Les fidèles du Boukornine

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lundi 13 septembre 2010

Le petit pyromane que j'étais...






J'ai toujours été de ces êtres qui s'éprennent d'un coup, d'un monde, d'une idée, d'une belle âme ou d'un regard assassin.
Tout jeune, ma vie ressemblait plus à des cycles de jeu qui se répétaient inlassablement à un rythme plus ou moins soutenu: Au début, une idée commençait à me plaire et à germer dans mon jeune esprit. Puis, je passais petit à petit, mon temps à réaliser cette idée jusqu'à ce que les "grands" y voient une certaine menace pour mon équilibre ou pour mon intégrité. Enfin, on me dépossédait de force, de mon joujou et je passais une période assez longue à faire le deuil de cette dernière rupture.


A cette époque là, je devais avoir tout juste huit ans, si mes souvenirs sont bons.. Mais prétentieux de nature, je sais très bien qu'ils le sont.
Je commençais à m'intéresser de prés au feu, à cet élément de la nature qui a cette capacité de fasciner les humains à tout âge.
Comment frapper deux silex l'un contre l'autre ou frotter une allumette contre une surface rugueuse arrivent-ils à faire naître une flamme, un concentré de poésie, de magie, de passion, de douleur et de brûlure.
J'avoue que jusqu'à aujourd'hui, je garde toujours la même stupéfaction puérile devant la même flamme qui faisait valser mon coeur presque vingt ans auparavant.

On était en plein été de l'année quatre-vingt-quinze, j'étais, le plus clair de mon temps, occupé à expérimenter le contact du feu avec à chaque fois une nouvelle matière.
La plante verte ne se brûle pas de la même manière que le papier qui à son tour présente des différences de combustion vis-à-vis du papier imbibé d'essence.

Je me délectais de ce spectacle extraordinaire que produisait la destruction d'une matière par l'effet de flammes dansantes au gré du vent.

Jusqu'au grand jour, où j'avais décidé de passer le cap et de jouer dans la cour des grands. Nous avions un débarras au fond du jardin dans lequel toute la famille élargie avait enfoui un jour ou l'autre, un bouquin, un moteur à essence de barques ou un objet à qui on ne trouvait plus aucune utilité mais dont on ne pouvait absolument pas se séparer.
Il y avait au moins une vingtaine de personnes pour qui ce lieu était loin d'être anodin.
Ce n'était pas assez pour me dissuader de réaliser mes plans maléfiques de la découverte du monde et de ses éléments. J'étais un peu trop passionné, un peu trop convaincu pour abandonner mon projet.

Pour m'acheter une boite d'allumettes. J'ai du galérer.
Il faut dire que j'étais à court d'argent et être fauché à l'âge de huit ans, c'est tout simplement n'avoir pas un sou.
J'ai dû aller voir ma tante qui nous rendait visite et lui demander d'un air d'une candeur inouïe après lui avoir chanté une chanson et raconté quelques blagues si elle avait cinquante millimes pour que je m'achète des bonbons.
Pour en rajouter, je lui ai promis que ce n'était qu'un prêt et que je lui rendrais la somme aussitôt mes parents rentrés...

Attendrie par mon stratagème ou ma dignité de façade, elle m'avait refilé cent millimes.
Ce qui nous faisait deux boites d'allumettes, si mes calculs sont bons...
Un arsenal qui m'avait permis de tuer le temps tranquillement en mettant le feu un peu partout avant de me décider à me lancer.
Le débarras a pris feu sous mes yeux, et j'ai eu l'occasion de rajouter volontairement d'autres foyers avant de lancer l'arme de crime cramer sur les lieux.
Je n'avais aucune conscience du danger qui me guettait ni de celui que je faisais encourir aux voisins et à mes proches.
J'étais juste un gamin qui triomphait devant son jouet... Un jouet qui prenait feu rapidement...

Il aura fallu l’intervention musclée de la protection civile et la coopération de dizaines de voisins et de passants pour contenir un incendie impressionnant qui n'a heureusement pas fait de victimes.

Toute personne de la famille avait obligatoirement une histoire particulière à raconter à propos de ce débarras, des objets dont ils ne croyaient jamais avoir à se débarrasser. 
Dés lors, ils allaient commencer à conter leurs histoires avec les yeux qui pétillent. 
Avec cette fin tragique que j'ai su leur donner, de minables magazines Prima et Mode&Travaux se sont vus ériger au statut fort enviables de martyrs. 

Les soixante dix vierges n'étaient peut-être pas leur destinée non plus... Mais, dans ma famille on en parlait comme des tableaux de maîtres qui seraient partis en fumée.

Puis quand un fonctionnaire de la protection civile était venu demander le nom et l'âge de celui qui avait déclenché l'incendie. Je lui ai donné un faux nom et un age nettement inférieur au mien. 
Mais mes proches m'en voulaient trop pour laisser filer cette occasion inespérée de venger leurs magazines...

Aujourd'hui, presque vingt ans après les faits, tout le monde m'a pardonné peut-être par lassitude vu les innombrables catastrophes que j'ai pu causer ou probablement parce que j'ai su, à coté de ces frayeurs que je leur faisais endurer, irradier le foyer de vie, de farces, de blagues et de bonne humeur.

Mais force est de constater, que si j'ai laissé tomber les allumettes et les briquets, je garde toujours un faible incontestable pour les propos incendiaires et j'ai toujours tendance à m'enflammer durant les débats même s'il n'a plus jamais été question du magazine Prima... Comme par respect à son statut de martyr...
Pire, mon humour d'avoir trop pris feu, s'en est trouvé calciné. Corrosif et noir jusqu'au bout. 
Si je suis resté incendiaire de confession, je suis devenu pyromane de la discussion.
Heureusement que maintenant je suis un grand garçon et que j'ai au moins la possibilité d'assumer et de répondre de mes actes éventuellement...

mardi 11 août 2009

Le temps est mort cet après-midi



Dans un moment d’inattention, et alors que je m’y attendais le moins, le verre de ma montre à la valeur sentimentale inestimable s’est brisé.

Je restais debout, sur place, abasourdi… Ne sachant plus si c’est un mauvais rêve ou une extrêmement dure réalité.
Je ne pensais jamais avoir à m’en séparer. C’était sans compter sur l’incroyable capacité du destin à dépasser la fiction, probablement pour donner aux écrivains réalistes matière à rédiger.

Sonné. Je m’étais accroupi pour ramasser les vestiges d’une montre grandiose qui m’indiquait le chemin comme le phare d’Alexandrie.
Mais tel est le sort des merveilles de ce monde… La perte inéluctable de leur éclat.
Comme le verre de ma montre qui a éclaté.
Ou mon âme dans sa profondeur qui a éclaté en sanglots alors que j’apparaissais impassiblement inerte.

Depuis que ma montre qui n’a pas de prix, s’est brisée, le temps s’est arrêté.
Il n’y a plus de soleil, plus de lune.
On n’est peut-être en plein jour, même s’il fait nuit.
Les expressions que j’emploie se sont soudainement habillées de structures pompeuses et anachroniques.
La vie elle-même a perdu tout son goût.
Il me faudra plus d’eau gazéifiée pour pouvoir digérer…
Et encore le résultat n’est pas acquis d’avance…

Mais il ne faut pas perdre de vue que c’est peut-être aussi un curieux signe du destin.
Le destin n’ayant pas les moyens de s’exprimer par un flux verbal et recourant inévitablement au triste langage des signes qui fait confiance à notre interprétation pour sa compréhension.

Parfois le message ne passe pas. Probablement dû à sa confiance déplacée en notre interprétation défaillante.
Mais j’aimerai plutôt le voir comme un « passes à autre chose ».
« Le destin est à tes côtés ».
« Tourne la page ! Tu ne crains plus rien ! ».
Même si j’ai l’intime conviction que le destin aurait très bien pu ne rien vouloir dire avec ce geste d’une infinie cruauté, ce n’est pas impossible, non plus, que ce ne soit qu’une manière comme une autre d’être méchant en ces temps de quiétude démesurée.

mercredi 23 juillet 2008

L’unique « Prince » du quartier



L’ambiance singulière qui régnait dans notre quartier, je n’ai jamais pu la retrouver ailleurs.

Un mélange détonnant de laisser-aller, de détente, de frayeurs et de sourires.

Vers trois heures du matin, toute la bande (environ une cinquantaine de personnes) se retrouvait assise soit sur ces barrières qu’on venait nous affliger en début d’été, soit sur ces blocs de pierre qui bordaient la corniche hammamlifoise.

Il y avait de la provocation dans l’air. On savait tous que sous peu, Prince, le berger belge au taillage impressionnant allait faire surface.

En effet, Seif le maître de cette bête, le sortait se promener tous les jours pratiquement à cette même heure.

On attendait tous.

Jusqu’à ce que ce fauve de couleur noire apparaisse au loin et alors, les plus lâches fuyaient déjà de peur de se voir dévorer.

Pour les autres c’était une partie de plaisir unique.

C’était en quelque sorte notre corrida typiquement hammamlifoise.

Quand Prince se mettait à nous courir après, sous les « Attaque ! » incessants de Seif, l’instinct de survie des fous que nous étions ressurgissait.

Certains se jetaient dans l’eau (ce qui réservait parfois de mauvaises surprises aux baigneurs nocturnes du genre bris de verre dans la plante des pieds…) D’autres s’introduisaient dans tous les édifices qui nous entouraient sans se soucier des propriétaires qui sortaient souvent pour nous injurier.

Malgré tous les efforts, bien des fois, il était déjà trop tard.

Je connais un nombre tellement important de personnes qui ont été mordu par ce chien féroce. Mais toujours, avec ce fair-play exemplaire, les victimes se gardaient d’aller porter plainte avec parfois il faut dire quelques manœuvres de « Khaltek Cherifa » la mère de Seïf qui avait pour coutume de venir supplier tous les matins les proies de la veille pour ne casser aucun maillon de cette chaîne alimentaire.

Un jour, la municipalité a décidé d’agir. Ils avaient entendu parler de cette bête sanguinaire qui sévissait impunément depuis trop longtemps dans notre quartier. Mais curieusement, un élan de solidarité sans précédent empêcha ces forces d’en finir avec Prince.

Jusqu’au jour où la nouvelle nous est tombée dessus, fracassant tous nos souvenirs et nos espoirs de voir se perpétuer cette tradition inestimable : On a volé Prince !

Mais qui a osé le faire ?

A-t-on idée d’enlever une bête aussi indocile ?

Aujourd’hui le quartier est tristement habillé d’un silence lugubre. Les aventuriers d’hier ont désormais déserté le coin qui nous était propre préférant d’exploiter d’autres créneaux plus générateurs de pics d’adrénaline.

jeudi 10 juillet 2008

La chanson officielle de la promo 2005 du lycée pilote de Tunis, Régalez vous!

وليوم كلعادا جينا من كل ثنيا
باجة، المروج، الهمهاما والوردية
فينا إلي باغي يقضي عل جاهلية
و فينا إلي ناوي يمشي طول ال عربية
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الباك مهبول كي تجيه العنصرية
ما عاد تفيد حلول دبلوماسية
إلي جابو سيوفا واللي جابو مدرية
ياو ريم قريعة تولي ريم المنسية
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ماغير ما تمشي لسيدة المنوبية
ناخد الباك عندي حالة عادية
بنووي و البكتريولوجية
في بلوك الباك القيرة صباح و عشية
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لسي معروف في كل الجمهورية
لسي بورقيبة بيلوت العاصمية
منجي أوقار قولنا واشية؟
كي شعل الفلام الإدارة وين هي؟
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إشهد يا فتوح ع شنعة العالمية
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محال ننساك قداش تعز عليا
ليسي بورقيبة يا عين من عينيا
العام وفي ومشا الجيل هاذيا
كل واحد فينا ليوم ناوي على ثنيا
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نولي طبيب نحل سبيصرية
نولي نجاهد في الضفة الغربية
قلي كيفاش باش تبقى بعيد عليا
تاريخي كلو بين الحيوط هذيا
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سيلي يا دمعة قدام البشرية
عبر يا قلبي من غير حشومية
دوري يا دنيا عمرك ما تبدل فيا
دمي كي يجري اغني الغناية هاذية
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ولاد الليسي لمتنا أخوية
وخيك الكبير يخليلك وصية
راسك مرفوع طريق الذل بلية
اه يا لولاد خوذ المشعل عليا
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ما أصعب فراقك خلي نملا عينيا







كتبها العبد لله في زمان الغفلة. جميع حقوق البث محفوظة