Les fidèles du Boukornine

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lundi 18 janvier 2010

Le fiasco vaccino-grippal





Loin de toute vantardise, j’avais trouvé dés le début cette surmédiatisation de la grippe A exagérée.
La grippe tue en effet tous les ans plus que n’a tué la grippe A.

Il faut dire que l’évolution était imprévisible, qu’on pouvait s’attendre à tout.
Mais de là à l’ériger au rang de catastrophe nationale c’est vraiment excessif.
D’ailleurs en Tunisie, beaucoup de médecins en ont fait l’amère constatation. La gestion de cette pandémie relevait plus de l’affolement que de précautions sages et fondées.

(La Tunisie n'est pas une exception dans le monde dans ce cas de figure. Ce modèle de gestion de cette crise étant le plus répandu dans le monde.)

Sauf que pour de nombreux éminents professeurs en médecine, la grippe A était vite devenue un cheval de bataille.
Ils étaient très fréquemment invités à s’exprimer sur le sujet.

Les spots de sensibilisation à propos de la grippe A sur TV7 par exemple, avaient réussi l’incroyable exploit de dépasser largement les bandes d’annonce des émissions produites par le tout puissant Cactus Prod en nombre de minutes.

J’ai vu de mes propres yeux des femmes, s’enfuir en criant : « Les porcs ! Les porcs ! *» à l’entrée des urgences de l’Hôpital Mongi Slim rien que parce qu’elle avait aperçu un infirmier portant une bavette chirurgicale.

La médiatisation, l’affolement des responsables et des médecins ont fait que la panique a diffusé au sein de la population.
Naturellement, les labos pharmaceutiques avaient empoché le jackpot !
Parce que tout malheur fait des heureux quelque part.

La Tunisie avaient été l’un des premiers pays à ramener le vaccin.

Des moyens colossaux mis en œuvre, un plan d’urgence phénoménal digne du roman La peste de Camus, une quantité énorme de vaccins importée, des médias aux aguets pour expliquer au commun des mortels les moyens jugés suffisants pour limiter la propagation de cette maladie mortelle. (Des mesures draconiennes que je trouve simplement inapplicables)

Cependant face à toute cette bonne volonté de l’état tunisien, le peuple a décidé (pour une fois) de se rétracter !

« Ils ont dit que le vaccin était plus dangereux que la maladie elle-même ! »
« J’ai vu sur internet… dans le journal télévisé de France 2… aux Etats-Unis.. »

Le peuple tunisien a évolué depuis le temps. On n’est plus dans l’ère de l’analphabétisme où le peuple suivait bêtement les directives.
Le peuple n’est plus (totalement) dupe !

Pourtant d’après mes constatations personnelles, les ventes de vaccins contre la grippe habituelle ont nettement augmenté.

Même au sein du corps médical, les abstentions dépassèrent toutes les (in)espérances. (Même celle Sportive de Tunis !)

Face à ce fiasco, l’état intensifie le matraquage médiatique. Des footballeurs, des artistes, des personnages célèbres sont invités à donner l’exemple face aux caméras de TV7.
On pouvait presque lire à travers ces spots « Vaccinez-vous SVP ! Qu’est-ce qu’on va faire, sinon, de ce stock (en plus périssable) de vaccins qui seront sous peu inutiles mais qu’on s’est arraché à vous fournir ! »

Les jours passent et toujours rien ! Aucune réaction !
Pire encore, Roselyne Bachelot, Ministre de la santé de l’état français, déclare l’épidémie terminée en France confirmant la tendance baissière da la contagion.
Dans son pays, bien sûr, elle est décriée. Une commission d'enquête s'occupera d'expliquer aux français les raison de ce fiasco! (Etant elle même une pharmacienne de formation. Dans ce domaine il y a beaucoup d'argent en jeu... Ils ont tout de même raison de se méfier.)

Cela étant dit, à la place des responsables, j’aurais fait la même chose. Dans tout ce qui engage la santé de la population vaut mieux pêcher par excès que par défaut.
D’autant plus que, comme je l’ai souligné, l’évolution était imprévisible au départ et on aurait bien pu être confronté à des situations beaucoup plus dramatiques.



*Probablement en rapport avec l’appellation initiale de la grippe A : Grippe porcine qui a été ensuite révisée par l’OMS vu qu’elle n’avait aucun fondement scientifique. Le porc étant simplement l’animal où a été recombiné le virus et ne représentant pas un risque réel quant à la transmission humaine.

jeudi 10 décembre 2009

Le terrorisme médical ou le calvaire d’un tunisien grippé





La pandémie de la grippe, voilà un nom dont la simple évocation fait trembler des bataillons de guerriers surentrainés, à la musculature saillante et au courage pourtant démesuré.

En Tunisie, les médias font comme tous les médias du monde. Parce qu’à ce niveau aussi la contagion est d’une vitesse effrénée.
Comme le bulletin d’informations est d’un creux inimaginable, on se laisse prendre par la magie de diffuser la terreur dans les concitoyens.
Pour faire comme les confrères. Parce que le journalisme est aussi un de ces milieux où la solidarité justifie les moyens parfois.
De toute façon, l’audimat justifie tous les moyens et toutes les ruses. Cette dernière idéologie est hélas, une règle d’or.

Le terrorisme médical bat son plein dans le monde. L’OMS se dit inquiète et semble même affolée face à cette grippe A.
La grippe ordinaire tue chaque année des centaines de milliers de personnes. Je n’ai pourtant jamais vu une mobilisation ou une campagne quelconque sur le sujet. Peut-être que les labos qui produisent les vaccins contre la grippe n’ont pas la main aussi longue que ceux de la grippe A.

En Tunisie, comme partout ailleurs j’imagine, la panique a diffusé vers la population.
Il suffit aujourd’hui, de porter une bavette pour passer pour un individu galeux que l’on devrait fuir à tout prix.

Cette expérience je l’ai vécu à travers un proche qui vient de présenter quelques signes évocateurs d’une grippe.
Toux, écoulement nasal, larmoiement (Catarrhe), douleurs musculaires, fièvre…
Je lui ai conseillé d’aller consulter à l’hôpital de l’Ariana, où comme dans tous les hôpitaux et centres de santé, des bureaux ont été entièrement réservés à la grippe.

Il m’a raconté que dés son arrivée, et juste après avoir prononcé le mot magique « Puis-je savoir où se trouve les consultations de la GRIPPE ? », le personnel soignant et même les gardiens n’ont même pas daigné le regarder, se sont gentiment éloignés de lui faisant un signe vague de la main.

Dans son incompréhension, il a préféré se retirer et aller seul à la recherche du médecin.
Ce dernier l’achèvera finalement en prononçant la sentence on ne peut plus lourde de conséquences : « Vous avez vraisemblablement la grippe A ».

Oui !
Merci !
Une bavette lui donnant des airs d’un évadé d’un des pavillons de haute surveillance d’un hôpital psychiatrique étasunien. Comme ceux qu’on nous montre dans les thrillers américains.
En sortant, aucun taxi n’a accepté de s’arrêter pour le déposer chez lui, à deux kilomètres de là. Il a du tant bien que mal, prendre son courage à deux mains et marcher.
En arrivant il trouva que l’information avait déjà fait le tour du quartier. Aucun de ses voisins qu’il venait de saluer n’avait pris la peine de lui répondre.
Ils ont tous préféré fuir frénétiquement sans même faire semblant qu’il était pareil qu’hier, un voisin bien-aimé par tous.

En entrant chez lui, sa propre famille. Ses femmes et ses enfants tous deux adolescents, lui réservèrent une surprise de taille. Il était mis en quarantaine dans une chambre.
On le pria gentiment de ne pas en sortir jusqu’à nouvel ordre.
Il croyait halluciner. Pourtant ce n’était que la vérité crue.

Même ceux à qui il téléphonait pour leur annoncer la mauvaise nouvelle, ne décrochaient pas. A le croire la grippe se transmet par téléphone aussi. Pourquoi pas !

Un ami d’enfance en arriva même à l’accuser de lui avoir transmis le virus non sans un brin de reproches.

Excédé, usé mentalement et même marqué au fer rouge après seulement 24 heures d’isolement et de haine incompréhensible. Il décida sans tarder d’aller faire un test de la grippe dans le laboratoire d’analyses le plus proche.
Ce test coute actuellement 30 dinars. Mais ce n’était pas très cher payé face à la délivrance qu’il pourrait ressentir si ce test revenait négatif.


Écouvillonnage nasal, la réponse était venue par téléphone, parce qu’on le pria, là encore, de quitter immédiatement après le prélèvement, les lieux. TEST NEGATIF !
Ce n’était qu’une vilaine bronchite.

Il s’en alla prévenir les autres.
Comme toujours, ils répondaient qu’ils savaient, qu’ils étaient juste occupés quand il les a appelés et qu’ils ne daignaient pas décrocher.

Désormais, il le sait, par expérience, dans ce contexte particulier, il vaut mieux attraper un cancer métastasé que cette abominable mais ô combien simple grippe A.

dimanche 15 novembre 2009

La Tunisie et la grippe A : Au diable les étudiants en médecine !



La Tunisie est l’un des pays qui prennent le plus de précautions pour essayer de limiter les dégâts de cette pandémie qui menace l’humanité.

Les tunisiens ont par exemple été privé d’aller en pèlerinage à la Mecque pour cette année.
Je tiens à saluer cette position. Aucun pays arabe n’en a eu le courage.

Cependant, il est naturel de faire bénéficier tout le personnel de santé du vaccin contre cette forme de grippe vu le risque accru de contagion quand on est en contact permanent avec des malades et d’éventuels porteurs de ce virus.

Les responsables n’étaient pas du même avis.
Les externes (étudiants en médecine qui, rappelons-le, doivent se présenter dans leurs stages respectifs six jours sur sept, de huit heures à midi et de qui on exige une présence maximale au lit du malade) ne sont pas compris avec le personnel médical. Ce qui est une aberration magistrale.

La vaccination sélective. Une nouvelle forme de ségrégation envers cette population estudiantine spécialement réputée pour ses incroyables capacités à fermer sa gueule même quand ses droits les plus élémentaires sont bafoués, en l’occurrence maintenant, celui d’apprendre, d’aider sans risquer sa vie.

A bas cette « léthargie citoyenne » !

A bon entendeur !