime d'un viol qui restera impuni par indifférence ou par impuissance de tous les spectateurs d'une scène à vous glacer le sang.

Pis encore, demain les agresseurs seront accueillis en grandes pompes chez eux, tels des héros de guerre...

Pour finir, il faut dire que les USA, implantés comme il se doit dans ce pays, ne le quitteront plus jamais maintenant.
L'envahisseur est (presque) parti, certes... Mais, ils nous lègue un pays désert, une déferlante de violence et tout de même, faut-il se l'avouer, la liberté... d'enterrer nos morts ou de les faire incinérer...

dimanche 29 août 2010

Les oiseaux sont partis...

 


Dans un moment de lucidité, je me rends enfin compte de l'éphémrité de notre existence.
Je descends en bas de chez moi en plein ramadan estival, un dimanche à sept heures du mat'. 
Tout le monde semble dormir, à l'heure qu'il est. Même les oiseaux en cage, en bas dans le garage.

Je prends la voiture, la démarre et roule prudemment. Esquivant je ne sais comment les voitures qui volent dans le sens inverse et qui ne sont en fait que le pur fruit de mon hallucination... 
Parce qu'à l'heure actuelle même les oiseaux en cage, en bas dans le garage dorment et ne volent pas...

Je prends la direction de la montagne et l'escalade patiemment omettant le voyant oranger qui clignote dans mon esprit pour m'avertir d'une soif insoutenable que je ne saurais étancher d'ici le coucher du soleil. Mais cela n'a pas d'importance... 
Parce qu'à l'heure actuelle même les oiseaux en cage, en bas dans le garage rêvent de vivre d'amour et d'eau fraiche en dormant.

Du haut de ma colline, je vois des convictions qui partent en fumée pour une poignée de dinars. 
Je vois des gens qui sont asservis par les dogmes et n'arrivent même pas à défendre une thèse, à argumenter, à débattre et à admettre que la divergence d'opinions n'est pas de l'ordre la grande criminalité.Je vois des escrocs qui portent des djellabas, des habits ecclésiastique ou une kippa sur la tête.
Ils sévissent au nom de Dieu, bénissent ou maudissent suivant où se trouvent leurs intérêts. 
Je vois des gens s'entretuer chacun pour sa vérité croyant à tort qu'il n'y en a qu'une seule. Plantant des lames aiguisés dans les coeurs de ceux dont ils jugent la vie imméritée.
Je vois des gens qui s'aiment crachant impunément sur les théories de la physique quantique, préférant l'alchimie et mettant en oeuvre les principes de la chimie organique.
Je vois des costumés cravatés qui pillent le peuple tout en étant adulés. Des infortunés qui volent de quoi subsister et qui sont jugés comme des criminels de guerre.

Pendant ce temps là, deux oiseaux dans une cage, en bas dans le garage sont surement en train de se lancer des regards profonds, authentiques, bienveillants résumant en quelques instants le bonheur et toute l'existence.

Je sortis, d'un coup de mes élucubrations matinales et revins chez moi. 
A peine rentré, je fis un terrible constat. 
En bas dans le garage, les deux oiseaux, seuls êtres au monde qui savent apprécier la vie à sa juste valeur, ne dormaient pas. 
Il étaient déjà partis... Etendus, silencieux, inanimés et incapables de poursuivre l'aventure sur une terre où l'on sème le sang en faisant mine de s'aimer.


mercredi 25 août 2010

يا غنايات "طَماطِم البُستان" و "ماكسويل هاوس" براس أمّكم أُخرجوا من مُخِّي

Après que j'aie repris contact avec la vie active et après avoir aligné des nuits blanches d'affilée qui font qu'aujourd'hui et à voir la tête que je fais, on se dit que mon visage n'a pas fait l'école des mines... C'est même flagrant...
D'ailleurs, on ne me "cerne" plus.

Un peu plus sérieusement, ces derniers jours, j'entends des voix.
Ces voix ne m'ordonnent pas de tuer quelqu'un et ne commandent nullement ma pensée mais envahissent et assiègent mon mental d'une manière très encombrante.

Il s'agit des chansons des spots "Tamatem el Boustène" et de "Maxwell House".
Pourtant je ne regarde presque pas la télé et encore moins la pub.
Aujourd'hui, j'ai été troublé par le fait que je n'étais pas le seul  à être "possédé" par ces chansons...
Chaque personne à qui j'en ai parlé, m'a révélé être dans le même cas de figure...

Cela me rappelle les histoires des messages subliminaux: Au ciné, il y a 24 images par seconde, insérer des images supplémentaires pourra être perçu à un niveau en dessous du niveau de conscience ce qui engendre un besoin inconscient et impérieux de l'objet incorporé dans ces dites images.
Tout de même, ce n'est toujours pas prouvé scientifiquement. Cela relève encore plus du domaine du mythe que d'autre chose...

Ramadan, le mois de la tolérance et de la piété, est aussi celui du matraquage publicitaire par excellence.
J'en suis la preuve vivante, je ne bois pas de café, jamais eu recours à des tomates en conserves ni ailleurs et je ne regarde presque jamais la télé.
Et pourtant, je fredonne à longueur de journée, "Tamatem el boustène" et "kollna farhanine Maxwell House..."

Dommage que Ramadan avec son ambiance unique nous soit pourri par ses publicitaires avides de ces billets que nous avons de plus en plus de mal à garder dans nos portefeuilles...

mardi 24 août 2010

Fares Belhassen a-t-il le droit d'incarner Tarek dans Casting?

Le mois de ramadan de cette année est arrivé avec son lot d'imprévus.
En effet, grande fut ma surprise quand je me suis rendu compte que l'acteur principal du feuilleton produit par Cactus prod' et réalisé par Sami Fehri, n'est autre que Fares Belhassen.
Fares Belhassen, pour ceux qui auraient raté ce feuilleton, incarne Tarek, le personnage principal. 
Jusque là tout va bien, me diriez-vous. Oui, mais voilà que les choses se corsent: Fares Belhassen, chers lecteurs, est un résident de chirurgie.

Les médecins en Tunisie et dans le monde entier sont soumis à un ensemble de règles au sein d'une confrérie qu'on appelle communément: L'ordre des médecins. 
Ces règles sont rassemblés dans un code à savoir le code de déontologie. 
Tout médecin qui viole l'une de ses règles encoure des punitions.
Le hic dans l'histoire, c'est que l'article 15 du code de déontologie tunisien stipule que 
Il est interdit à un médecin d'exercer en même temps que la médecine, une autre activité incompatible avec la dignité professionnelle.
Voici la source pour que vous puissiez vérifier.

Reste à vérifier que "l'activité" qu'a exercé Fares en parallèle avec son activité médicale est "incompatible avec la dignité professionnelle".

En sachant que le personnage de Tarek incarné par notre chirurgien a réussi jusqu'à ce 13ème épisode à avoir des rapports extraconjugaux avec une mineure de 17 ans, que sa femme l'a d'abord quitté quand il lui a tout avoué, qu'il a essayé d'étrangler la jeune fille quand elle a voulu lui rendre visite et qu'enfin, il a été écroué quand cette dernière, la fameuse Kenza, a porté plainte contre lui auprès du procureur de la république.

Je crois savoir que question "dignité professionnelle", on peut mieux faire qu'un repris de justice qui trompe sa femme avec une mineure avant d'essayer de l'étrangler.
Pourtant jusqu'à ce jour, aucune réaction officielle.
Tout le monde trouve cela plutôt normal, sinon valorisant qu'un médecin se prenne pour un acteur...

Pour finir, je me permets de donner mon avis sur le jeu d'acteur de Fares: Un piètre acteur est né, aucun naturel, aucune présence et aucun talent... Mais cela reste un avis personnel et peut-être subjectif.
Cependant, je trouve aberrant, vu le nombre très réduit de productions télévisuelles annuelles en Tunisie, de faire appel à des amateurs qui ne maitrisent aucunement l'art de Al Pacino, Robert De Niro, Marlon Brando, Fethi Haddoui et cie (oui j'ai fait exprès de mettre Fethi sur le même piédestal que ces dinosaures parce que cet acteur crève l'écran dans chaque passage)


سامحوني ساعات كي الواحد يحس بالعجب والغلبة يولي يرجع للغة أجدادو...
إذن، كيما قلنا تمثيل أدوار كيما هكا تتناقض بصورة واضحة مع مجلة واجبات الطبيب أصبح أمر عادي ويمر مرور الكرام. 
فعزيزي القارئ (نعرف روحي كثرت منها هاذي أما راني مغروم بيها)، نحب نعلم الناس الكل والحاضر يوصل للغايب انني قررت من اللحظة هذه باش نولي مزاودي نخدم العروسات، ونطيب في الطهورات، ونمثل روايات، ونكور مع الهمهاما، ونخدم ملتقط كرات كي يبدا الفيزيك غايب، ونعمل ضربات حجام إذا كان فما رؤوس يتامى يعرضوني في الطريق باش نستصين في المهنة... وكان بقالي وقت أهوكة نمشي نعمل طلة عل السبيطار نداوي ما تيسر من المرضى...

lundi 23 août 2010

Si je n’étais pas musulman, j’aurais été islamophobe…



Je hais les mouvements de foule, ces prises de position collectives, ces indignations à la pelle en des termes crus et incroyablement violents loin de tout discernement, loin de toute analyse objective ou de remise en question.
Une situation qui a empiré avec l’avènement de facebook, le réseau social qui donne une tribune à tout le monde, même ceux qui auraient mieux fait de la fermer.

Le dernier exemple en date ne déroge pas à la règle. Il s’agit d’une vidéo qui montre un pasteur américain qui appelle à brûler le coran en hommage aux victimes du onze septembre.
Bien sûr, moi aussi, je condamne fermement de tels discours aveuglément haineux et absolument terrifiants d’intolérance et de provocation vis-à-vis d’une communauté musulmane aux USA qui se sent déjà pointée du doigt et menacée dans sa liberté de culte…
Cela va absolument sans dire…

Mais, arrêtons nous un instant sur les raisons profondes qui ont mené la Suisse à interdire les minarets sur son territoire, la France à interdire le port de burqah et bien avant le port du voile au travail et dans les écoles comme étant un signe ostentatoire dans une république menacée dans ses valeurs les plus sacrées à savoir la laïcité.

Des sondages un peu partout dans le monde révèlent que la religion que l’on craint particulièrement, c’est l’Islam, que la religion qu’on croit être la plus violente, c’est l’Islam.
L’américain Time a publié des chiffres effrayants d’ailleurs sur ce qu’il a appelé clairement Islamophobie.

Aujourd’hui, je ne sortirais pas dans la rue pour crier ma rancune vis-à-vis des Etats-Unis s’ils laissent ce crétin brûler le Coran. (Mais c’est pour une autre raison, cf. Liberté de manifester…)
Aujourd’hui, demandons-nous pourquoi le monde a si peur de nous ? Pourquoi notre culture passe-t-elle si mal ? Pourquoi l’Islam plus que les autres ?

Bien sûr, il y a la séduisante théorie du complot, selon laquelle les médias détournent des informations pour dépeindre une religion agressive, anachronique, bête et inapplicable sous l'influence d'organisations secrètes et internationales qui vise à nous salir...

Je veux bien adhérer à cette alternative, mais quand vous voyez que ce sont des musulmans et au nom de l’islam qui décapitent les criminels et coupent les mains des voleurs sur la place publique en Arabie Saoudite.

Quand une femme est exécutée en plein stade bondé de monde en Afghanistan sous le régime Taliban.

Quand, en Iran, pays démocratique, une femme sera lapidée à mort rien que parce qu’elle est accusée d’adultère…

Quand pour des caricatures du prophète des millions de personnes sont sorties dans la rue proférant des discours belliqueux à l’encontre de l’occident et brûlants des reproductions en carton des visages de grands leaders occidentaux alors que Moïse et Jésus ont toujours été caricaturés sans qu’il n’y ait de réaction aussi violente.

Quand on sait qu’Oussama Ben Laden et ses disciples sévissent sous l’étendard vert de l’islam, qu’ils assassinent, cultivent le pavot, kidnappent les touristes avec une préférence pour les humanitaires et les égorgent puis envoient les séquences à la chaîne Al-Jazeera qui ne se prive pas de les diffuser…

Quand à Hyde Park, des réfugiés islamistes dont plus aucun pays ne veut entendre parler à part la Grande-Bretagne, se mettent à appeler ouvertement au Djihad contre l’occident et notamment leur pays hôte et à le saccager et qu’ils sont acclamés par une foule conquise…
Quand au nom de la liberté d’expression, l’Angleterre les laisse dire ce qu'ils veulent…

Quand les manifs qui sortent dans le monde musulman sont toujours violentes avec des slogans dignes de cris de guerre...

C’est nous qui donnons finalement matière à ces médias probablement malintentionnés pour manipuler les peuples occidentaux et créer un malaise profond vis-à-vis d’une religion qui prône en réalité paix, amour et fraternité plus qu’autre chose.

Le vrai problème des musulmans, n’est ainsi pas l’islamophobie en elle-même qui n’est qu’un épiphénomène à ce manque ou défaut de communication.

L’exemple le plus frappant est celui du mouvement de résistance islamique le HAMAS.
Au lieu de jouer le jeu, et d’être pragmatique pour amadouer les médias internationaux et user d’un langage enjoué et plaisant peu importe si c’est un double discours, les leaders de ce mouvement préfèrent fanfaronner pour à chaque fois causer de nouvelles pertes au peuple qu’ils gouvernent avec en prime un classement en tant qu’organisation terroriste.

Ils pouvaient très bien faire comme Israël et jouer l’infatigable carte de la victimisation, mais non ! Ils préfèrent passer pour des héros pour les gazaouis quitte à être considérés comme des enragés de par le reste du monde…

Soyons réalistes, si aujourd’hui ce pasteur appelle à brûler le coran et si cette religion n’inspire que la peur, c’est plus à cause de nous, musulmans modérés qui laissons faire ces extrémistes attardés…
Triste constat certes, mais là au moins, on connaît mieux le mal qu’il faudra combattre.
Il faut absolument faire de l’Islam une religion plus « in ».

vendredi 20 août 2010

Une vie oxymorique

C'est une vérité mensongère, d'une splendide laideur, terne comme l'or et armée comme un désœuvré immigrant pieds nus vers l'Afrique du Sud.
Venant de nulle part, pour aller je ne sais où.
Une vie au fond tristement belle.
Qu'elle nous donne spontanément l'occasion de pleurer de joie et de rire aux larmes... De jeûner 2 heures par jour et de les vivre avec un regard d'une piété étrangement ancrée.

La vie, vois-tu, ma chère interlocutrice, pourrait très bien se résumer à un sourire contrarié, un sourire machinal, figé et quelque peu oblique. Un sourire furtif, un sourire pétri de suffisance, laissant afficher une dentition grossièrement alignée, jaunie par le temps et ses aléas, la vie et ses méandres.
Cela n'empêche, que c'est toujours un sourire...

Une vie d'une logique irréparablement déformée, bizarre, incompréhensible mais parfois sublime.
Une vie qui te force à rêver, par des signes, par des rencontres, par des succès éphémères... Puis, aussitôt tombé dans le guet-apens, la vie te reprend sans sommation tout ce qu'elle t'avait offerte.

En une fraction de seconde, les fous rires cèdent la place à des rires nerveux, frénétiques, mettant en exergue ce qu'ils sont censés camoufler à savoir moins une déception que la surprise d'avoir tout perdu aussi rapidement.

Le savoir-vivre, finalement, c'est très loin de ce qu'on apprend dans les académies pour nouveaux riches, avec des règles aussi désuètes qu'antipathiques du genre ne pas faire de bruits en percutant couverts et assiette...
Savoir vivre, c'est apprendre à encaisser les coups du destin et laisser des plumes en arborant encore et toujours un sourire éclatant et invulnérable...
Peu importe les larmes que certains versent dans leur coin, l'important c'est de se souvenir qu'en cas de situations lacrymogènes l'unique remède est de sourire...

mercredi 18 août 2010

شعبنا كي قنديل باب منارة ما يضوي كان على البراني



يا بوك يسمعوا بفلسطين، بالشاشان، بالباكستان، بأمريكا، بفيضان في فينيزويلا، بواحد عندو الجاير في البرازيل، براجل عندو الغاز في مصارنو في بوركينا فاسو (وطني الثاني)، بجفاف في السويد تي صدقني حت باريس هيلتون (الهيلتون إلي وراء ستاد الزويتن) تسرقلها كلبها في حي الملاسين...
 الكلها تولي تساند وتتضامن وتذرف دمعاً وتسكب شمعاً (دايور، ما فهمتهاش هاذي يسكب شمعاً أما برا بركة) وتلعن العدو المغتصب الظالم...
الكلها تولي ثوريين، وكان جاء الأمر بيدها تو تشوف آش تعمل. وكلها تفهم في السياسة. تي كلها يطيش عليها النوم وكان تلقى تفجر روحها في تواليت دار الجيران إحتجاجاً...
وكلها تلوج باش تتظاهر في شارع الحبيب بورقيبة هازين لافتات فيهم برشة أغلاط بالفرنسية... ويعديوهم في الجزيرة. وثلاثة أرباع المتظاهرين عندهم شلاغم ومرايات شمس...
وكلها تندد، وساعات مش تنديد عادي وإنما تنديد شديد هاكلي تنديد يخوف برشة متاع وحوش مش متاع بشر. وفما حتى جماعة، يحكيو عليهم، أنا ما ريتهمش بعيني، أما واحد صاحبي يحلف ويتكتف إلي رأى شكون يندى له الجبين جملة واحدة... ممكن تطلع صحيحة الحكاية خاطر في زماننا هذا ما عادش تستغرب...

وما إن يكون الأمر يتعلق بأولاد بلادك... 
آآاه... لا وقتها تولي ما في بالكش... وما قالك حد و آش مدخلك... وأخطانا الحيوط عندها وذنين...
وآش مجبدنا في هالمعامع...
ولاهي تلعب في طرح رامي في قهوة تسعة أفريل... 
وتغمز بعينيك...
وخاصةً خاصةً الجبين متاعك ما ينداش... الجبين متاعك شايح. 
تعرفش علاش ؟ خاطر الجبين متاعك مقبل للقاع.
وبظاهرة كيميوفيزيائة فريدة من نوعها تلقى جبينك شايح كي تبدى الحكاية في بلادك. وكي تبدى الحكاية بعيدة تهز رأسك تضربو الشمس يندي...
فهمتا كيفاش...

الحاسيلو كم أنت كبير يا شعب الخضراء مثلك مثل  قنديل باب منارة، ما تضوي كان على البراني... وبقلة ليها إذا ولد عمك يدهدس في الظلام ما دامك قاعد قعدة مزيانة، وفي طرح الرامي مازلت ما قوستش...

mardi 17 août 2010

يا شهيلي الحرية، حرقتلنا أحلامنا



الأيامات معديها والحمدلله راقد صباحاً مساءً، ما نقوم كان كي تبدى الظروف مش ملائمة. عامل كيف. عايش حسب الريتم إلي قلتلي عليه الدقازة. (بون ما فهمتش علاش نحكيلهم فيها الحكاية والحال أنو مش موضوعنا والأرجح نكون ناوي نغزل إلي يخدم على روحو، والله أعلم)
المهم، يا سيدي بن سيدي أنا فقت من النوم ليوم وتهب عليا زنس نسمة متاع حرية، صرفقتني، رهوجتني، دوختني... ما فهمت شي !!
عشرات المواقع العالمية والمدونات التونسية المحجوبة (مشتقة من المدافع السابق للترجي محمد علي المحجوبي) تتحل فرد مرة. 
مواقع مسنسرة عندها سنين الله وليوم الكل تحلت فرد ضربة. الحقيقة من الأول، بهمت صحيح أما جدت عليا...
لأول مرة منذ مدة ليست بالهينة، حسيت بالحرية، نحل فالموقع تلو الآخر، وكان جيت نعرف نزغرد راني حربتها. 
يا وخياني ما أحلاها الأنترنات. جبري وفي باريز... فرحان، نغني...
ما عندك حتى فكرة... يا ولدي مثبت احنا في تونس ؟ راهو عمار أقوى من الوزراء، الحاجة إلي تتسكر يقراو عليها الفاتحة...
لا ! تي شبيك هكا عاقدها ومقينها... تي مو سبق الخير ! 
أكهاو تونس ولات تشجع على الإبداع وقررت في الآخر باش تحرر الأنترنات المحتلة.

عينيا زغللو بالدموع. 
والله عرفتهم يفدلكو مع الشعب. الكلنا نحبو بعضنا. الكلنا خوات. عملوا هكة تفصيصة، يتبولدو علينا وكان ناوين باش يرجعولنا حقوقنا في أقرب وقت. 
أيا قوم بوس خوك عمار عاد.

الفازة فاش وليت عندي مدة نحب نهج من ها البر نحو بلاد الكحلان بوركينا فاسو. ما نخبيش عليكم بلاد سمباتيك تستهويني بصفة خاصة. عبادها ناس ملاح. بلاد متخلفة وماهيش تكذب على روحها. 
ناس أميين ومقتنعين بحدودهم. الحاسيلو تيران (بطحاء) هايلة متاع إنسان يمشي ياخو كلمة ويعطي كلمة ينشر الأفكار المزيانة من الأساس. 

آكاهاو عاد، وليت قلت والله بلادي، كي تجي تشوف، ما عدى شوية بلادة وشوية بهامة على شوية مطالبات بسحب الجنسية وبمقاطعة مسلسلات، مش خايبة.
بلادي الخضراء كيف السلاطة المشوية، بلادي إلي فيها أهلي واماليا (ملا سجع، يخليهملي ما أقواني). بلادي الحنينة. آش مهزني نتغرب في بلاد الناس عقاب عمري...
إلخ إلخ متاع إنسان كان مدمر من الوضع وكبش في أول ضلفة هندي باش يقول أرضي خصبة ...
المشكلة فاش إلي يكبش فالهندي لازمو يستحمل الشوك.
الشوك طلع متمثل في أنها نسمة الحرية متاع وذني ليست إلا شهيلي يحرق الوجه، يطيب وما ياكلش. 
عمار عملها فينا المواقع إلي تحلت الكل مع بعضها رجعت سكرت الواحدة تلو الأخرى، وأنا نتغبن ونقول سامحني يا بوركينا فاسو شكيت فيك...

lundi 16 août 2010

"Baznes touristes"

Il a trente piges.
Sa mère l'a nommé Amine.
Mais  tout le monde le surnommait Gaddour.
Aucun lien n'existe entre les deux. Mais dans un quartier populaire, quand les gens te désignent un pseudonyme, tu ne peux que t'y faire ou au mieux essayer de l'assumer.
Il n'avait aucune qualification, aucun niveau d'instruction.
Il avait quitté l'école assez tôt pour n'en garder que de très vagues souvenirs.
Il a toujours été chômeur. Jamais essayé de s'adonner à la mécanique malgré les incitations répétitives de son voisin Hammadi.
Dés l'âge de quinze ans, il est entré dans la cour des grands.
Il abordait des touristes allemands en faisant jouer nettement plus ses sourires ravageurs que ses connaissances si restreintes de la langue de Shakespeare.

Il a eu droit aux plus belles femmes qui soient. Aux restos les plus huppés. Aux palaces les plus inaccessibles.
Tout ce que Hammadi gagnait en un mois, il pouvait l'amasser en deux heures de temps.
En plus, il ne faisait que ce qu'il aimait faire.
S'amouracher pour de l'argent. C'est un deal raisonnable, agréable, rentable et surtout quand tout se passe sur les plages de sable fin de ce légendaire golfe d'Hammamet.

A travers les yeux d'une blonde qui rentrera en Russie demain, à qui il déclare avec un naturel étonnant: " I love you!", il se sent vivre, il se sent puissant et enfin, il a l'impression de contrôler la situation.
Demain elle s'envolera chez elle.
Elle ne cherchera plus jamais à le contacter, lui non plus.
Tant que "la marchandise" est disponible en abondance, que faire des relations à distance ?

Des années se sont écoulées. Aujourd'hui, celui qui se présente à ses conquêtes en tant que "Gad, a tunisian engineer", se sent blasé.
Celui qui arrive par de simples mots, des ondes vibratoires qui secouent le tympan auditif de la personne en face, à faire succomber des dizaines de superbes créatures, se sent inutile.

Qu'a-t-il fait de sa vie finalement ?
A part vendre du bonheur éphémère aux gens au prix de sa dignité...
Il se la pète sur la plage, certes, mais comme pour masquer sa honte de n'être qu'un parasite, un arnaqueur qui vit aux dépens de celles qui l'écoutent.
Il envie ce Hammadi qui gagne durement sa vie, pour nourrir ses quatre enfants et sa femme qui n'est autre que sa cousine, arborant un sourire qui ne le quitte jamais que ne connaissent que les gens heureux.
Il n'a rien et pourtant il a tout...
Son sourire à Gad, il le laisse au pas de la porte. En enlevant ce masque de guerre, tel un clown qui rentre chez lui après une longue série de spectacles, n'emportant chez lui que quelques dinars et un coeur gros.

En se regardant dans la glace brisée de son studio vide depuis le départ de sa mère, il se dit que lui, qui a tout pour plaire, est aussi désert que cet appart jadis comblé par la présence magique d'une maman qui ne le verra jamais dans le fabuleux costume du marié.

Comment pourrait-il oser envisager de se marier ? lui qui n'a d'autre ressources que d'attirer des touristes peu fortunées dans son lit ou le leur pour être plus précis.
Mais aujourd'hui, Gad veut en finir une fois pour toute avec sa vie de vagabond.
Il veut bâtir un foyer. Penser à demain. Délaisser le business qui a fait de lui un gigolo pourri avec qui aucune famille n'accepterait de marier sa fille.

En se dirigeant ce matin vers le garage de Hammadi pour lui faire part de son souhait de se "ranger" il fut interpelé par une feuille dactylo collée sur le rideau métallique où était inscrit Allah akber, Hammamdi venait de décéder dans la nuit...
C'était aujourd'hui qu'on avait prévu de l'enterrer...

Gad se dit alors, que c'est peut-être un signe du destin, il rebroussa chemin et pris un taxi pour la zone touristique...

dimanche 15 août 2010

La déchéance de la nationalité






Avant d’entamer ce billet, je ne saurais occulter la censure sauvage et irresponsable qui a accablé un blog ami, d’un individu que je couvre de ma toute ma bienveillance.
Il s’agit du blog 3al-7it qui vient de subir la terrible sentence mais ce bloggeur qui, ingénieux comme toujours, vient de lancer un deuxième blog à savoir ta9tou9a.
Il va sans dire que je salue cette abnégation qui n’est pas étrangère à notre héro du jour.

Revenons à ce sujet ô combien sensible, j’ai nommé la radicalisation des peuplades.
Tout commence en France avec une série de commentaires racistes proférés par les plus hautes sphères du pouvoir avec notamment Brice (de Nice) Ortefeux et Sarko qui veut être à jamais calife à la place du calife tel son idole Iznogoud.

Avec une cote de popularité au plus bas, Sarko décide, comme il sait si bien le faire de détourner l’attention de son peuple en proposant une loi selon laquelle il pourrait déchoir certains criminels ayant la double nationalité de leur appartenance française.

Fait gravissime mais qui passe quand-même avec un discours bien rôdé et un peuple qui sombre à son tour dans la xénophobie encouragé par une Suisse qui a déclaré son inquiétude vis-à-vis de la « prolifération » de minarets sur son territoire à la suite d’un referendum fatidique.

Mais « cela ne nous regarde pas » comme dirait les inconnus dans un de leurs sketchs les plus populaires.
Je me considère comme étant citoyen du monde, mais entre nous, j’arrive à fermer les yeux sans tarder même en sachant que Sarkozy sera probablement réélu et que les tunisiens qui oseront demander le visa à l’ambassade française se verront traiter comme des chiens. (L’exemple typique du gardien de l’ambassade qui crie « Allez vous-en ici c’est le territoire français… »)

En Tunisie avec l’éclatement de l’affaire Mohsen Cherif et tous ces artistes qui ont opté pour la « naturalisation » des relations avec l’état d’Israël, on a compris que ce tsunami de racisme et de discrimination a fini par retentir sur le bon fonctionnement des neurones de nos concitoyens.
Facebook a relayé la révolte d’un peuple en mal de repères, de causes à épouser, d’ennemi à haïr, de valeurs à adopter et d’intellectuels à vénérer.
Un peuple endormi depuis des décennies qui a voulu dans un sursaut d’orgueil rétablir l’ordre des choses en sa faveur, comme au bon vieux temps.
La démocratie, c’est la dictature de la majorité. Mais quand la majorité est conne, le système ne tourne plus rond.
Des dizaines de milliers de tunisiens ont appelé à déchoir Mohsen Cherif de sa nationalité pour avoir trahi « la cause ».
Ce même peuple qui s’en fout royalement, au fond de ce qui se passe au proche orient. Qui se contente d’assister à une bagarre au quartier sans se donner la peine de composer le 197.
Qui s’arrête en pleine autoroute pour se délecter du spectacle d’un accidenté déchiqueté sans même appeler les secours et puis qui remonte tranquillement dans sa voiture avec au pire quelques nausées.
Ce peuple qui assiste tous les jours à un festival de « vendus » passés as dans l’art de la parlotte qui vient leur chanter des pseudo-convictions fabriquées de toute pièce dans l’unique but d’étoffer leur compte bancaire.

Jamais aucun individu respectable du Nafkhanistan n’avait osé hausser la voix.
Jamais, non plus, le peuple ne s’est insurgé contre ces pseudo-journalistes qui prennent à parti de pauvres personnes qui ont eu le malheur de l’ouvrir, de dire ce qu’ils pensent.
Pourtant, sur les colonnes de ces torchons on peut lire que leurs femmes sont des putes, que leurs enfants sont des drogués et qu’eux-mêmes sont des vendus aux services secrets étrangers.
Tout le monde sait que de toutes ces atrocités, il n’en est rien.
Mais Les nafkhanistanais dormaient confortablement sur leurs deux oreilles, jusqu’au jour où un certain Mohsen Cherif, les a « trahi » pour une poignée de dollars, il l’a fait le con.
Il a scandé « vive Bibi »
Netanyahou le criminel de guerre ? Oui c’est bien de lui qu’il s’agit.
Qu’on réclame une enquête sur ses artistes « vendus » qui vont pactiser avec l’ennemi et partager leurs joies alors que notre peuple subit les pires supplices en terre occupée. Oui je veux bien.
Mais qu’on vienne demander violemment la déchéance de la nationalité. Permettez-moi, ô grand peuple nafkhanistanais de vous demander gentiment d’aller chier.
La nationalité tunisienne.
Celle de Bourguiba, de Abdelaziz Thaâlbi, de Ali Riahi, de Ali Ben Ghedhahom, de Moncef Bey, de Mosbah Jarbou, de Chouchou (celui qui fait une ojja succulente prés tout prés du passage au centre ville), de Hattab (le célébrissime « Kaftejiste » de la rue du Ghana), celle de la yaourterie de la Marsa et d’Ennasr, celle du golfe d’Hammamet, celle du Boukornine…
Vous voulez priver un être humain de son identité ?
Décapitez-le, lynchez-le, agressez-le, ce serait moins douloureux que de lui enlever ce qu’il a de plus cher.

Ces derniers jours, le feuilleton Nsibti laâziza produit par Nessma tv avec un casting intéressant comportant entre autres Mouna Noureddine, Sofiene Chaâri et Kaouther Bardi et qui se moque ouvertement de l’accent sfaxien en reprenant grossièrement certains clichés mâchés et remâchés à propos des personnes originaires de cette région.

La diffusion de cette série a provoqué un tollé sur le net. Comme d’habitude la réaction a été disproportionnée.
Des milliers d’internautes ont manifesté leur mécontentement avec des répliques brillantes du genre : « Ils sont jaloux de nous parce que nous sommes la race supérieure », « on devrait instaurer le visa à Sfax »… (Je vais m’arrêter là, pour pouvoir continuer sans vomir ce que j’ai ingurgité au moment de la rupture du jeune)

L’accent du nord-ouest de la Tunisie et des tunisois a été surexploité par les humoristes tunisiens, jamais je n’ai entendu parler de mouvement de protestation.
Pourquoi Lamine Nehdi qui a toujours fait de ces accents là sont cheval de bataille, n’a jamais été contesté. Les sfaxiens (une partie) se prendraient-ils vraiment pour une race supérieure ?
Ou peut-être n’auraient-ils simplement pas le sens de l’humour ?
Parce que personnellement, je trouve la série très réussie avec parfois des accès certains de mauvais gout. Mais que voulez-vous ? Avec si peu de productions artistiques annuelles on est condamné à se contenter de peu.

Le pire c’est que chaque affaire qui éclate me fait redouter le futur. A chaque fois, l’avenir m’a donné raison puisque les réactions se radicalisent encore plus.
Si parfois mes mots sont durs, crus ou déplacés, comprenez que j’essaie de vous choquer pour que vous vous rendiez compte de la délicatesse de la situation.
Soyons indulgents. Soyons raisonnables.
Semons l’amour. Aimons-nous…