Les fidèles du Boukornine

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lundi 4 octobre 2010

Ton malheur, frérot, est pour moi un jour de fête...



L'Espérance de Tunis joue son destin au Caire.
Ses supporters jouent leurs vies et celles des agents de police égyptiens. L'anarchie la plus complète.
Des coups de poing dans le ventre, des coups d’extincteur dans la gueule et malheur à celui qui tombera en premier.
Il sera piétiné par une foule sans merci.
Notre football, bien qu'il nous coûte des milliards est médiocre. Seul le niveau de la violence dans les stades a su très vite hisser le drapeau national très haut.

En Tunisie, il y a deux catégories de gens: Les espérantistes et les anti-espérantistes.
Je ne vous cache pas que d'habitude, je fais partie intégrante de cette population qui trouve que l'Espérance est un club qui use trop souvent de l'interrupteur.
Etant moi-même victime, d'innombrables manigances du plus vieux club tunisien. La dernière en date, l'inoubliable huit avril de cette même année. Quand même les dieux du stade n'ont rien compris à l'affaire.
Je suis hammamlifois jusqu'à la moelle. Je ne vois la vie qu'en vert et blanc. J'aime mon club et ma ville plus que tout.

Cependant, dans les compétition internationales, où un club tunisien se trouve propulsé en porte-drapeau national, je ne trouve aucun mal à le supporter corps et âme.
C'est ainsi, qu'on m'a éduqué. On m'a toujours dit que les plus proches méritaient plus que les autres mon affection.

Ce que je trouve aberrant en Tunisie.  C'est que la population est divisée dans tout ce qu'elle peut entreprendre.
On se souhaite un échec inéluctable même si ton compatriote rencontre des protagonistes étrangers.
On se délecte des malheurs des autres.
On déguste sans aucune retenue et avec une exaltation criminelle les larmes de son prochain.

Les espérantistes, eux-mêmes, ne sont pas des anges non plus. Ce fléau est général à toutes les catégories.
Même le niveau d'instruction n'a rien à voir là dessus.

On m'a appris, tout jeune, que la discorde et cette haine qui grandit à vue d'oeil est un ogre dont l'apparition signe le déclin de l'empire dans lequel il surgit.
Heureusement, la Tunisie n'est pas un empire. Mais c'est tout comme puisque les choses ne cessent d'empirer ici bas.

On se traite de tous les noms. On prie Dieu avec une incroyable sincérité et une piété jamais "employée" auparavant (sauf l'année du bac et celle du concours) pour que son prochain trébuche et tombe avant d'atteindre son but suprême.

On promet à Sidi Mehrez et Sidi Belhassen des offrandes (Généralement, un immense plat de couscous avec plein de morceaux de viande dedans) si jamais il intervient auprès du Très-Haut pour faire réussir notre complot.
Les pistons envahissants même les prières, mes amis.
Il m'a suffi d'afficher mon soutien au seul candidat tunisien à la présidence du football africain pour que je sois pris d'assaut d'insultes et d'une vague sans précédent d'indignations.
Je profite donc de l'occasion pour réitérer mon  le plus sincère qui soit, à un club qui porte haut les couleurs de notre patrie.
Bonne chance aussi au CSS.
Au passage, j'emmerde les médias égyptiens qui sèment la haine et mettent une lourde ambiance qui dégénère souvent dés qu'un de leur clubs accueille une équipe arabe.
Après, ils se mobilisent pour dénoncer la sauvagerie de la réaction des autres supporters.
Je ne défend pas l'indéfendable comportement des tifosi espérantistes, mais les connaissant, il doit probablement y avoir une injustice quelque part qui a pu catalysé de la sorte leur révolte.
Et ci-après, la confirmation de mes suspicions en images.
La police égyptienne, une des plus barbares de ce continent de sous-développés, s'attaque avec une violence inouïe au public espérantiste pour avoir osé manifester leur soutien à leur club à travers des feux de Bengale.





 

   






Dommage que chez nous, les journalistes, les médias et les hommes en général sont castrés. On n'a personne pour mener une guerre des images et répondre à des allégations aussi fausses qu'insolentes.
Notre presse est bien plus occupée à faire sa propagande et à copier et coller des insolites qui ne nous font même pas sourire.
Peu importe si quelque part, on nous fait passer pour de viles créatures sanguinaires.

Je ne vous dirai pas au revoir mais je me contenterai d'un "ya3mel allah fel retour" qui veut tout dire.

dimanche 5 septembre 2010

Issam Jomâa, le bouc émissaire idéal...




Tout d'abord, intéressons-nous à ce match rocambolesque qui a opposé la Tunisie à la modeste équipe du Malawi.
Dés que l'arbitre a donné le coup d'envoi, j'ai tout de suite senti que l'équipe en face pouvait très bien créer la surprise, d'une part vu la fébrilité et la lenteur exemplaire dans le replacement de notre défense (d'autant plus que nous jouions l'attaque placée. On attaquait en nombre. On laissait de ce fait des espaces pour l'adversaire) D'autre part, l'adversaire du jour base tout son jeu sur les contre-attaques et arrive à monter rapidement vers le camp de Kasraoui.

Cependant, c'était un match largement à notre portée si ce n'étaient les ratages incroyables qui se sont suivis tout au long des 90 minutes.

Revenons maintenant au cas Issam Jomâa.
C'est le deuxième meilleur buteur de notre équipe nationale de tous les temps et le premier encore en exercice.
Il lui est arrivé de sauver l'équipe par des buts inespérés à des moments cruciaux dans des déplacements difficiles. Pourtant, il n'a jamais bénéficié de la sympathie du public.

Je ne vais pas vous dire que ce joueur est exceptionnel. 
Je ne vais pas vous dire qu'il est exempt de tout reproche.
Mais ce que je trouve inadmissible c'est qu'un joueur de l'équipe nationale soit pris à partie par le public (qui a en partie accédé au stade gratuitement d'ailleurs) qui l'a sifflé de bout en bout même après avoir réussi le doublé.

C'est révoltant. C'est désolant. C'est inacceptable.
Le meilleur élément d'une équipe à la dérive qui sert de bouc émissaire à un public qui s'ennuie et qui n'a de ce fait rien de mieux à faire  que de démolir toute ébauche de beau jeu.

Je sais que Issam Jomâa est antipathique. Il a une gueule antipathique. Il ne sait pas s'exprimer sans placer un 'ma3net'ha" toutes les deux secondes. Il fait des déclarations dont il pourrait et il aurait du se passer. Il passe parfois à coté de ses matchs (le match du Cameroun à la dernière édition de la CAN, par exemple) et quand il est en méforme, on a tout juste envie de l'expédier sur Mars...
Mais le fait est là, ce joueur est le meilleur attaquant tunisien actuel et peut-être même des cinq dernières années.
Le pire dans toute cette histoire, c'est que cette masse qui siffle un joueur de sa propre équipe, originaire de son propre pays, héritier de sa propre culture et qu'ils sont, à la base, venus encourager, n'est en fait influencée que par les sketchs de Wassim Herissi Alias Seyes khouk qui a su au fil de ses blagues souvent drôles, convaincre le public que ce joueur est un moins que rien, le dépeignant dans le portrait du parfait antihéros...

C'est à dire que dans notre beau pays, Wassim Herissi, jeune humoriste de talent arrive avec une facilité déconcertante à faire d'un personnage ce qu'il veut parce que ses auditeurs, influençables qu'ils sont, n'ont pas assez de neurones pour faire la différence entre sketchs et vraie vie.

L'opinion publique tunisienne s'est récemment radicalisée, trouvant dans le réseau social facebook un espace inespéré pour exposer "librement" sa haine farouche, ses complexes, son ignorance et sa volonté de se mobiliser pour une cause... Peu importe s'il s'agit d'un faux  problème, d'un bouc émissaire ou de faux ennemis... L'important c'est d'être tous d'accord, de siffler en chœur et que le peuple l'emporte enfin. Mais si la bataille est fictive, les victimes, quant à elles sont bien réelles... 

samedi 12 juin 2010

Nous avons inventé le lablebi mais pas les vuvuzelas !

La star incontestable de cette édition de la coupe du monde, c'est suremement les vuvuzelas ! 
Un pur produit sud africain, selon la légende ce seraient des guerriers zoulous qui en usaient pour faire fuir les souris.
Émettant un son assourdissant et monotone, c'est à vous faire vomir d'incompréhension !
Depuis les supporters sud africains se sont emparés de cette trompette démoniaque pour déconcentrer les joueurs et faire chier le monde.

En bon tunisien et tel un islandais qui se respecte, je me sens mal quand je vois que ce sont d'autres personnes qui ont créé un outil aussi efficace pour mettre à mal la quiétude de son prochain.

Cependant, il est naturel de saluer ce peuple sud africain surendetté, pauvre, sidéen pour beaucoup et n'ayant même pas le droit de participer à cette grande fête que leur pays accueille même pas pour vendre des vuvuzelas devant les stades !

Exclus, marginalisés... Ces oubliés de l'histoire ont raison de se rabattre sur les vuvuzelas. 
A qui sait comprendre les maux et la souffrance des peuples, ce son monotone et désagréable s'apparente au célebrissime lac des cygnes de Tchaikovsky !
Sauf que trop peu de gens comprennent et encore moins apprécient.
Vive la révolte des vuvuzelas ! 
Du fin fond de la laideur des favelas émane toute la beauté et la pureté du monde !