Ils viennent de l’ériger en empereur.
Cet être à l’apparence anodine ni trop beau ni trop grand ni trop gros, a été élu pour diriger ce royaume perdu au fin fond des ténèbres vu son passé glorieux dans le domaine des blessures.
Son problème à lui c’est qu’il n’a toujours pas su comment se protéger de l’amour et ses désillusions. Il s’est toujours impliqué à fond dans ses histoires et il a toujours été déçu par ce sentiment qu’on présume noble.
D’ailleurs, il s’est toujours demandé d’où lui venait cette noblesse ?
Si c’est en faisant s’agenouiller ses adeptes, ce n’était pas un si beau chemin pour arriver à ses fins. Et rien que pour cela on pouvait mépriser cet état d’âme.
Il pouvait très bien s’aligner avec les jeunes de son époque et faire souffrir les charmantes demoiselles en développant sa carapace étanche aux émotions. Mais lui, il était fait d’une autre matière.
Il avait cette sensibilité à fleur de peau, cette cadence effrénée de battements de son grand cœur.
Il aimait trop rapidement, trop fort et trop longtemps pour être quelqu’un de normal.
Le pire dans tout cela, c’est qu’il n’a toujours pas compris, en dépit des expériences qu’il multiplie, des déceptions qu’il accumule et des innombrables blessures qui lui balafrent le cœur.
C’est une vraie tête brûlée et on ne peut rien y faire.
Le docteur lui a demandé de ne surtout pas négliger cette affaire car son cœur commençait petit à petit à lâcher.
Mais lui, il n’écoute jamais ce qu’on lui dit. Et dés qu’une brune à la peau claire vient lui parler d’amour et de passion il se jette les yeux fermés dans l’oasis et quand il se rend enfin compte que ce n’était qu’un mirage, il replonge dans sa détresse qui est son plus fidèle compagnon. Un peu comme le chien qu’il n’a jamais eu.
Et encore ces nuits blanches qui lui creusent les orbites en guise de cernes. Et davantage de maux de têtes. Et encore plus de tristesse.
Comment faudrait-il s’y prendre ?
Tuer ses sentiments ? Il ne veut même pas en entendre parler…
Attendre encore et encore que la princesse tape à sa porte ? Il n’est pas aussi naïf pour croire aux contes de fées…
S’ouvrir les veines ? Il a trop peur de ne pas mourir sur le coup et d’attraper le tétanos du fait du matériel souillé ou encore pire avoir la honte devant ses congénères et sûrement aussi la phobie de finir en enfer qui ne le quitte jamais.
Mais il s’accorde surtout à dire, devant son verre de jus à demi vide, que la vie est une chienne et que le dressage cela n’a jamais été son truc.