Les fidèles du Boukornine

samedi 25 juin 2011

La puérilité d'Ennahdha au sujet de son financement

Ce mercredi, on a débattu au sein de la haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution d'un sujet fort intéressant à savoir l'organisation des partis politiques.

Personnellement, dés l'annonce du report de la date des élections j'ai attendu impatiemment que ce problème soit soulevé et traité radicalement par cette structure qui est la seule apte à le faire dans cet environnement "intérimaire".

Mais Ennahdha n'est pas du même avis.
En effet, disposant d'un financement colossal de la part des enturbannés du golfe avec leurs pétrodollars pourris, Ennahdha verrait d'un mauvais oeil une éventuelle réglementation du financement des partis.
D'ailleurs, les représentants d'Ennahdha se sont retirés de la séance du mercredi après-midi portant sur le décret-loi relatif à l'organisation des partis.

Comment peut-on parler d'une transition démocratique quand un des partis use de moyens détournés et prohibés pour augmenter ses chances de gagner les élection ?
Comment peut-on tolérer une éventuelle tricherie ?
Comment ne pas enquêter sur les origines du financement des partis ?
Comment accepter que les enturbannés du golfe s'ingèrent dans notre vie politique et décident pour le peuple tunisien de son devenir ?
Si le Qatar ou le Koweït à titre d'exemples décident d'installer un régime islamiste en Tunisie et y mettent les moyens, comment être sûr que c'est également ce que veut la majorité des tunisiens ?

Ennahdha menace même de suspendre son adhésion à la haute instance de Ben Achour. C'est qu'ils veulent nous pourrir notre révolution et tels des vampires, se nourrir du sang de nos martyrs pour venir installer leur dictature sur notre terre bénite.

Sauf qu'il y a un hic... L'invincible volonté du peuple tunisien de faire de son pays un havre de paix et un exemple de démocratie pour les pays arabes... 

mercredi 22 juin 2011

Le Pr. Zaouch, la révolution des jeunes médecins et mon humble personne

Inutile de vous rappeler que le système médical tunisien est profondément malade, titre de mon précédent billet qui rapporte quelques pathologies qui menacent l'intégrité du patient et du médecin admis dans les hôpitaux tunisiens.

Samedi dernier, une demoiselle, interne dans le service de chirurgie A de l'hôpital Charles Nicolle, se fait violemment gifler par une patiente alors qu'elle assurait une garde aux urgences.
Etant de garde le même jour au sein du service de chirurgie en question, j'ai pu assister et essayer de défendre, non sans peine, la dignité bafouée de cette jeune interne, tout ce qu'il y a de plus sérieux et compétent.

On a permis avec quelques confrères volontaires que le service des urgences ne soit pas paralysée parce que l'interne violentée se devait d'aller porter plainte et ne pouvait plus continuer la garde. 

Entre temps, l'interne est prise à partie par une bande d'ouvriers qui la menacent de témoigner contre elle si jamais elle ne retire pas sa plainte. Etant livrée à elle même, aucun soutien moral de la part de cette administration complice par son silence et sa passivité à outrance de cette agressivité ambiante qui nous touche chacun à son échelle. 
L'interne affolée décide de se rétracter et de revenir compléter sa garde comme si de rien n'était. 

Pire encore cet acte  n'est pas isolé. Tous les deux-trois jours, dans les hôpitaux universitaires de Tunis, des médecins se font violemment agresser laissant chez certains d'importants dommages.
Ces crimes restent souvent impunis, du fait de la nonchalance de l'administration face à notre honneur piétiné. 
Les hôpitaux de Salah Azaïez, l'Hôpital d'Enfants ou tout dernièrement celui de la Rabta peuvent en attester.  

Fort de l'appui de mon chef de service, le grandiose Pr. Zaouch, sommité mondiale dans le domaine chirurgical et militant de longue date et celui d'une pétition que j'ai fait, moi-même en compagnie de deux autres collègues, tourner le lendemain, selon laquelle on n'était plus apte à assurer des gardes aux urgences tant que notre sécurité n'était pas garantie et pour protester contre l'absence totale d'encadrement dans ces lieux où nous consultent des centaines de malades pendant chaque garde avec un rythme effréné et desquels nous sommes contraints de faire le tri parfois à tort et à travers vu le manque d'expérience et le débordement manifeste dont nous faisons l'objet. 
La pétition a comporté plus de 300 signataires. 
Nous en avons fait des copies et en avons adressé au dit service. et aux autres services de chirurgie. 

Au final, hier mardi 21 juin 2011, je ne suis pas allé aux urgences. J'ai été dans mon service, en tenue et j'y ai passé toute la garde. 
Le chef de service des urgences a été obligé de recruter d'autres internes pour me remplacer à la dernière minute. Mais je pense que le message est passé. 
J'assume pleinement les conséquences de mes actes. Que ceux qui s'obstinent à nous encourager à se faire gifler en silence et à ne rien apprendre de surcroît fassent notre boulot à notre place. Que le système médical pourri bâti sur des chimères implose tranquillement. 

Je précise à nouveau que c'est de notre ressort, nous jeunes médecins, de révolutionner notre secteur. Qu'on arrête avec notre sempiternelle peur de changer les choses et de bousculer les a priori  !   

Voilà qui est dit.
Affaire à suivre... 

mardi 14 juin 2011

Un secteur médical profondément malade...



Je suis profondément dégoûté de la pratique médicale dans les hôpitaux tunisiens.
Sans vouloir tomber dans l'extrême facilité et la bassesse de la généralisation, mais on voit chaque jour des abus de pouvoir qu'il serait criminel de passer sous silence.
Les hôpitaux sont corrompus et sales. Il faudra être plus que patient pour être patient en Tunisie.

Pas de compresses stériles. Et pour cause, tous ces infirmiers qui ont ouvert illicitement des infirmeries en utilisant le matériel hospitalier. Personne ne fait rien, parce que tout le monde est complice. 

Des malades qui sont obligés de passer par la consultation privée du chef de service pour être hospitalisés dans un hôpital que le contribuable a payé de son sang et de son argent avec la complicité des surveillants. 

Des médecins cupides et intéressés. Des patients égarés, quoique souvent bien soignés.


Mais où est le serment d'Hippocrate dans tout cela ?
Nous en sommes à des années lumières...

Des médecins qui se traitent de tous les noms d'oiseaux en public comme en privé. Des patients dont on abuse de la confiance, de l'argent et de la dignité.

Je m'insurge ! Je me révolte !
J'ai fais médecine parce que j'ai des idéaux de philanthropie. Oui mesdames et messieurs, j'ai bien dit philanthropie !
Connaissez-vous seulement, le sens de ce mot ?

N'en parlons même pas de ces rats que j'ai croisé dans une certaine biberonnerie. Il est aussi d'innombrables autres problèmes très profonds telle la prise à partie des médecins par les patients devenue une triste

Dernièrement, j'ai suivi avec beaucoup d'intérêt le Syndicat des Internes et Résidents de Tunis qui a organisé des manifestations ainsi que des grèves pour mettre la pression sur les responsables. Je croyais qu'on menait le même combat pour des soins dignes pour tous les citoyens de ce pays.
Il s'est avéré que le seul réel problème jugé urgent par ce syndicat c'est le droit de faire des stages à l'étranger et la suspension de cette fameuse loi relative au service national vu que finalement les grèves prévues pour les 13-14-15 juin ont été suspendues à la dernière minute.

Dans la page officielle du syndicat, on ose même crier victoire ! Mais de quelle victoire parlez-vous ?
Il n'y a aucune gloire quand la gangrène qui évolue depuis des années dans ce milieu médical pourri n'a pas été traitée d'une façon radicale.
En sachant que l'activité du syndicat des médecins est gelé depuis trois bons mois, Dr Khelil Zaouia ne faisant plus l'unanimité, on doit endosser la responsabilité historique de révolutionner notre secteur. C'est à nous, qu'il incombe d'agir désormais !

On est, de jeunes médecins, encore imprégnés de hautes valeurs morales contrairement à certains de nos aînés que l'argent a dévié du droit chemin, sauf le respect que je leur dois.
C'est à nous de mener ce combat et de mettre les bouchées doubles pour qu'un jour, le patient redevienne la prunelle de nos yeux.
Prenons exemple sur nos voisins, les médecins algériens et marocains, qui malgré la répression sauvage de la police continue à se battre pour la dignité du médecin, celle de la médecine et celle du patient.

Maintenant, si vous me dites qu'il s'agit d'un gouvernement provisoire, qu'il serait impromptu de lui demander des comptes alors qu'il n'est là que pour gérer les affaires courantes en attendant ces foutues élections historiques qui tardent à venir. C'est une idée que j'accepterai volontiers. Cela dit, ce sujet mérite d'être discuté et toute vérité est bonne à dire !


A bon entendeur, salut !  

jeudi 9 juin 2011

Un quart de siècle d'existence...







Un quart de siècle d'existence, ça se fête ! 

Permettez-moi de remercier du fond du cœur tous ceux et celles qui au cou de mon âme se sont un jour pendus. Pour leurs innombrables services rendus. Pour leurs éternelles mains tendues. Pour m'avoir dans mon dos, corps et âme défendu. Pour les fous rires inattendus. Pour m'avoir accepté avec mon sale caractère, bien entendu. Ma destinée est à votre existence suspendue ! 


J'ai passé 25 ans à rêver de la liberté, 25 ans à cultiver des idéaux, 25 à aimer passionnément, 25 ans à défendre des causes justes mais perdues, 25 ans à me casser la gueule et à en sortir grandi, 25 ans à me révolter contre l'injustice et l'hypocrisie,  25 ans à être quelqu'un d'entier et de désintéressé ! 


Et c'est là ma couronne, loin de ceux qui s'acharnent à réussir socialement grâce au blogging.
Je suis de ceux qui les regardent gesticuler sur les médias conventionnels en me disant fièrement: "On n'a pas les mêmes valeurs..."


Je fête aujourd'hui mon premier anniversaire post-révolution. Je sens, comme un peu tout le monde, que cette révolution est aussi la mienne et quand le vent souffle sur mon visage, je ferme les yeux et je bois à la liberté retrouvée. 


J'ai passé un quart de siècle à tenter d'être quelqu'un de bien. Avec vos messages et vos voeux, vous m'avez prouvé que je suis sur la bonne voie. Merci ! 



samedi 28 mai 2011

Un slam pour les internes et résidents tunisiens






Je suis un des innombrables stagiaires internés.
Aux visages cernés, au rythme de gardes effréné,
Armés que de leur volonté et d'un simple carnet.
Dévoués pour leurs malades à longueur de journée.
Trouvant que c'est tout à fait normal de devoir marner.
Insurgés par les propos indignes des responsables bornés,
Plongés dans l'incompréhension, parfaitement consternés,
Comment ose-t-on de nos efforts sincères baliverner,
Désormais on se taira plus pour nos droits profanés,
Pour nos malades bassinés, constamment embobinés,
Sur des brancards de fortune tristement acheminés,
Par le manque de moyens à une mort bête destinés,
Sur les efforts, sachez-le, on n'a jamais lésiné,
Aller à l'intérieur sans infrastructure équivaut à vous guillotiner,
Nous préférons encore faire grève, à nos principes cramponnés,
C'est l'hymne du malade que vous nous entendrez entonner,
On lutte pour des hôpitaux dignes pour les riches et les infortunés,
Ceux qui arborent des piercings et ceux qui préfèrent le henné,
On veut être impliqué dans la réforme comme tous les concernés,
On ne veut ni augmentation de salaire ni la révolution braconner,
Ce que nous tentons de faire c'est notre secteur, révolutionner,
Pour l'intérêt de nos malades, des tuberculeux aux orteils gangrénés,
Le mardi 31 mai devant le ministère de la santé, le RDV est donné,
L'équipe de garde sera en poste, le service minimum sera actionné,
Pour nos diplômes emprisonnés, nos rêves piétinés,
les fausses promesses ruminées et notre blouse blanche incriminée,
Ce peuple révolutionnaire qu'on tente insidieusement d'exterminer,
Nous serons forts, nous serons nombreux, nous serons agglutinés,
Pour plus qu'une âme malade ne se sente marginalisée et damnée.
Soyons unis ! Soyons de notre témérité et de notre patience ornés,
Plus jamais ce rêve de soins dignes pour tous ne devra être ajourné ! 

vendredi 20 mai 2011

Le bordel de la vie...




Le soleil se lève sur la douce planète Tunisie. Les rayons du soleil déplissent mon sourire et éclairent ma trajectoire.

Je monte à bord de la BoukornineMobile®, mets la musique à fond et m'envole vers ma destinée. Adepte des missions impossibles, je choisis la route la plus boueuse, le terrain le plus accidenté. 

Je m'envole comme jamais un humain ne l'a fait... Passionnément, intensément, les larmes aux yeux, le coeur battant sous une pluie battante. Mais personne ne comprendra. Alors vole ! Envole-toi vers les cieux grisonnants !

Même pas peur de l'orage... Même pas peur de Ben Ali ni de la BOP, ni de leurs bougres payés à 10 dinars la journée pour foutre le bordel partout où ils passent saccageant les commerces, terrorisant les passants. 
Même pas peur de la lacrymo, ne craignant pas de tendre vers mes idéaux. 


Voler à s'en brûler les ailes. Voler à se retrouver sans elle. Voler et n'écouter que Brel. Voler tel un nuage de sauterelles. 
Au diable l'existentialisme, au diable l'art et l'impressionnisme ! Mon coeur brûle après avoir été battu à mort avec une férule. 
Une pensée aux barques échouées et aux vagues qui caressent les barques échouées. 


Il n'y a pas de plus meurtrier que la vie. Mais ce n'est pas une raison pour ne pas en être ravi. Ravi d'exister, ravi pour ceux pas ravis à la fleur de l'âge. Ravis pour les désirs inassouvis, ravi pour les chimères à jamais poursuivis, ravi pour une vie sans vis-à-vis, ravi de ne pas être né en Scandinavie. Ravi pour ce navire qui coule sans capitaine, ravi de la voir sourire, cette demoiselle hautaine. Ravi pour les marches gravies, ravi pour ma détresse que j'écrivis avec le sang d'un peuple jadis asservi et aujourd'hui à l'honneur indivis. 


Aller vers l'avenir, s'armer de son présent, n'avoir que son coeur pour unique présent et sa bonne volonté pour se donner raison et une persévérance en toute saison. 
Aujourd'hui sème en attendant que demain tu cueilles, Je te promets rien, il te guette, tu sais le cercueil. Mais moi, je t'aime, je suis de ceux qui, sur ton ombre se recueillent. 


Je sais qu'il est très facile de dire "Je t'aime!" Quand on vit d'art et d'eau fraîche, ce quotidien de bohème. Mais tu sais, toi, tu es mon baptême, mon Jérusalem , celle qui me rend blême, qui me pousse au blasphème, ma solution mon problème, ma naissance mon requiem, mon unique ma suprême, ma connexion mon modem, ma prose mes poèmes. 


Je suis exemplaire, prends en de la graine, à cause de toi, les pieds je traîne, moi qui t'es offerte le statut prisé de reine, et qui t'ai légué sans penser les rênes. 


Nuage, m'entends-tu, j'arrive avec mes bagages et une dose minime de courage. N'essaie pas de faire barrage entre moi et les orages.


Tout cela n'est pas ma faute mais celle de Baudelaire qui m'a transmis son spleen alors que j'avais mieux à faire. 

Mourrons aujourd'hui pour renaître demain. Le sourire saura me reconduire vers le droit chemin. 

mercredi 18 mai 2011

Dis moi qui sont ces gens...




Dis moi qui sont ces gens qui se délectent de notre sang, au nom de la politique...
Je vis mal dans cet univers immonde, retouché à la chirurgie plastique...
Journalistes amateurs, militants profiteurs, aux convictions de tiques...
Des partis mal-partis, de mensonges sertis, nuls en pratique...
En ce jour, ils sont morts, nous laissant des remords et une vie chaotique...
Des militaires au patriotisme austère, en héros authentiques...
J'emmerde les intégristes, aux faciès tristes et aux idées dogmatiques...
Vos attaques, votre haine, vos déclarations hautaines, que des piqûres de moustiques
Ma patrie ne pleure pas, on fera nos premiers pas de transition démocratique...
Qu'ils aillent en enfer, ici ils n'ont rien à faire, ces criminels fanatiques...
A tous nos martyrs, ayant succombé à des tirs, votre mort m'est traumatique...
Que Dieu vous gâte dans ses cieux, vous héberge sur des pieux poétiques...
Pour finir, déployons des efforts drastiques, soyons honnêtes, soyons sarcastiques, mettons le doigt sur les problématiques, quitte à être taxés d'hérétiques.
Notre peuple est mythique et on va gagner, c'est mathématique...


samedi 7 mai 2011

Je suis un témoin oculaire d'une Tunisie qui brûle...









J'étais au Centre-Ville aujourd'hui. 
J'ai la tristesse de vous annoncer solennellement que ce pays  brûle. 
Pourtant, j'ai une réputation de grand con d'optimiste, même quand ça va mal, avançant quoiqu'il arrive que "Lébés"...

J'ai vu des hommes indignés de la sauvagerie dont ils ont fait l'objet hier. 
J'ai vu des fonctionnaires de l'état dévoués à la cause du citoyen, prêts à leur fournir en abondance un gaz qui va droit au coeur au point de provoquer un larmoiement ému et sincère.


Des attroupements par ci, par là. Des jeunes surtout et des beaucoup plus jeunes. Certains serrant des pierres dans les mains, d'autres justes effarés de voir leur Tunisie sombrer et leur révolution violée en public.

J'ai vu une police concentrée sur l'avenue Habib Bourguiba mais qui menait à chaque fois un assaut sur une des rues avoisinantes, violentant tout ce qui bouge avec une barbarie inouïe. 
J 'ai vu aussi pour être honnête, des manifestants qui les provoquaient. 
J'ai vu des visages angéliques et d'autres balafrés. J'ai vu des femmes, des enfants, des voilées, des sexys, des pauvres, des riches. 
J'ai vu un pays sous le choc. J'ai vu un peuple qui pleure à pleine voix sa peine d'être toujours de la chaire à canon pour ces politiques véreux attablés dans un resto chic qui se partagent sans aucun scrupule les tranches d'une pizza succulente nommée Tunisie en se foutant royalement des pions qui esquivent les tirs de bombes lacrymogènes sur lesquels il y a écrit en gras: MKII-560CS à croire mes yeux.

Des yeux baignés de larmes. Des larmes meurtris de ce mélodrame qui dure, de ce rêve qui foire à coup sûr. 
La liberté chez nous a eu une sacrée odeur lacrymogène. 
Le rêve chez nous a massacré les ambitions sans gêne. 
La trêve chez nous n'aura duré que le temps qu'on nous morigène.

Dans un des assauts de la police en notre direction, et nous étions au niveau de la zone du passage de Tunis, j'ai couru à n'en plus finir, à ne plus sentir mes jambes. 
Courir non pas pour fuir ni pour en finir. Courir pour aller de l'avant, courir vers l'avenir. 
Avec un présent qui cale et un passé loin de me convenir. 
Je suis rentré certes, mais je compte bien revenir. 
Demain, après demain hantant les pas des inhumains. 
Le thorax exposé, les mains nues, les idéaux apposées sur mes lèvres charnues.

Ma Tunisie, si une bombe lacrymogène venait à percuter mon crâne, m'ôtant la vie au passage, saches que ton amour survira à mon âme. Quand je serai charogne, que les insectes nécrophages se régaleront de ma trogne, je garderai toujours ma main sur ta joue déposée et la tête sur ton épaule adossée. 

D'ici là, dors bien. On ne mourra pas aujourd'hui, peut-être un peu demain. Mais je resterai à jamais face à ta splendeur un éternel gamin qui s'émerveille de ton sourire à l'odeur du jasmin...

vendredi 6 mai 2011

Silence, ça réprime !



Hier je me suis réveillé avec du sel dans la gorge. Farhat Rajhi nous a gratifié de bombes nucléaires en guise de déclarations. Tout y va: "Gouvernement de l'ombre", "Rchid Ammar prépare un coup d'état si Ennahdha remporte les élections", "BCE a menti à propos de ma démission"...

Le matin même, Rajhi parle sur les ondes d'Express FM pour dire qu'il est sûr de ces propos, qu'il savait qu'il était filmé et qu'il persiste et signe. 
La Tunisie s'embrase, le calme précaire devient vacarme austère ou simplement chaos, si tu préfères. Mais que dire que faire ? 

On craint le vendredi de la colère. On craint les rayonnements solaires. On craint la jeunesse qui a du flair. La liberté étant un acte pervers. On le matraque et on le classe dans les faits divers. C'est le prestige de l'état qui le requiert.
Sur les activistes, l'étau se resserre. On les éviscère. On les incarcère. On les traite comme un cancer. 

Rajhi se rétracte. "C'étaient des suppositions, vous dis-je. On m'a piégé"
Héros de la nation ? Faussaire ? Irresponsable ? Maladroit ? 

Le fait est là que le peuple n'a plus confiance en ce gouvernement pour qui la justice n'est pas une priorité. 
Plus d'une centaine de magistrats véreux sont encore en poste. La Tunisie ne fait pas d'efforts pour récupérer son argent ici et là. 

Pendant ce temps là, à l'avenue Habib Bourguiba, sous une journée ensoleillée, une foule se rassemble, "A bas Sebsi ! A bas le gouvernement " crient-ils. 
On prendra tout de même le temps de leur répondre un à un en les caressant avec des matraques fraîchement débarquées de nos pays amis. Mais si la police est sadique le peuple n'est pas maso. 
Problème ? 
Non ! répondis-je ! 
Pour émouvoir la foule rien de tél que les gaz lacrymogènes. On aurait pu leur lire le conte de ce peuple mort pour sa dignité et sa liberté pour susciter leurs larmes mais ce serait trop long.

Puis, des journalistes passés à tabac. Des méthodes qui font un tabac. Le local de la presse violé par la BOP.  Des appareils photos confisqués ou cassés.  Des arrestations à l'aveugle...

"Non, merci !
Je ne veux pas de café. 
Les excitants irritent mes nerfs..." 

Dure journée... 
Et dire que c'était mon premier jour de congé depuis trois mois de dur labeur. 
Une révolution 2.0 serait-elle en train de voir le jour ou peut-être ne seraient-ce que les derniers soubresauts d'un peuple qui rend l'âme. 

Toujours est-il, Sebsi et cie, que la répression n'a jamais été la solution pour museler notre peuple ! ZABA l'a appris à ses dépens. Combien faudrait-il que vous nous frappiez de plein fouet avant de comprendre que mis à part les bleus que vous nous causez, c'est toute notre dignité que vous bafouez. 
Toutes les polices du monde me révoltent, sauf le Times New Roman, d'ailleurs j'utilise le Verdana ! 

"Aujourd'hui, c'est donc le vendredi.
Demain, ce sera le samedi. 
Je prendrais du thé, w bagla liha" 


dimanche 1 mai 2011

Ennahdha ou l'art de la victimisation


Ennahdha, parti interdit pendant des décennies, jouit actuellement de tous ses droits. Les responsables du parti sont présents sur tous les fronts, invités sur les plateaux télé, font des interviews à répétition dans les journaux, font des meetings un peu partout et disposent de moyens visiblement colossaux pour fédérer le maximum de partisans derrière leur propagande rodée et efficace.

Cela dit la victimisation demeure l'une de leurs meilleures armes pour faire parler d'eux. Le holocauste des islamistes pendant les années de plomb est l'argument le plus récurrent dans le discours "nahdhaoui".
C'est certes, efficace je vous l'accorde mais loin d'être un argument en bonne et due forme.
Pleurer pour avoir le pouvoir, je veux bien. Mais, si Ennahdha arrivait au pouvoir ? Nous ne savons rien sur ce qu'elle compte entreprendre.

Il faut essayer d'user d'arguments politiques, sociaux et économiques. Un programme dans les règles de l'art sans bien sûr tomber dans la concurrence déloyale, recourant à tort et à travers à l'inévitable justification divine.

Nous sommes tous les enfants du seigneur et personne n'a le droit de prétendre être plus musulman que les autres encore moins en se basant sur un code vestimentaire ou une des poils sporadiques sur le menton et les joues.

Ce qui se passe en réalité sur le net tunisien, c'est que les jeunes ont légitimement peur pour leurs libertés individuelles après que le "sheikh" ait déclaré ouvertement aux médias ses intentions liberticides (Cliquez ici).

Etant une jeunesse à l'humour corrosif de nature, connue de par le monde pour sa gaieté et son esprit satirique, ils "attaquent" Ennahdha à leur manière avec un esprit bon enfant. Ainsi, peut-on lire des noms de pages sur facebook du genre: "La jeunesse d'Ennahdha communiste", "La jeunesse d'Ennahdha marxiste" et j'en passe.

Mais ce n'est apparemment pas du gout du gout d'Ennahdha qui a choisi de porter plainte contre les admins de ces pages trouvant qu'on porte atteinte à son image par ce genre de blagues.

Pourtant, tous les autres emblèmes de la scène politique tunisienne ont été pris à partie... Des lunettes de Moncef Marzouki, à la calvitie de Nejib Chebbi en passant par les moustaches de Hamma Hammemi.
Tous sauf Ennahdha ont joué le jeu de cette jeunesse frustrée par la dictature et dont l'humour a été et demeure une constante vitale.

Le dernier artifice pour se victimiser aux yeux du monde et de l'opinion publique remonte à hier  avec les évènements de Monastir.
Ce qu'il en est en réalité, c'est que les nahdhaoui se sont attaqués à Bourguiba qui est vénéré à Monastir, sa ville natale, c'est très compréhensible.
La ville bouillonnait littéralement avant la venue d'Ennahdha. Les leaders de ce mouvement ne s'en sont tout de même pas préoccupés. C'était quand-même une provocation à la foule et les leaders d'Ennahdha endossent eux aussi une grande part de responsabilité.

Il ne faut pas oublier que l'acteur Atef Ben Hassine a frôlé de justesse le lynchage à Monastir à la fin mars après une déclaration à propos Habib Bourguiba qui a été mal-digérée. (Cliquez-ici)
Il a payé le prix de l’idolâtrie que voue cette région au Zaïm historique. Il n'est pas islamiste pour autant.

Par ailleurs, les témoignages de mes amis qui étaient sur place confortent la thèse avancée sur cette vidéo:









Pourtant, on ne voit que les réactions hystériques de barbus qui sont outrés par la sauvagerie gratuite de la foule et son penchant inquiétant pour le blasphème, comme vous pouvez le voir sur cette vidéo. (Cette personne filmée est en train de péter un câble, le terme médical est la "Crise H" dans sa forme masculine)









La vérité, ce n'est pas à moi de la déduire mais à une enquête sérieuse de la déterminer pour que les intentions des uns comme des autres soient mis à nu.

Parce qu'à croire mes amis, cela virerait vers la manipulation pure et dure et c'est tout ce que nous refusons.

Cela servirait à faire quoi au juste de jouer sur les sentiments des foules  ? Provoquer des incidents pour faire passer insidieusement l'idée d'être persécuté afin de créer des tensions de plus dans une société en pleine métamorphose ? 
A quel prix ? 

Nous sommes un peuple uni. Nous avons la même religion. Un même Dieu. Une même patrie à unir. Un même pays à rebâtir. Les mêmes acquis à préserver.
Ce que nous craignons c'est juste qu'une partie de la population se prenne un jour pour  Dieu et empêche les autres de vivre pleinement leurs libertés individuelles au même titre que celui de se prosterner, celui de boire un coup ou de voir sa petite amie tranquillement. 

Tout cela vient, faut-il le rappeler après un prêche du vendredi aux berges du lac de Tunis faisant l'éloge de l'excision des fillettes (No comment) ainsi qu'un sermon suivi d'une manifestation en pleine avenue Habib Bourguiba où des épées ont été arborées par les manifestants incitant ouvertement à liquider physiquement un instituteur qui a porté atteinte à la personne du prophète. (Clique sur ce lien)
Je signale à titre de rappel que nous vivons dans un état de droit et non dans une république bananière. 

Ceci dit, je persiste à croire que tout va s'arranger et que pour le moment malgré tout et comme le dit la magnifique Neyssatou: Lébés ! 

نْحبِّكْ يَا تُونس

تهون الحياة خمسُ مرّاتٍ في اليومِ الواحِدِ في حُبِّكِ يا تونسُ.

تَبكي عينايَ لأنّي لم أستَشهِد يومًا في عِشْقِكِ ويطيرًُ القلبُ فَرَحًا بِأنّي حَيٌّ أُرزَقُ لِأَرْزُقَ تُرابَكِ قُبلَةً على الجبينِ وعَشرةً على الوجنتيْن.

إنتي باب الجنّة والمْجاز، إنتي في الشّبوبِيّة إعجاز، إنتي بِنّة على بِنّة، إنتي الوطِيّة إنتي الحِنّة، إنتي الأُمّ، إنتي الكِنّة.

ماحبّيتش وعُمري ما نْحِبّ و طول عُمري في عوض نْصبّح نْسِبّ، ما نْفَرّق بين قصورات وخرب، كي ريتك قُلت هذه هيّ، أميرة الحضارات المِنسيّة، آلهة الجمال والحُرّيّة.

بترابِك بشطوطِك، بوْلادِك بجدودِك، بفُمِّك بخْدودِك، بأَرضِك بحدُودِك، بصَحرتِك بهَبلتِك، بجْفاك بلَمْستِك، بهَوانِك بقُوّتِك، بلْحيك بيسارِك، بشْوارعِك بدْيارِك.
حَبّيتْ فيك روحِك الخفيفة، الخليط بين ريحة الياسمين والجّيفَة، عينِيك وأجْفانِك، كراسِيك وأكْفانِك.

حَبّيتِك حتّى ماعادش الحُبّ، حَبّيتِك كيما يَحْكيوْ في الكتُب، بلا طمع في فلوسِك ولا في مناصب، غير مشمومِك قُدّامي وأنا شايِخ ناصِب.

يا تونِس إسْمَعني نَحكيلِك حكاية، حُبّي ليك عُمرو ما يكون ليه نهاية. في أرضِك تولِدت وفي ترابِك يِدفنُوني، وكلامي عُمرو ما يِتبَدِّل ولو تعمِل فِيَّا الدُّونِي.

موعِدنا في تُمْبُك جويلية نهار عيد ميلاد جديد، نهار إنتخاب المجلس بإرادة شَعبِيّة من حَديد، وأنا بحُكم الأغلَبِيّة راضي والله على ما أقوله شهيد.

vendredi 29 avril 2011

النشرة الإخبارية التونسية بدون لغة خشبية



أعزائي المشاهدين، عزيزاتي المشاهدات مرحباً بكم في نشرتكم الإخبارية وهذه عناوينها:

قد ألقى السيد الباجي قايد السبسي، أعلى هرمنا في السلطة خطاباً اليوم لم نفهم من جد والديه ولا حرفاً يا بوقلب حيث ندخل من باب فنخرج من خوخة والرسمي ربي يجيبو. وللتذكير فإن رئيس الحكومة المخضرم روحه خفيفة وقد ادلى بالعديد من النكت تجدونها على موقعنا الإلكتروني كما قد لا تجدونها نظراً لأن شبكة توبنات تفلي جملة.

هذا وقد اعرب السيد عبد الرزاق الزواري وزير التنمية أنه: في نطاق التّنمية الجهويّة العادلة الكرتوش يخيّط في الذّهيبة والقنابل تسهر في ڤمّرت وقد لاقى هذا الخطاب صدى كبير خاصةً عند أهالي المرسى وسيدي بوسعيد وحتى أبناء حي النصر الأبرار.

أما بعد فيا جماعة رانا ما عاش فاهمين من والديها شي... ومن الأرجح أن تكون هذه الثورة، ثورة الخدع السينيمائية حيث محمد البوعزيزي طلع قليل تربية، السرياطي طلع خاطيه، عماد الطرابلسي طلع ضحية المخدرات ،المدونين طلعوا مجرمين والحاكم يفشخ فيهم على بعضهم والقناصة والتجمعيين وغيرهم من الفساد ولاو في زمان وجيز أكبر ثوريين وصرنا بقدرة السميع العليم فوضويين كلاب بنين كلب.  

في ما يخص حركة النهضة فإننا نهدي لهم أغنية جورج وسوف سلمتك بيد الله نظراً لتعدد اللهجات و وجود ألفين خطاب ماخو كل مرة إتجاه جديد في صلب حزب واحد من المفروض يكون عندو رأي واضح وجلي في مسائل جوهرية. واحد يجي يقلك رانا نحبوا اللائكية وهذاكا منهجنا، الآخر يقلك رانا حركة جهادية مسلحة، الآخر يقلك احنا عندنا نفس أفكار القاعدة والإتجاه الإسلامي، واحد يقلك لا دخل لنا في الجوامع والآخر يصرح إلي بدلو الأيمة على كيفهم... وتجي تبعهم تدوخ.

في ختام نشرتنا نذكر أن المدون بوقرنين وقعت تسميته وزيراً للداخلية فرفض، فتم تعيينه مكان الباجي قايد السبسي الذي فضل التركيز على نشاطه الفكاهي المسرحي في دور الثقافة والمسارح، فرفض. ثم علمنا أنه عينه الرئيس الأمريكي باراك اوباما مستشاراً خاصاً في البيت الأبيض فأجهش بالبكاء حتى أغمي عليه وهو الآن في العناية المركزة.

دمتم في رعاية الله ونووورمال  

jeudi 28 avril 2011

A quoi joue la police tunisienne ?



La police tunisienne a tabassé, assassiné, humilié, épié, fiché, surveillé, transgressé les lois et commis des abus à tout va durant l'ère du président déchu.

Pourtant, ils ont été les premiers à récolter les fruits de la révolution tunisienne.
Ils ont gagné à être syndiqués. Ils ont obtenu une augmentation de salaire très significative. Ils ont bénéficié de mesures exceptionnelles d'amnistie pour les policiers qui ont été injustement écartés. Mis à part quelques rarissimes cas d'agents qui ont été jugés, la majorité écrasante n'a pas été inquiétée.

Pourtant ce sont leurs brodequins qui ont écrasé les boites crâniennes des tunisiens depuis des décennies !
Les bourreaux de ce peuple, ceux qui n'ont pas hésité une seule seconde à tirer sur leurs compatriotes, sont désormais les heureux bénéficiaires d'une récolte qu'ils ont tenté par tous les moyens de détruire.

J'ai déjà dans un récent billet (cliquez ici) reconnu qu'il n'était pas de tout repos d'être policier à l'heure qu'il est dans ce pays où tout est hors de contrôle.
Cependant, aujourd'hui il me parait évident que cette police faillit à sa mission.
Ces citoyens assermentés pour servir leur patrie font désormais dans la surenchère sans aucun scrupule.
On l'a vu notamment pendant le match qui a opposé le CAB au CSS et qui s'est terminé en catastrophe avec pour déclencheur, la fuite des policiers.

Des blogueurs sont passés à tabac pour peu qu'ils aient la mauvaise idée de couvrir un évènement pacifiste, légitime et spontané d'un peuple qui a offert son sang en échange de sa liberté de penser, de s'exprimer et de manifester.

Cette même police devient tout à coup bienveillante quand il s'agit de manifestations de RCDistes qui réclament leur réhabilitation et leur refus d'une exclusion collective.

Des vieux réflexes qui trahissent l'ancienne architecture du pouvoir en Tunisie ? Les dogmes selon lesquels l'état c'est le RCD, que l'état c'est la police et que par conséquent la police c'est le RCD ?

Ces derniers jours la police multiplie les grèves et enchaine les manquements à leurs obligations.
Pour une fois bon sang, agissez en tant qu'Hommes et arrêtez d'exister en tant qu'animaux féroces sans discernement ni foi ni loi. Prenez exemple sur la bravoure et la dignité du peuple tunisien dont vous faites à priori partie.

dimanche 24 avril 2011

Tunistan 2050



Assalamou alaykom !
A tous mes frères et sœurs qui ont choisi le chemin du Très-Haut, passez votre chemin en paix et à tous les autres, il est écrit que je vous combattrai jusqu'à la dernière goutte de sang qui circulera dans mes veines.
Ce jour est le mardi 19 Joumada Awal, un jour ensoleillé par la grâce du miséricordieux.

Je sors de chez moi à l'instant après avoir utilisé de l'écorce de noyer, plus connu sous le doux nom de Souak pour blanchir mes dents et imprégner ma bouche d'une magnifique haleine. C'est la méthode ancestrale, celle de l'homme le plus complet que cette terre ait pu porter. Je cite le prophète Mohammed, messager de Dieu.

Je porte une djellaba. J'adore cet habit. Au départ, quand Ennahdha au pouvoir depuis presque un demi-siècle ont imposé aux hommes de la porter, je n'étais pas très convaincu. Maintenant, je  commence à apprécier.
Mis à part que la djellaba est parfois trainée dans la boue par temps pluvieux et cela  cause quelques désagréments à nous autres, pieux qui vont dans les mosquées cinq fois par jour au minimum.

Je dis au minimum, parce que les mosquées ne ferment plus leurs portes. On peut y aller à tout moment.
Pour lire le coran, discuter, implorer Dieu ou se reposer. Certains viennent même y manger. Mais le plus clair de notre temps on le passe à discuter de politique et des moyens dont on pourrait user pour contrer la franc-maçonnerie internationale dans son projet planétaire diabolique visant à éloigner les Hommes de la religion de Dieu, l'islam.

Cela fait des décennies qu'il n'y a plus de football en Tunisie. Le sport, véritable opium du peuple a été banni des stades devenus depuis, le lieu de rendez-vous hebdomadaire  incontournable où l'on vient à souhait assister non sans délectation à la lapidation d'une femme infidèle ou à la décapitation d'un meurtrier ou à une autre partie du corps qui vole en éclats à la mesure de la décadence de leur détenteur.

J'ai un voisin qui s'est avant hier aventuré, que l'enfer l'héberge à jamais, à parler à une fille qu'il ne connaissait pas dans la rue. Elle qui se protégeait de ce genre d'énergumènes en portant le niqab, n'était tout de même pas à l'abri de ces âmes malades.
Le voisin en question qui est au passage un jeune de 19 ans a été émasculé par un groupe de frères qui veillent au grain face à cette menace de débauche qui tente vainement, par la grâce divine, de mettre à mal tous nos efforts révolutionnaires islamiques bénis de Dieu depuis un certain 14 janvier où notre guide spirituel Rached Ghannouchi a chassé de ce pays qui est le nôtre, le sanguinaire Ben Ali qui nous torturait dans son "septième".

Aujourd'hui, nous vivons dans un havre de paix où l'alcool est strictement interdit ainsi que le tourisme. Ce n'est pas que l'on soit xénophobes... Mais le tourisme a le méfait de pulvériser les principes. Et notre religion n'est pas à vendre pour une somme misérable en devise.

Nous sommes tous devenus depuis, des agriculteurs. Nous semons, nous récoltons, nous cultivons. Nous vivons bien.
Il reste, cependant, encore des rats qui vendent l'alcool au marché noir. Mais machaâllah, dés qu'on en attrape un, il paie pour tout le monde. Le dernier en date, c'est Larbi qui sous-couvert d'une barbe,  vendait à ces dépravés ce poison prohibé par Dieu et son prophète.
Il a été corrigé par une balle en pleine tête en pleine rue par la brigade des mœurs. Qu'il pourrisse en enfer !

Par ailleurs, la femme tunisienne a repris sa place habituelle au sein de la société. En d'autres termes, elle reste chez elle, elle s'occupe des enfants, elle prépare à manger, elle fait la vaisselle... En bonne mère de famille.
C'est à elles qu'on devra la renaissance du monde arabomusulman. Ce sont elles qui donneront un jour naissance au prochain Salaheddine.
Elles sont de ce fait dispensées d'études et de travail.
Quand elles sont dans leurs foyers. Les femmes sont autorisées à quitter leurs beaux niqabs même si dans la religion de Dieu, les oulamas se sont accordés à dire que c'est haïssable.
C'est à dire qu'il est préférable qu'elle le garde 24/24. Il est vrai que pour faire pipi, ce n'est pas la joie.
Mais Dieu nous gratifie de "hasanat" à mesure que l'on donne de soi.


Il n'y a plus de musique mis à part les anachids, plus de cinémas sauf les films de propagande, plus de Nouri Bouzid, plus de Moufida Tlatli, plus de sales mécréants qui nous foutent la honte devant nos voisins musulmans...

On a aboli la médecine moderne et concentré nos efforts sur les méthodes de guérison par le coran et la méthode du prophète qui vise à guérir tous les maux par la saignée connue du temps de Sayedna Mohammed sous le terme "Hijama".

C'est le bonheur ! L'identité retrouvée !

Je n'oublierai jamais un certain 24/7/11 date à laquelle Dieu a permis à ses fidèles de s'emparer du pouvoir face à des laïques renégats de la pire des races qui n'avaient d'yeux que pour l'occident.
Mais Allahou akbar ! Gloire à l'islam ! Vive notre éternel guide spirituel : Rached Ghannouchi Al Afghani !






vendredi 22 avril 2011

Ces libertés toujours prises en otage !


Toute personne naît libre, vit libre et meurt en tant que tel.

Libre de penser, de s'exprimer, de croire, d'idolâtrer, de danser, de crier, de parler, de sourire, de vivre, de sautiller, de courir ou de marcher, de dormir ou de cravacher, d'avaler ses mots ou de les cracher, d'exposer ses maux ou de les cacher.
Notre liberté de s'exprimer, on l'a arrachée à nos oppresseurs au prix du sang de nos jeunes, de quelques jambes amputées et de quelques reins fracassés.


Aujourd'hui nous sommes toujours privés de certains des droits de l'homme les plus élémentaires. Je cite à titre d'exemple, celui d'être décadent quand on le veut sans subir les remarques déplacées de moralisateurs à deux balles repentis il y a deux jours et qui après avoir joué aux cowboys pendant des décennies, se prennent pour Dieu, excusez du peu !
En effet, avec la montée en puissance de l'intégrisme religieux tenant un double discours tellement bien rôdé qu'il me fait craindre le pire et disposant d'un financement colossal, nos rêves sont menacés au même titre que ces libertés individuelles pour lesquelles nos aïeux ont bataillé dur.


Par ailleurs, l'Homme africain ou plus généralement, celui qui a le malheur de naître dans un pays sous-développé est privé de sa liberté de circulation.
On a parfois du mal à le saisir, mais l'Homme est libre de circuler là où bon lui semble, là où il se sent à l'aise. Tous ces obstacles ne sont que foutaises ! Visa et autres formalités sont des mesures liberticides et nous vivons dans un monde qui n'applique le bon sens que la où réside l'intérêt du puissant.

Une petite pensée à nos frères dans des cages à ciel ouvert à Lampedusa, à Trapani  et  ailleurs. Ceux là qui ont passé les frontières au péril de leurs vies avec pour unique rêve celui d'une vie meilleure.
Vous passez pour des hors-la-loi certes mais en réalité, vous êtes des guerriers de la liberté. Tous ces avions charters qui vous rapatrient comme de minables cargaisons, c'est inhumain ! c'est inadmissible!
Au diable les indicateurs économiques ! Au diables la xénophobie ! Il y a de la place pour tout le monde sous le soleil !
Je finirai avec le titre d'une chanson du grandiose chanteur ivoirien Tiken Jah Fakoly "Ouvrez les frontières !"