Les fidèles du Boukornine

samedi 28 mai 2011

Un slam pour les internes et résidents tunisiens






Je suis un des innombrables stagiaires internés.
Aux visages cernés, au rythme de gardes effréné,
Armés que de leur volonté et d'un simple carnet.
Dévoués pour leurs malades à longueur de journée.
Trouvant que c'est tout à fait normal de devoir marner.
Insurgés par les propos indignes des responsables bornés,
Plongés dans l'incompréhension, parfaitement consternés,
Comment ose-t-on de nos efforts sincères baliverner,
Désormais on se taira plus pour nos droits profanés,
Pour nos malades bassinés, constamment embobinés,
Sur des brancards de fortune tristement acheminés,
Par le manque de moyens à une mort bête destinés,
Sur les efforts, sachez-le, on n'a jamais lésiné,
Aller à l'intérieur sans infrastructure équivaut à vous guillotiner,
Nous préférons encore faire grève, à nos principes cramponnés,
C'est l'hymne du malade que vous nous entendrez entonner,
On lutte pour des hôpitaux dignes pour les riches et les infortunés,
Ceux qui arborent des piercings et ceux qui préfèrent le henné,
On veut être impliqué dans la réforme comme tous les concernés,
On ne veut ni augmentation de salaire ni la révolution braconner,
Ce que nous tentons de faire c'est notre secteur, révolutionner,
Pour l'intérêt de nos malades, des tuberculeux aux orteils gangrénés,
Le mardi 31 mai devant le ministère de la santé, le RDV est donné,
L'équipe de garde sera en poste, le service minimum sera actionné,
Pour nos diplômes emprisonnés, nos rêves piétinés,
les fausses promesses ruminées et notre blouse blanche incriminée,
Ce peuple révolutionnaire qu'on tente insidieusement d'exterminer,
Nous serons forts, nous serons nombreux, nous serons agglutinés,
Pour plus qu'une âme malade ne se sente marginalisée et damnée.
Soyons unis ! Soyons de notre témérité et de notre patience ornés,
Plus jamais ce rêve de soins dignes pour tous ne devra être ajourné ! 

vendredi 20 mai 2011

Le bordel de la vie...




Le soleil se lève sur la douce planète Tunisie. Les rayons du soleil déplissent mon sourire et éclairent ma trajectoire.

Je monte à bord de la BoukornineMobile®, mets la musique à fond et m'envole vers ma destinée. Adepte des missions impossibles, je choisis la route la plus boueuse, le terrain le plus accidenté. 

Je m'envole comme jamais un humain ne l'a fait... Passionnément, intensément, les larmes aux yeux, le coeur battant sous une pluie battante. Mais personne ne comprendra. Alors vole ! Envole-toi vers les cieux grisonnants !

Même pas peur de l'orage... Même pas peur de Ben Ali ni de la BOP, ni de leurs bougres payés à 10 dinars la journée pour foutre le bordel partout où ils passent saccageant les commerces, terrorisant les passants. 
Même pas peur de la lacrymo, ne craignant pas de tendre vers mes idéaux. 


Voler à s'en brûler les ailes. Voler à se retrouver sans elle. Voler et n'écouter que Brel. Voler tel un nuage de sauterelles. 
Au diable l'existentialisme, au diable l'art et l'impressionnisme ! Mon coeur brûle après avoir été battu à mort avec une férule. 
Une pensée aux barques échouées et aux vagues qui caressent les barques échouées. 


Il n'y a pas de plus meurtrier que la vie. Mais ce n'est pas une raison pour ne pas en être ravi. Ravi d'exister, ravi pour ceux pas ravis à la fleur de l'âge. Ravis pour les désirs inassouvis, ravi pour les chimères à jamais poursuivis, ravi pour une vie sans vis-à-vis, ravi de ne pas être né en Scandinavie. Ravi pour ce navire qui coule sans capitaine, ravi de la voir sourire, cette demoiselle hautaine. Ravi pour les marches gravies, ravi pour ma détresse que j'écrivis avec le sang d'un peuple jadis asservi et aujourd'hui à l'honneur indivis. 


Aller vers l'avenir, s'armer de son présent, n'avoir que son coeur pour unique présent et sa bonne volonté pour se donner raison et une persévérance en toute saison. 
Aujourd'hui sème en attendant que demain tu cueilles, Je te promets rien, il te guette, tu sais le cercueil. Mais moi, je t'aime, je suis de ceux qui, sur ton ombre se recueillent. 


Je sais qu'il est très facile de dire "Je t'aime!" Quand on vit d'art et d'eau fraîche, ce quotidien de bohème. Mais tu sais, toi, tu es mon baptême, mon Jérusalem , celle qui me rend blême, qui me pousse au blasphème, ma solution mon problème, ma naissance mon requiem, mon unique ma suprême, ma connexion mon modem, ma prose mes poèmes. 


Je suis exemplaire, prends en de la graine, à cause de toi, les pieds je traîne, moi qui t'es offerte le statut prisé de reine, et qui t'ai légué sans penser les rênes. 


Nuage, m'entends-tu, j'arrive avec mes bagages et une dose minime de courage. N'essaie pas de faire barrage entre moi et les orages.


Tout cela n'est pas ma faute mais celle de Baudelaire qui m'a transmis son spleen alors que j'avais mieux à faire. 

Mourrons aujourd'hui pour renaître demain. Le sourire saura me reconduire vers le droit chemin. 

mercredi 18 mai 2011

Dis moi qui sont ces gens...




Dis moi qui sont ces gens qui se délectent de notre sang, au nom de la politique...
Je vis mal dans cet univers immonde, retouché à la chirurgie plastique...
Journalistes amateurs, militants profiteurs, aux convictions de tiques...
Des partis mal-partis, de mensonges sertis, nuls en pratique...
En ce jour, ils sont morts, nous laissant des remords et une vie chaotique...
Des militaires au patriotisme austère, en héros authentiques...
J'emmerde les intégristes, aux faciès tristes et aux idées dogmatiques...
Vos attaques, votre haine, vos déclarations hautaines, que des piqûres de moustiques
Ma patrie ne pleure pas, on fera nos premiers pas de transition démocratique...
Qu'ils aillent en enfer, ici ils n'ont rien à faire, ces criminels fanatiques...
A tous nos martyrs, ayant succombé à des tirs, votre mort m'est traumatique...
Que Dieu vous gâte dans ses cieux, vous héberge sur des pieux poétiques...
Pour finir, déployons des efforts drastiques, soyons honnêtes, soyons sarcastiques, mettons le doigt sur les problématiques, quitte à être taxés d'hérétiques.
Notre peuple est mythique et on va gagner, c'est mathématique...


samedi 7 mai 2011

Je suis un témoin oculaire d'une Tunisie qui brûle...









J'étais au Centre-Ville aujourd'hui. 
J'ai la tristesse de vous annoncer solennellement que ce pays  brûle. 
Pourtant, j'ai une réputation de grand con d'optimiste, même quand ça va mal, avançant quoiqu'il arrive que "Lébés"...

J'ai vu des hommes indignés de la sauvagerie dont ils ont fait l'objet hier. 
J'ai vu des fonctionnaires de l'état dévoués à la cause du citoyen, prêts à leur fournir en abondance un gaz qui va droit au coeur au point de provoquer un larmoiement ému et sincère.


Des attroupements par ci, par là. Des jeunes surtout et des beaucoup plus jeunes. Certains serrant des pierres dans les mains, d'autres justes effarés de voir leur Tunisie sombrer et leur révolution violée en public.

J'ai vu une police concentrée sur l'avenue Habib Bourguiba mais qui menait à chaque fois un assaut sur une des rues avoisinantes, violentant tout ce qui bouge avec une barbarie inouïe. 
J 'ai vu aussi pour être honnête, des manifestants qui les provoquaient. 
J'ai vu des visages angéliques et d'autres balafrés. J'ai vu des femmes, des enfants, des voilées, des sexys, des pauvres, des riches. 
J'ai vu un pays sous le choc. J'ai vu un peuple qui pleure à pleine voix sa peine d'être toujours de la chaire à canon pour ces politiques véreux attablés dans un resto chic qui se partagent sans aucun scrupule les tranches d'une pizza succulente nommée Tunisie en se foutant royalement des pions qui esquivent les tirs de bombes lacrymogènes sur lesquels il y a écrit en gras: MKII-560CS à croire mes yeux.

Des yeux baignés de larmes. Des larmes meurtris de ce mélodrame qui dure, de ce rêve qui foire à coup sûr. 
La liberté chez nous a eu une sacrée odeur lacrymogène. 
Le rêve chez nous a massacré les ambitions sans gêne. 
La trêve chez nous n'aura duré que le temps qu'on nous morigène.

Dans un des assauts de la police en notre direction, et nous étions au niveau de la zone du passage de Tunis, j'ai couru à n'en plus finir, à ne plus sentir mes jambes. 
Courir non pas pour fuir ni pour en finir. Courir pour aller de l'avant, courir vers l'avenir. 
Avec un présent qui cale et un passé loin de me convenir. 
Je suis rentré certes, mais je compte bien revenir. 
Demain, après demain hantant les pas des inhumains. 
Le thorax exposé, les mains nues, les idéaux apposées sur mes lèvres charnues.

Ma Tunisie, si une bombe lacrymogène venait à percuter mon crâne, m'ôtant la vie au passage, saches que ton amour survira à mon âme. Quand je serai charogne, que les insectes nécrophages se régaleront de ma trogne, je garderai toujours ma main sur ta joue déposée et la tête sur ton épaule adossée. 

D'ici là, dors bien. On ne mourra pas aujourd'hui, peut-être un peu demain. Mais je resterai à jamais face à ta splendeur un éternel gamin qui s'émerveille de ton sourire à l'odeur du jasmin...

vendredi 6 mai 2011

Silence, ça réprime !



Hier je me suis réveillé avec du sel dans la gorge. Farhat Rajhi nous a gratifié de bombes nucléaires en guise de déclarations. Tout y va: "Gouvernement de l'ombre", "Rchid Ammar prépare un coup d'état si Ennahdha remporte les élections", "BCE a menti à propos de ma démission"...

Le matin même, Rajhi parle sur les ondes d'Express FM pour dire qu'il est sûr de ces propos, qu'il savait qu'il était filmé et qu'il persiste et signe. 
La Tunisie s'embrase, le calme précaire devient vacarme austère ou simplement chaos, si tu préfères. Mais que dire que faire ? 

On craint le vendredi de la colère. On craint les rayonnements solaires. On craint la jeunesse qui a du flair. La liberté étant un acte pervers. On le matraque et on le classe dans les faits divers. C'est le prestige de l'état qui le requiert.
Sur les activistes, l'étau se resserre. On les éviscère. On les incarcère. On les traite comme un cancer. 

Rajhi se rétracte. "C'étaient des suppositions, vous dis-je. On m'a piégé"
Héros de la nation ? Faussaire ? Irresponsable ? Maladroit ? 

Le fait est là que le peuple n'a plus confiance en ce gouvernement pour qui la justice n'est pas une priorité. 
Plus d'une centaine de magistrats véreux sont encore en poste. La Tunisie ne fait pas d'efforts pour récupérer son argent ici et là. 

Pendant ce temps là, à l'avenue Habib Bourguiba, sous une journée ensoleillée, une foule se rassemble, "A bas Sebsi ! A bas le gouvernement " crient-ils. 
On prendra tout de même le temps de leur répondre un à un en les caressant avec des matraques fraîchement débarquées de nos pays amis. Mais si la police est sadique le peuple n'est pas maso. 
Problème ? 
Non ! répondis-je ! 
Pour émouvoir la foule rien de tél que les gaz lacrymogènes. On aurait pu leur lire le conte de ce peuple mort pour sa dignité et sa liberté pour susciter leurs larmes mais ce serait trop long.

Puis, des journalistes passés à tabac. Des méthodes qui font un tabac. Le local de la presse violé par la BOP.  Des appareils photos confisqués ou cassés.  Des arrestations à l'aveugle...

"Non, merci !
Je ne veux pas de café. 
Les excitants irritent mes nerfs..." 

Dure journée... 
Et dire que c'était mon premier jour de congé depuis trois mois de dur labeur. 
Une révolution 2.0 serait-elle en train de voir le jour ou peut-être ne seraient-ce que les derniers soubresauts d'un peuple qui rend l'âme. 

Toujours est-il, Sebsi et cie, que la répression n'a jamais été la solution pour museler notre peuple ! ZABA l'a appris à ses dépens. Combien faudrait-il que vous nous frappiez de plein fouet avant de comprendre que mis à part les bleus que vous nous causez, c'est toute notre dignité que vous bafouez. 
Toutes les polices du monde me révoltent, sauf le Times New Roman, d'ailleurs j'utilise le Verdana ! 

"Aujourd'hui, c'est donc le vendredi.
Demain, ce sera le samedi. 
Je prendrais du thé, w bagla liha" 


dimanche 1 mai 2011

Ennahdha ou l'art de la victimisation


Ennahdha, parti interdit pendant des décennies, jouit actuellement de tous ses droits. Les responsables du parti sont présents sur tous les fronts, invités sur les plateaux télé, font des interviews à répétition dans les journaux, font des meetings un peu partout et disposent de moyens visiblement colossaux pour fédérer le maximum de partisans derrière leur propagande rodée et efficace.

Cela dit la victimisation demeure l'une de leurs meilleures armes pour faire parler d'eux. Le holocauste des islamistes pendant les années de plomb est l'argument le plus récurrent dans le discours "nahdhaoui".
C'est certes, efficace je vous l'accorde mais loin d'être un argument en bonne et due forme.
Pleurer pour avoir le pouvoir, je veux bien. Mais, si Ennahdha arrivait au pouvoir ? Nous ne savons rien sur ce qu'elle compte entreprendre.

Il faut essayer d'user d'arguments politiques, sociaux et économiques. Un programme dans les règles de l'art sans bien sûr tomber dans la concurrence déloyale, recourant à tort et à travers à l'inévitable justification divine.

Nous sommes tous les enfants du seigneur et personne n'a le droit de prétendre être plus musulman que les autres encore moins en se basant sur un code vestimentaire ou une des poils sporadiques sur le menton et les joues.

Ce qui se passe en réalité sur le net tunisien, c'est que les jeunes ont légitimement peur pour leurs libertés individuelles après que le "sheikh" ait déclaré ouvertement aux médias ses intentions liberticides (Cliquez ici).

Etant une jeunesse à l'humour corrosif de nature, connue de par le monde pour sa gaieté et son esprit satirique, ils "attaquent" Ennahdha à leur manière avec un esprit bon enfant. Ainsi, peut-on lire des noms de pages sur facebook du genre: "La jeunesse d'Ennahdha communiste", "La jeunesse d'Ennahdha marxiste" et j'en passe.

Mais ce n'est apparemment pas du gout du gout d'Ennahdha qui a choisi de porter plainte contre les admins de ces pages trouvant qu'on porte atteinte à son image par ce genre de blagues.

Pourtant, tous les autres emblèmes de la scène politique tunisienne ont été pris à partie... Des lunettes de Moncef Marzouki, à la calvitie de Nejib Chebbi en passant par les moustaches de Hamma Hammemi.
Tous sauf Ennahdha ont joué le jeu de cette jeunesse frustrée par la dictature et dont l'humour a été et demeure une constante vitale.

Le dernier artifice pour se victimiser aux yeux du monde et de l'opinion publique remonte à hier  avec les évènements de Monastir.
Ce qu'il en est en réalité, c'est que les nahdhaoui se sont attaqués à Bourguiba qui est vénéré à Monastir, sa ville natale, c'est très compréhensible.
La ville bouillonnait littéralement avant la venue d'Ennahdha. Les leaders de ce mouvement ne s'en sont tout de même pas préoccupés. C'était quand-même une provocation à la foule et les leaders d'Ennahdha endossent eux aussi une grande part de responsabilité.

Il ne faut pas oublier que l'acteur Atef Ben Hassine a frôlé de justesse le lynchage à Monastir à la fin mars après une déclaration à propos Habib Bourguiba qui a été mal-digérée. (Cliquez-ici)
Il a payé le prix de l’idolâtrie que voue cette région au Zaïm historique. Il n'est pas islamiste pour autant.

Par ailleurs, les témoignages de mes amis qui étaient sur place confortent la thèse avancée sur cette vidéo:









Pourtant, on ne voit que les réactions hystériques de barbus qui sont outrés par la sauvagerie gratuite de la foule et son penchant inquiétant pour le blasphème, comme vous pouvez le voir sur cette vidéo. (Cette personne filmée est en train de péter un câble, le terme médical est la "Crise H" dans sa forme masculine)









La vérité, ce n'est pas à moi de la déduire mais à une enquête sérieuse de la déterminer pour que les intentions des uns comme des autres soient mis à nu.

Parce qu'à croire mes amis, cela virerait vers la manipulation pure et dure et c'est tout ce que nous refusons.

Cela servirait à faire quoi au juste de jouer sur les sentiments des foules  ? Provoquer des incidents pour faire passer insidieusement l'idée d'être persécuté afin de créer des tensions de plus dans une société en pleine métamorphose ? 
A quel prix ? 

Nous sommes un peuple uni. Nous avons la même religion. Un même Dieu. Une même patrie à unir. Un même pays à rebâtir. Les mêmes acquis à préserver.
Ce que nous craignons c'est juste qu'une partie de la population se prenne un jour pour  Dieu et empêche les autres de vivre pleinement leurs libertés individuelles au même titre que celui de se prosterner, celui de boire un coup ou de voir sa petite amie tranquillement. 

Tout cela vient, faut-il le rappeler après un prêche du vendredi aux berges du lac de Tunis faisant l'éloge de l'excision des fillettes (No comment) ainsi qu'un sermon suivi d'une manifestation en pleine avenue Habib Bourguiba où des épées ont été arborées par les manifestants incitant ouvertement à liquider physiquement un instituteur qui a porté atteinte à la personne du prophète. (Clique sur ce lien)
Je signale à titre de rappel que nous vivons dans un état de droit et non dans une république bananière. 

Ceci dit, je persiste à croire que tout va s'arranger et que pour le moment malgré tout et comme le dit la magnifique Neyssatou: Lébés ! 

نْحبِّكْ يَا تُونس

تهون الحياة خمسُ مرّاتٍ في اليومِ الواحِدِ في حُبِّكِ يا تونسُ.

تَبكي عينايَ لأنّي لم أستَشهِد يومًا في عِشْقِكِ ويطيرًُ القلبُ فَرَحًا بِأنّي حَيٌّ أُرزَقُ لِأَرْزُقَ تُرابَكِ قُبلَةً على الجبينِ وعَشرةً على الوجنتيْن.

إنتي باب الجنّة والمْجاز، إنتي في الشّبوبِيّة إعجاز، إنتي بِنّة على بِنّة، إنتي الوطِيّة إنتي الحِنّة، إنتي الأُمّ، إنتي الكِنّة.

ماحبّيتش وعُمري ما نْحِبّ و طول عُمري في عوض نْصبّح نْسِبّ، ما نْفَرّق بين قصورات وخرب، كي ريتك قُلت هذه هيّ، أميرة الحضارات المِنسيّة، آلهة الجمال والحُرّيّة.

بترابِك بشطوطِك، بوْلادِك بجدودِك، بفُمِّك بخْدودِك، بأَرضِك بحدُودِك، بصَحرتِك بهَبلتِك، بجْفاك بلَمْستِك، بهَوانِك بقُوّتِك، بلْحيك بيسارِك، بشْوارعِك بدْيارِك.
حَبّيتْ فيك روحِك الخفيفة، الخليط بين ريحة الياسمين والجّيفَة، عينِيك وأجْفانِك، كراسِيك وأكْفانِك.

حَبّيتِك حتّى ماعادش الحُبّ، حَبّيتِك كيما يَحْكيوْ في الكتُب، بلا طمع في فلوسِك ولا في مناصب، غير مشمومِك قُدّامي وأنا شايِخ ناصِب.

يا تونِس إسْمَعني نَحكيلِك حكاية، حُبّي ليك عُمرو ما يكون ليه نهاية. في أرضِك تولِدت وفي ترابِك يِدفنُوني، وكلامي عُمرو ما يِتبَدِّل ولو تعمِل فِيَّا الدُّونِي.

موعِدنا في تُمْبُك جويلية نهار عيد ميلاد جديد، نهار إنتخاب المجلس بإرادة شَعبِيّة من حَديد، وأنا بحُكم الأغلَبِيّة راضي والله على ما أقوله شهيد.

vendredi 29 avril 2011

النشرة الإخبارية التونسية بدون لغة خشبية



أعزائي المشاهدين، عزيزاتي المشاهدات مرحباً بكم في نشرتكم الإخبارية وهذه عناوينها:

قد ألقى السيد الباجي قايد السبسي، أعلى هرمنا في السلطة خطاباً اليوم لم نفهم من جد والديه ولا حرفاً يا بوقلب حيث ندخل من باب فنخرج من خوخة والرسمي ربي يجيبو. وللتذكير فإن رئيس الحكومة المخضرم روحه خفيفة وقد ادلى بالعديد من النكت تجدونها على موقعنا الإلكتروني كما قد لا تجدونها نظراً لأن شبكة توبنات تفلي جملة.

هذا وقد اعرب السيد عبد الرزاق الزواري وزير التنمية أنه: في نطاق التّنمية الجهويّة العادلة الكرتوش يخيّط في الذّهيبة والقنابل تسهر في ڤمّرت وقد لاقى هذا الخطاب صدى كبير خاصةً عند أهالي المرسى وسيدي بوسعيد وحتى أبناء حي النصر الأبرار.

أما بعد فيا جماعة رانا ما عاش فاهمين من والديها شي... ومن الأرجح أن تكون هذه الثورة، ثورة الخدع السينيمائية حيث محمد البوعزيزي طلع قليل تربية، السرياطي طلع خاطيه، عماد الطرابلسي طلع ضحية المخدرات ،المدونين طلعوا مجرمين والحاكم يفشخ فيهم على بعضهم والقناصة والتجمعيين وغيرهم من الفساد ولاو في زمان وجيز أكبر ثوريين وصرنا بقدرة السميع العليم فوضويين كلاب بنين كلب.  

في ما يخص حركة النهضة فإننا نهدي لهم أغنية جورج وسوف سلمتك بيد الله نظراً لتعدد اللهجات و وجود ألفين خطاب ماخو كل مرة إتجاه جديد في صلب حزب واحد من المفروض يكون عندو رأي واضح وجلي في مسائل جوهرية. واحد يجي يقلك رانا نحبوا اللائكية وهذاكا منهجنا، الآخر يقلك رانا حركة جهادية مسلحة، الآخر يقلك احنا عندنا نفس أفكار القاعدة والإتجاه الإسلامي، واحد يقلك لا دخل لنا في الجوامع والآخر يصرح إلي بدلو الأيمة على كيفهم... وتجي تبعهم تدوخ.

في ختام نشرتنا نذكر أن المدون بوقرنين وقعت تسميته وزيراً للداخلية فرفض، فتم تعيينه مكان الباجي قايد السبسي الذي فضل التركيز على نشاطه الفكاهي المسرحي في دور الثقافة والمسارح، فرفض. ثم علمنا أنه عينه الرئيس الأمريكي باراك اوباما مستشاراً خاصاً في البيت الأبيض فأجهش بالبكاء حتى أغمي عليه وهو الآن في العناية المركزة.

دمتم في رعاية الله ونووورمال  

jeudi 28 avril 2011

A quoi joue la police tunisienne ?



La police tunisienne a tabassé, assassiné, humilié, épié, fiché, surveillé, transgressé les lois et commis des abus à tout va durant l'ère du président déchu.

Pourtant, ils ont été les premiers à récolter les fruits de la révolution tunisienne.
Ils ont gagné à être syndiqués. Ils ont obtenu une augmentation de salaire très significative. Ils ont bénéficié de mesures exceptionnelles d'amnistie pour les policiers qui ont été injustement écartés. Mis à part quelques rarissimes cas d'agents qui ont été jugés, la majorité écrasante n'a pas été inquiétée.

Pourtant ce sont leurs brodequins qui ont écrasé les boites crâniennes des tunisiens depuis des décennies !
Les bourreaux de ce peuple, ceux qui n'ont pas hésité une seule seconde à tirer sur leurs compatriotes, sont désormais les heureux bénéficiaires d'une récolte qu'ils ont tenté par tous les moyens de détruire.

J'ai déjà dans un récent billet (cliquez ici) reconnu qu'il n'était pas de tout repos d'être policier à l'heure qu'il est dans ce pays où tout est hors de contrôle.
Cependant, aujourd'hui il me parait évident que cette police faillit à sa mission.
Ces citoyens assermentés pour servir leur patrie font désormais dans la surenchère sans aucun scrupule.
On l'a vu notamment pendant le match qui a opposé le CAB au CSS et qui s'est terminé en catastrophe avec pour déclencheur, la fuite des policiers.

Des blogueurs sont passés à tabac pour peu qu'ils aient la mauvaise idée de couvrir un évènement pacifiste, légitime et spontané d'un peuple qui a offert son sang en échange de sa liberté de penser, de s'exprimer et de manifester.

Cette même police devient tout à coup bienveillante quand il s'agit de manifestations de RCDistes qui réclament leur réhabilitation et leur refus d'une exclusion collective.

Des vieux réflexes qui trahissent l'ancienne architecture du pouvoir en Tunisie ? Les dogmes selon lesquels l'état c'est le RCD, que l'état c'est la police et que par conséquent la police c'est le RCD ?

Ces derniers jours la police multiplie les grèves et enchaine les manquements à leurs obligations.
Pour une fois bon sang, agissez en tant qu'Hommes et arrêtez d'exister en tant qu'animaux féroces sans discernement ni foi ni loi. Prenez exemple sur la bravoure et la dignité du peuple tunisien dont vous faites à priori partie.

dimanche 24 avril 2011

Tunistan 2050



Assalamou alaykom !
A tous mes frères et sœurs qui ont choisi le chemin du Très-Haut, passez votre chemin en paix et à tous les autres, il est écrit que je vous combattrai jusqu'à la dernière goutte de sang qui circulera dans mes veines.
Ce jour est le mardi 19 Joumada Awal, un jour ensoleillé par la grâce du miséricordieux.

Je sors de chez moi à l'instant après avoir utilisé de l'écorce de noyer, plus connu sous le doux nom de Souak pour blanchir mes dents et imprégner ma bouche d'une magnifique haleine. C'est la méthode ancestrale, celle de l'homme le plus complet que cette terre ait pu porter. Je cite le prophète Mohammed, messager de Dieu.

Je porte une djellaba. J'adore cet habit. Au départ, quand Ennahdha au pouvoir depuis presque un demi-siècle ont imposé aux hommes de la porter, je n'étais pas très convaincu. Maintenant, je  commence à apprécier.
Mis à part que la djellaba est parfois trainée dans la boue par temps pluvieux et cela  cause quelques désagréments à nous autres, pieux qui vont dans les mosquées cinq fois par jour au minimum.

Je dis au minimum, parce que les mosquées ne ferment plus leurs portes. On peut y aller à tout moment.
Pour lire le coran, discuter, implorer Dieu ou se reposer. Certains viennent même y manger. Mais le plus clair de notre temps on le passe à discuter de politique et des moyens dont on pourrait user pour contrer la franc-maçonnerie internationale dans son projet planétaire diabolique visant à éloigner les Hommes de la religion de Dieu, l'islam.

Cela fait des décennies qu'il n'y a plus de football en Tunisie. Le sport, véritable opium du peuple a été banni des stades devenus depuis, le lieu de rendez-vous hebdomadaire  incontournable où l'on vient à souhait assister non sans délectation à la lapidation d'une femme infidèle ou à la décapitation d'un meurtrier ou à une autre partie du corps qui vole en éclats à la mesure de la décadence de leur détenteur.

J'ai un voisin qui s'est avant hier aventuré, que l'enfer l'héberge à jamais, à parler à une fille qu'il ne connaissait pas dans la rue. Elle qui se protégeait de ce genre d'énergumènes en portant le niqab, n'était tout de même pas à l'abri de ces âmes malades.
Le voisin en question qui est au passage un jeune de 19 ans a été émasculé par un groupe de frères qui veillent au grain face à cette menace de débauche qui tente vainement, par la grâce divine, de mettre à mal tous nos efforts révolutionnaires islamiques bénis de Dieu depuis un certain 14 janvier où notre guide spirituel Rached Ghannouchi a chassé de ce pays qui est le nôtre, le sanguinaire Ben Ali qui nous torturait dans son "septième".

Aujourd'hui, nous vivons dans un havre de paix où l'alcool est strictement interdit ainsi que le tourisme. Ce n'est pas que l'on soit xénophobes... Mais le tourisme a le méfait de pulvériser les principes. Et notre religion n'est pas à vendre pour une somme misérable en devise.

Nous sommes tous devenus depuis, des agriculteurs. Nous semons, nous récoltons, nous cultivons. Nous vivons bien.
Il reste, cependant, encore des rats qui vendent l'alcool au marché noir. Mais machaâllah, dés qu'on en attrape un, il paie pour tout le monde. Le dernier en date, c'est Larbi qui sous-couvert d'une barbe,  vendait à ces dépravés ce poison prohibé par Dieu et son prophète.
Il a été corrigé par une balle en pleine tête en pleine rue par la brigade des mœurs. Qu'il pourrisse en enfer !

Par ailleurs, la femme tunisienne a repris sa place habituelle au sein de la société. En d'autres termes, elle reste chez elle, elle s'occupe des enfants, elle prépare à manger, elle fait la vaisselle... En bonne mère de famille.
C'est à elles qu'on devra la renaissance du monde arabomusulman. Ce sont elles qui donneront un jour naissance au prochain Salaheddine.
Elles sont de ce fait dispensées d'études et de travail.
Quand elles sont dans leurs foyers. Les femmes sont autorisées à quitter leurs beaux niqabs même si dans la religion de Dieu, les oulamas se sont accordés à dire que c'est haïssable.
C'est à dire qu'il est préférable qu'elle le garde 24/24. Il est vrai que pour faire pipi, ce n'est pas la joie.
Mais Dieu nous gratifie de "hasanat" à mesure que l'on donne de soi.


Il n'y a plus de musique mis à part les anachids, plus de cinémas sauf les films de propagande, plus de Nouri Bouzid, plus de Moufida Tlatli, plus de sales mécréants qui nous foutent la honte devant nos voisins musulmans...

On a aboli la médecine moderne et concentré nos efforts sur les méthodes de guérison par le coran et la méthode du prophète qui vise à guérir tous les maux par la saignée connue du temps de Sayedna Mohammed sous le terme "Hijama".

C'est le bonheur ! L'identité retrouvée !

Je n'oublierai jamais un certain 24/7/11 date à laquelle Dieu a permis à ses fidèles de s'emparer du pouvoir face à des laïques renégats de la pire des races qui n'avaient d'yeux que pour l'occident.
Mais Allahou akbar ! Gloire à l'islam ! Vive notre éternel guide spirituel : Rached Ghannouchi Al Afghani !






vendredi 22 avril 2011

Ces libertés toujours prises en otage !


Toute personne naît libre, vit libre et meurt en tant que tel.

Libre de penser, de s'exprimer, de croire, d'idolâtrer, de danser, de crier, de parler, de sourire, de vivre, de sautiller, de courir ou de marcher, de dormir ou de cravacher, d'avaler ses mots ou de les cracher, d'exposer ses maux ou de les cacher.
Notre liberté de s'exprimer, on l'a arrachée à nos oppresseurs au prix du sang de nos jeunes, de quelques jambes amputées et de quelques reins fracassés.


Aujourd'hui nous sommes toujours privés de certains des droits de l'homme les plus élémentaires. Je cite à titre d'exemple, celui d'être décadent quand on le veut sans subir les remarques déplacées de moralisateurs à deux balles repentis il y a deux jours et qui après avoir joué aux cowboys pendant des décennies, se prennent pour Dieu, excusez du peu !
En effet, avec la montée en puissance de l'intégrisme religieux tenant un double discours tellement bien rôdé qu'il me fait craindre le pire et disposant d'un financement colossal, nos rêves sont menacés au même titre que ces libertés individuelles pour lesquelles nos aïeux ont bataillé dur.


Par ailleurs, l'Homme africain ou plus généralement, celui qui a le malheur de naître dans un pays sous-développé est privé de sa liberté de circulation.
On a parfois du mal à le saisir, mais l'Homme est libre de circuler là où bon lui semble, là où il se sent à l'aise. Tous ces obstacles ne sont que foutaises ! Visa et autres formalités sont des mesures liberticides et nous vivons dans un monde qui n'applique le bon sens que la où réside l'intérêt du puissant.

Une petite pensée à nos frères dans des cages à ciel ouvert à Lampedusa, à Trapani  et  ailleurs. Ceux là qui ont passé les frontières au péril de leurs vies avec pour unique rêve celui d'une vie meilleure.
Vous passez pour des hors-la-loi certes mais en réalité, vous êtes des guerriers de la liberté. Tous ces avions charters qui vous rapatrient comme de minables cargaisons, c'est inhumain ! c'est inadmissible!
Au diable les indicateurs économiques ! Au diables la xénophobie ! Il y a de la place pour tout le monde sous le soleil !
Je finirai avec le titre d'une chanson du grandiose chanteur ivoirien Tiken Jah Fakoly "Ouvrez les frontières !"

samedi 9 avril 2011

C'est en massacrant Molière qu'on destitue les présidents !










"Vos ! francis vos ? Non ! Vos li vaches ! vo li zalimooo !"






" laissi tombi la dictaturie" (émotion)

Je n'ai pas réussi à passer mon chemin sans immortaliser ces deux epic fail.
Si la langue française saigne autant ce n'est pas qu'elle ait ses règles ou que ces dernières soient abondantes, voyez-vous ! Mais c'est qu'en flagellant Molière la grammaire se meurt pour céder la place à des phrases si brillantes quoiqu'extravagantes...

On dit que c'est une révolution contre la dictature et pour la dignité mais c'est aussi une révolution linguistique. Il ne faut donc pas s'étonner de voir naître des néologismes.

Nos amis de Syrie, du Yémén et des autres pays sont prévenus nous n'en attendons pas moins d'eux !

Gloire aux martyrs !




Glorifier la mort peut paraitre absurde, longtemps je l'ai pensé.
Comment une mère peut-elle bien lancer des youyous pour accompagner les funérailles de son fils unique de vingt deux ans mort d'une balle perdue ?
Un être humain bien portant, sans tares, sans rides, débordant de jeunesse et de vie qui rejoint l'au-delà d'un coup de "Baga" (Estafette de la police) magique... Comment peut-on admettre une telle nouvelle d'autant plus quand il s'agit d'un proche ?

Il a fallu que les évènements de la fin décembre 2010 viennent éclairer ma lanterne.

Chaque jour où je partais la peur au ventre manifester mon mécontentement dans les rues de Tunis, il y avait une partie en moi qui espérait secrètement qu'une balle vienne en finir avec ma vie non pas par témérité ni pour qu'on me divinise ni par élan suicidaire mais parce que j'étais tellement convaincu de la grandeur de la cause pour laquelle je manifestais, que je trouvais que c'était loin d'être cher payé d'offrir son âme en offrande pour que les générations futures vivent mieux et pour que ces millions de compatriotes aient l'opportunité inouïe de s'émanciper après que leur dos se soit courbé par ces années de dictature.

Alors que nous commençons à récolter les fruits de cette révolution, il ne faut pas perdre de vue qu'il y a des mères qui ont sacrifié sans hésiter leur propre progéniture si chère soit-elle à leurs yeux pour que nous puissions dire que s'attaquer sauvagement à des manifestants est inacceptable ou pour traiter le ministre de l'intérieur de ripoux sans craindre pour sa vie.

En ce jour béni où l'on célèbre nos héros, des mères ne peuvent tout de même toujours pas faire leur deuil. La cause ? Les assassins de leurs enfants, emblèmes de notre révolution, circulent impunément et librement partout en Tunisie.
On va me dire que c'était des directives ? Qu'on leur tapait sur les mains pour tirer sur les manifestants pacifiques ? Qu'ils n'avaient pas le choix ?
Faux !
Ils pouvaient se désister, maintenant qu'ils assument !
Ces mères manifestent aujourd'hui devant le ministère de l'intérieur. Un sit-in à l'emplacement très symbolique, puisque c'est de cet édifice lugubre qu'ont été donné les ordres par lesquels tant d'âmes innocentes ont péri.
J'invite tout le monde à y participer parce que comme disent les anglosaxons: No justice, no peace ! 

Gloire aux martyrs de la révolution ! Gloire à ceux des évènements du 9 avril 1938  et tous les autres !
Jamais on vous oubliera !
A toutes ces mères légitimes de la révolution, on ne vous remerciera jamais assez...

vendredi 8 avril 2011

La police tunisienne, d'un bourreau à un "héros" !





J'ai toujours haï la police de toutes mes forces du jour où du haut de mes dix ans, je me suis pointé avec un ami qui venait s'enquérir sur la disponibilité de sa carte d'identité nationale, dans le commissariat d'Hammam-Lif. A ce moment là, un policier m'a pris à partie gratuitement évoquant mon dieu et celui de toute ma famille dans des termes d'une violence inouïe insupportables pour l'âme innocente que j'étais.

Je les percevais comme des délinquants qui poursuivaient d'autres délinquants sauf que les premiers ont des insignes et ont le pouvoir d'incarcérer les seconds pour des crimes pour lesquels les premiers ne sont pas passibles d'emprisonnement.
S'ils retrouvaient un citoyen en train de se bourrer la gueule, ils lui confisquaient tout l'alcool qui était en sa possession, ils se le partageaient, le buvaient illico devant ses yeux attristés avant de briser les bouteilles vides devant ses yeux et de repartir pour de nouvelles "rezzia".

S'en est suivie des dizaines d'injustices dont j'étais témoin me révoltant à chaque fois, faisant de ma chanson préférée celle de Cut Killer et des NTM qui était présentée en vedette dans la bande originale du film français mythique: La haine !








Les évènements de Rdeyef puis de Sidi Bouzid n'étaient pas vraiment le meilleur choix pour cirer l'image d'une police répressive, véritable bourreau d'un peuple sans défense usant de balles réelles comme on fume des cigarettes, ne discutant aucunement les directives qui demandaient pourtant l'extermination du peuple dont ils font partie au profit du pouvoir en place qui les martyrise pour quelques misérables dinars.

Aujourd'hui encore, je garde des séquelles de ma haine enracinée pour les hommes en noir, figure de proue d'un ministère passé maitre de renommée mondiale dans le domaine de la torture.

Cependant, je me dois de me faire l'écho de ce que je vois aux urgences de l'Hôpital Charles Nicolle en toute honnêteté.
Je vois des policiers tabassés pour avoir fait leur boulot à savoir protéger le citoyen des malfrats et des abus. Je vois des policiers qui se font amocher par des bandes organisées parce qu'ils veillent sans tricher sur le droit du tunisien de dormir sur ses deux oreilles.
Je vois des hommes stressés, des hommes qui ont peur pour leurs vies, des hommes dont les regards en disent long sur leur effroyable quotidien mais des hommes qui font leur boulot consciencieusement et des hommes entièrement dévoués au service de la nation.
Rien que durant les derniers évènements de Beb Dzira, des dizaines de policiers ont été blessés avant de contrôler totalement la situation.

Je ne vais pas dire que ce sont des anges, loin de là, mais qui d'entre nous peut bien se targuer d'être exempt de tout reproche ?!

Il existe encore des abus perpétrés par la police. Il existe encore des policiers corrompus comme partout dans le monde, peut-être plus et peut-être moins. Toutefois, aujourd'hui, être policier est devenu un métier horrible, un métier héroïque, un métier noble d'autant plus qu'en post-révolution, la période anarchique habituelle où les braquages et la criminalité en général semble atteindre des sommets.


La peur du gendarme est un mal nécessaire, c'est une constatation inévitablement évidente. C'est une notion incontournable pour retrouver la fameuse "autorité de l'état" que nous répète à chaque fois notre papi à nous, Beji Caïd Sebsi, pour que la vie de tous les jours reprenne enfin, un cours normal.

Il faut tout de même qu'il y ait des structures sérieuses et intègres de surveillance des éventuels abus de la police, parce qu'il ne faut pas être émotif à en perdre la raison. Une rechute peut-être envisageable, ou peut-être serait-elle en cours et nous devons impérativement être armés comme il se doit pour y faire face.


P.S: Pour ce qui est de la police politique et de la DST, c'est un tout autre sujet...

jeudi 7 avril 2011

Ghannouchi et Mourou, ces faux modérés !


J'ai été, comme tout le monde je l'espère, choqué par les propos qu'a tenus le cheikh (sans provisions) Rached Ghannouchi sur les ondes de Shems FM (voici le lien) à propos de son intention "d'interdire progressivement l'alcool" s'il venait à avoir le pouvoir en Tunisie.

Dés les manifestations qui ont eu lieu au tout début janvier 2011 et ayant été un assidu des manifestations du centre-ville dont l'épaisseur du nuage lacrymogène n'avait d'égal que la férocité de la police, je n'avais jamais entendu un "Allahou akber", jamais croisé un barbu avec nous et jamais perçu la moindre empreinte islamiste dans ce soulèvement populaire spontané contre la dictature.

Après la chute de l'ancien régime, très vite les barbus se sont faits entendre ! "Nous sommes les damnés de l'ère Ben Ali ! Nous sommes les plus à plaindre ! Nous sommes de ce fait ceux à qui il revient de récolter le plus de bénéfices après cette révolution bénite ! Dieu est grand ! à bas les femmes !"

Ces militants de la vingt-cinquième heure me font sourire. Notamment leur gourou Rached Ghannouchi qui a très vite occupé le devant de la scène pour nous rappeler son rôle décisif et primordial dans la tournure prise par les évènements ! Excusez du peu !

J'ai tout de suite exprimé ma position. Je m'explique:
Durant mes années de lycée, je suis passé par toutes les positions qui puissent exister en parfait ado en quête de sa vraie identité.

Ce dont je peux, cependant, me targuer c'est de n'avoir jamais cédé à la facilité des dogmes et d'avoir toujours voulu écouter ce qu'avaient toutes les parties à dire avant de me prononcer.
J'ai écouté des centaines d'heures des cheikh Raslane, Zanadani, Kochk et cie. Des plus modérés aux plus intransigeants. J'écoutais gentiment, calmement, comme un chercheur d'or attentif à la moindre lueur qui me ferait sortir de l'obscurité ambiante dans laquelle je baignais profondément.
J'ai lu le coran, la bible et beaucoup d'athées qui argumentaient leurs réticences vis à vis de la puérilité des directives présumées divines.
Par la suite j'ai choisi ma voie. Tout seul comme un grand.

J'ai prié assidument avec toute la pureté qu'il a été donné à un croyant de renfermer dans sa cage thoracique.
J'ai côtoyé beaucoup de khwenjeya. Des années durant, j'ai failli en devenir un, n'eusse été la grâce divine qui m'a repêché pile au bon moment pour me remettre dans les bras de la séduisante demoiselle nommée incertitude !

D'avoir lu le coran des dizaines de fois. De m'être plongé corps et âme dans l'essence de l'islam. D'avoir côtoyé des barbus et d'être parfois devenu un des leurs, je me suis permis au lendemain de la révolution d'exprimer toute ma crainte de voir refaire surface des partis politiques islamistes pour toute la menace que cela peut représenter pour l'espace de libertés individuelles dans ce pays qui a toujours été leader en la matière se vantant devant ses voisins d'être le plus tolérant de la région.

Très rares sont ceux qui m'ont cru.
On me répondait:" écoutons ce qu'ils ont à dire ! Faut pas être borné ! Ils ont peut-être changé !"

Je m'en fous s'ils ont changé. Je ne pourrais jamais leur pardonner les visages et les décolletés passés au vitriol du temps où ils sévissaient sans nulle vergogne.

Ce qui est bien c'est qu'en dépit de leurs efforts de manipulation, leur bêtise finit toujours par les rattraper et mettre à nu leurs manigances.

Après que les Ettahrir soient venus s'exprimer notamment sur le plateau d'Express FM, clamant sans scrupule qu'ils excluraient tous les autres partis à peine arrivés au pouvoir et qu'ils en avaient amplement le droit, ayant pâti pendant des décennies de l'exclusion opérée par le RCD.

C'est au tour, de "chouchou", notre Ghannouchi d'amour de laisser entrevoir son plan diabolique entre les lignes de son discours rodé, hypocrite et ciré à un produit magique nommé "Ce que veut entendre la foule !" de venir dire qu'il compte interdire l'alcool progressivement s'il en avait un jour le pouvoir.

Que fais-tu Ghannouchi des libertés individuelles ?
Que fais-tu du con de la tolérance que les pays arabes nous envient ?
Que fais-tu de notre culture ? Que fais-tu de la dignité du tunisien pour laquelle il a offert sans hésiter le sang de ses jeunes enfants sans défense ?

Après les bordels et l'alcool, ce sera au tour de la Femme tunisienne émancipée de devenir une spice di counasse ? de s'occuper des gosses, de préparer à manger et de fermer sa gueule ?
Et après ? Celui de la femme adultère de se faire lapider en pleine avenue Habib Bourguiba ?
Et après ? Celui de la polygamie ? Celui du Djihad contre l'occident ? Celui de généraliser le niqab ?

Vas au diable Rached Ghannouchi ! Touche pas à mon pays ni à sa culture ni à ses fondements ! Ton modèle à l'iranienne, il n'est possible que dans tes rêves !

J'espère que les gens qui ont violemment récusé la laïcité puissent enfin comprendre que cette notion est primordiale pour que des morveux de la trempe de Sidna Ghannouchi ne décident pas de restreindre nos libertés individuelles parce qu'il est étroit d'esprit et qu'il veut nous le faire payer à tous !

Sincèrement, je me sens outré par ce que je viens d'entendre. Je reconnais que je ne bois pas et que je n'ai jamais pris gout à l'alcool mais que Rached Ghannouchi me donne une envie insoutenable de m'y mettre dés ce soir.
Merci Ghannouchi. Dieu t'en louera !

Concernant Mourou, l'islamiste plus modéré que le modéré Ghannouchi, je n'ai vraiment pas confiance en lui. J'ai laissé il y a longtemps les sentiments de coté quand il s'agit des intérêts de mon pays et le discours rodé n'a jamais été un gage d'authenticité loin de là.
La seule question que je me pose à son sujet c'est quand est-ce qu'on aura droit au faux-pas qui dévoilera ses facettes cachées ! 

A bon entendeur !