Il y a seulement quelques années, l’information était détenue par une minorité. On nous distillait ce que l’on voulait nous faire entendre sur l’unique chaîne de l’époque, l’inégalable TV7. Le peuple n’avait pas le choix. Il se devait de regarder avec hébétement les programmes aussi soporifiques les uns que les autres. Heureusement qu’il y a toujours eu les matchs de foot, qu’on regardait pour ne jamais sombrer. Même si le niveau de notre football n’est pas non plus très attrayant. Puis, la scène médiatique tunisienne s’est enrichie avec la naissance d’Hannibal TV. Une chaîne tout aussi médiocre mais paraissant plus séduisante juste parce que le nom de cette chaîne ne figure pas sur la facture trimestrielle de la STEG. Ce qui est en soit une qualité indéniable. Encore une fois, le sport sauve la mise. Souiaa Sport et Belmakchouf deux émissions sportives qui ont fait un tapage médiatique énorme avec des débats assez osés, à propos notamment du penalty non sifflé de la semaine d’avant. En attendant ces programmes là et de peur de mourir de faim culturelle, on désespère au point de se procurer les journaux locaux. Et là, nous frôlons la mort par asphyxie cérébrale. La nature des écrits nous ayant assommé. Comme on s’en fout de Salah qui a tué sa femme à coups de hache dans un coin perdu du centre du pays. Ou de Samira, adolescente de douze ans qui a osé poignarder son frère pour lui voler sa tirelire.
On ne désespérait pas. On attendait impatiemment que des textes captivants nous parviennent du milieu des ténèbres. Jusqu’au jour où vint l’illumination. Les blogs ont vu le jour. Et nous a embarqué avec. Des milliers de tunisiens ont déjà cédé au charme de ce moyen peu commun de s’exprimer. Certains parlent le dialecte de nos ancêtres mais la plupart font le bonheur de la francophonie. Un problème de « Pack Language Windows » peut-être ?
Les gens décrivent, critiquent, partagent, s’indignent, accusent, diffament, médisent…
Certains n’ont rien à dire, comme c’est le cas pour moi, et ils se donnent un malin plaisir de le dire comme ça leur chante.
D’autres, se sont même vu discerner le prix international du 404 tant prisé par nous autres bloggeurs.
L’audimat a chuté. Les journaux ne se vendent plus. Les abonnements à l’ADSL ont explosé. « Tbarkallah 3acha3b ettounsi !!!»
Les fidèles du Boukornine
mercredi 19 mars 2008
lundi 17 mars 2008
divagation légitime
La grippe s’est avérée bronchite aiguë… La toux a pris le dessus… La fièvre a cédé… Et pourtant je divague… Le goût des victoires m’enivre… Hamhama dawla et qui pourrait me contredire ? Deux victoires de suite et nous voici propulsé un peu plus haut… Dans un endroit un peu plus sur… Quoique pas vraiment à l’abri des rechutes qui nous guettent… Le soleil a fait irruption dans notre monde… Place aux demi manches… Le tourisme tunisien résistera à jamais face aux assauts malveillants des barbus… Je viens de me raser… Je hais les barbes… Le pire des paradoxes : les vacances sont là pour… réviser… Etrange conception… Et le repos c’est pour quand ? … Dans le cercueil ? « Ellotf 3lina »…On se reposera avant j’espère… Anis kaâboura marque des buts impossibles… Toute la Tunisie s’est mis d’accord sur ses qualités de fin technicien… Mais jamais on lui a donné sa chance… Une carrière gâchée… On ne t’oubliera pas de sitôt « Noussa » !! Ton nom restera pour nous, synonyme d’un des grands de cette ville… En dépit de ta taille pas très avantageuse… L’Iraq collectionne les attentats…La Palestine, roule droit vers l’âge de pierre… « Allah ghaleb », « kol chay bel ketba »… Heureusement qu’on a le championnat de football pour s’occuper…
On préfère se lamenter sur les penaltys non sifflés… C’est beaucoup plus amusant…
On préfère se lamenter sur les penaltys non sifflés… C’est beaucoup plus amusant…
dimanche 16 mars 2008
La muse qui boite
Un vent malsain est venu aujourd’hui jeter un coup de froid sur mon ciel ensoleillé. Le virus de la grippe n’en demandait pas plus. Armé de sa neuraminidase et de son hémagglutinine il a eu raison de mon corps et… peut-être bien de mon esprit. Ma muse a bien résisté mais rien n’y fait. Ce n’est pas pour rien que la simple évocation du H5N1 fait autant peur. Courbatures, rhinorrée, larmoiement… se sont tous mis au même rang pour m’abattre.
Mais une promesse me fût formulée, demain ou après-demain me dit-on… Si l’Adol agît comme il se doit.
« Rabbi m3ana »
Annistou
Mais une promesse me fût formulée, demain ou après-demain me dit-on… Si l’Adol agît comme il se doit.
« Rabbi m3ana »
Annistou
mercredi 12 mars 2008
الحرب
في بلاد الغرب وقف بيا طريق
هازز سلاح ورقة وقلم
كان ضدي جيش ولا معايا رفيق
وترميت نقاتل كيف الروم في الجم
ياما جرحوني من جرح غريق
وياما سال من يديا الدم
************************
وقفت صامد في وجه العديان
ديما قدام عينيا الأحلام
جبت بحار جبال ووديان
وساعة على ساعة يوصلنا سلام
افرح القلب وادمع العيان
ويرد الدنيا أحلى من المنام
************************
و ليوم رشقت سيفي في القايد
وربحت الحرب بسهر الليالي
ورفعت شراعي لبلادي عائد
مخلي منحوت في الغرب خيالي
قالت لميمة وليدي معاك زايد
هيا إيجى ضم الأحباب والامالي
هازز سلاح ورقة وقلم
كان ضدي جيش ولا معايا رفيق
وترميت نقاتل كيف الروم في الجم
ياما جرحوني من جرح غريق
وياما سال من يديا الدم
************************
وقفت صامد في وجه العديان
ديما قدام عينيا الأحلام
جبت بحار جبال ووديان
وساعة على ساعة يوصلنا سلام
افرح القلب وادمع العيان
ويرد الدنيا أحلى من المنام
************************
و ليوم رشقت سيفي في القايد
وربحت الحرب بسهر الليالي
ورفعت شراعي لبلادي عائد
مخلي منحوت في الغرب خيالي
قالت لميمة وليدي معاك زايد
هيا إيجى ضم الأحباب والامالي
الأم
في الدنيا و الآخرة
فالح من صانها
وخايب من خانها
يا ربي يا كريم إجعل الدنيا منورة قدامها
رعاتني كي صغير وحطتني في شونها
ودعاتلي كي كبير وما نحاتني من بالها
يا ربي يا رحيم انصرها على عديانها
واملى بالمال أجيابها
وزين بالفرح ايامها
فالح من صانها
وخايب من خانها
يا ربي يا كريم إجعل الدنيا منورة قدامها
رعاتني كي صغير وحطتني في شونها
ودعاتلي كي كبير وما نحاتني من بالها
يا ربي يا رحيم انصرها على عديانها
واملى بالمال أجيابها
وزين بالفرح ايامها
mardi 11 mars 2008
Gangsta’ made in H-Lif
« Je m’appelle Kamel et je suis le bandit le plus craint de toute la région. Hammam-lif m’a vu naître et me voit maintenant sévir comme il me chante. La rue m’a adopté depuis le jour de mon douzième anniversaire, date fatidique à partir de laquelle on me fit entendre que j’étais prié de me prendre en charge vu que je devenais assez grand pour le faire. Mon activité ludique infantile et insouciante s’est donc très vite transformée en une sorte de combat pour la survie. Heureusement qu’alors la rue m’avait recueilli et elle a finalement réussi à faire de moi un homme. Six mois plus tard, je gouttais pour la première fois à l’alcool. Ce fut le moment phare de ma vie. La première fois où je ressentais une telle joie m’envahir. J’avais très facilement réussi à oublier qu’on venait de me bannir de mon cocon familial. Puis, repéré par un groupe de mes semblables qui contrôlait le commerce de substances nocives dans un quartier très chaud de « Ayeecha » une ville dans la ville. Une zone de non loi où aucun être sensé n’osait s’aventurer. J’ai appris avec eux à user de l’arme blanche comme un professionnel, à intimider mon vis-à-vis rien que par le regard et résister. Et je pense bien que j’en avais vraiment besoin dans l’exercice de mon métier à risques. J’ai évolué, petit à petit. Tout le monde trouvait que j’étais aussi doué pour manier le coup de poing que le couteau suisse. J’étais imbattable
Le jeune Kimo devenait rapidement « Kamel drogue » un délinquant très respecté dans ce cercle très fermé de narcotrafiquants à succès. Cependant, j’avais gagné tellement d’argent que je ne savais plus quoi en faire. Je n’ai jamais pu apprendre à agir en homme riche. J’ai toujours eu des fréquentations de pauvres, des loisirs de pauvres et des habitudes de pauvres. Jusqu’à aujourd’hui, je fume du Cristal. Dans ma vie, j’ai tellement fait de mal à des personnes qui ne l’avaient même pas cherché, que j’en suis arrivé au point de soupçonner fortement que je n’ai ni conscience, ni pitié… J’ai seulement toujours un couteau à portée de main. J’ai continué sur cette voie pendant des décennies. Je n’ai jamais été inquiété par la justice. Il faut dire que j’étais imbattable à cache-cache quand j’étais très jeune. Et les rafles n’étaient pas plus rapides ni plus dures à semer que mes compagnons d’arme de l’époque. Mais voilà qu’en fin de carrière, au moment où les braves trafiquants se retirent dignement, je commets une faute irréparable. C’est que le jeune merdeux m’avait cherché cette fois-ci. C’était un inconnu qui m’avait croisé et qui m’avait pointé son révolver de regard sur la tempe et quand je l’ai fixé, il n’a pas daigné baisser les yeux. C’est ainsi que dans un sursaut d’orgueil je l’ai battu à mort devant un poste de police. Cette bavure m’a valu un interrogatoire musclé. Une nuit au poste. Et voilà que les plaintes se sont abattues sur mon dos déjà courbé de fatigue.
Seule consolation pour le moment. J’ai enterré tous mes gains, mon trésor dans un coin du sable de la plage de « Bordj Cedria » dont je suis le seul à connaître l’emplacement. Cela m’étonnerait quand même que j’échappe à la perpétuité, au « toulto » (tout le temps). J’aurais au moins vécu en homme. J’aurais au moins vu le CSHL remporter deux coupes de Tunisie et jouer une autre finale. J’aurais finalement tracé mon chemin sans demander la faveur de personne. Et peut-être qu’enfin j’aurais une famille : Mes codétenus !»
Le jeune Kimo devenait rapidement « Kamel drogue » un délinquant très respecté dans ce cercle très fermé de narcotrafiquants à succès. Cependant, j’avais gagné tellement d’argent que je ne savais plus quoi en faire. Je n’ai jamais pu apprendre à agir en homme riche. J’ai toujours eu des fréquentations de pauvres, des loisirs de pauvres et des habitudes de pauvres. Jusqu’à aujourd’hui, je fume du Cristal. Dans ma vie, j’ai tellement fait de mal à des personnes qui ne l’avaient même pas cherché, que j’en suis arrivé au point de soupçonner fortement que je n’ai ni conscience, ni pitié… J’ai seulement toujours un couteau à portée de main. J’ai continué sur cette voie pendant des décennies. Je n’ai jamais été inquiété par la justice. Il faut dire que j’étais imbattable à cache-cache quand j’étais très jeune. Et les rafles n’étaient pas plus rapides ni plus dures à semer que mes compagnons d’arme de l’époque. Mais voilà qu’en fin de carrière, au moment où les braves trafiquants se retirent dignement, je commets une faute irréparable. C’est que le jeune merdeux m’avait cherché cette fois-ci. C’était un inconnu qui m’avait croisé et qui m’avait pointé son révolver de regard sur la tempe et quand je l’ai fixé, il n’a pas daigné baisser les yeux. C’est ainsi que dans un sursaut d’orgueil je l’ai battu à mort devant un poste de police. Cette bavure m’a valu un interrogatoire musclé. Une nuit au poste. Et voilà que les plaintes se sont abattues sur mon dos déjà courbé de fatigue.
Seule consolation pour le moment. J’ai enterré tous mes gains, mon trésor dans un coin du sable de la plage de « Bordj Cedria » dont je suis le seul à connaître l’emplacement. Cela m’étonnerait quand même que j’échappe à la perpétuité, au « toulto » (tout le temps). J’aurais au moins vécu en homme. J’aurais au moins vu le CSHL remporter deux coupes de Tunisie et jouer une autre finale. J’aurais finalement tracé mon chemin sans demander la faveur de personne. Et peut-être qu’enfin j’aurais une famille : Mes codétenus !»
Quand les mots s'empiètent et que les pixels prennent le relais:
Mohamed Lawcet Ayari, le savant hammam-lifois

Mohamed Laoucet Ayari, " Lead Structural System ingeneering " à la NASA : Le Tunisien qui a changé notre conception de l'espace
Qui est Mohamed Laoucet Ayari ?
Je m'appelle Mohamed Laoucet Ayari, "le cadet ". Je suis né à Hammam-Lif où j'ai fréquenté l'école primaire et le lycée secondaire. Mes études supérieures se sont faites à l'ENIT où j'ai obtenu mon diplôme d'ingénieur en Génie Civil en 1983. Mes ambitions m'ont mené plus loin. Je suis allé à la "Colorado State University " pour préparer une thèse de Doctorat en ingénierie dans une spécialité de pointe, à savoir "la Structure ". Celle-ci ayant trait à tout ce qui concerne la mécanique appliquée, la mécanique de la fissuration et la mécanique de la fracture "fracture mecanics ". Ce domaine concerne l'étude de comportement des fissurations dans les corps solides : fer, pierre, béton, métaux… Ma thèse avait pour objet l'analyse des fractures dans des matières ayant subi des efforts dynamiques " the crack nucleation ". Durant quatre ans j'ai travaillé sur des structures massives, et précisément le comportement des grands bâtiments (barrages) et des bétons armés… lors d'un tremblement de terre, de secousses ou de bombardements pendant les guerres. En 1988, j'ai soutenu cette thèse et obtenu les félicitations du Jury.
Comment avez-vous pu accéder à la NASA, qui est une agence américaine stratégique ?
Ma spécialité et l'objet de ma thèse de Doctorat ont intéressé plusieurs centres de recherches qui m'ont soutenu financièrement afin d'aboutir à des résultats très concluants. Ensuite, j'ai tenu à développer davantage ces résultats et les mettre en application avec un centre de recherche "Nuclear Waist Diposal " spécialisé dans le traitement des déchets nucléaires. Ces applications m'ont ouvert la porte de l'enseignement et de la recherche. Un jour j'ai été sollicité par un célèbre centre américain de recherches aérospatiales, " The Ball aerospacial " pour résoudre un problème du ressort dans une grande élongation. Mission réussie. On m'a confié encore la solution d'un autre problème plus difficile et beaucoup plus compliqué dans le " Habel Space telescop ". A l'époque, il était mal installé et comportait des fautes graves dans le miroir principal, ce qui conduisait à des incertitudes et à des résultats imprécis. La correction des aberrations était très difficile, car il s'agissait de corriger seulement les lumières de ce miroir géant. Et la mission a réussi. L'accès à l'agence spatiale américaine n'est-il pas interdit aux non-Américains ?Non absolument pas. Au contraire, l'Agence fonctionne grâce aux compétences de différentes nationalités. Elle veut attirer les compétences du monde entier.
Quelle est l'attitude de l'opinion publique américaine vis-à-vis d'un Tunisien ou d'un Arabe ayant accédé à des postes stratégiques au sein de la NASA ?
Sans aucun doute le citoyen américain accepte facilement l'autre, car la structure de la société américaine est fondée sur la multiplicité des races et des origines ethniques et religieuses. L'être humain n'est jugé que sur ses compétences. Au cours des dix-sept ans que j'ai passés aux USA, je ne me suis jamais senti étranger à la société américaine et je n'ai jamais été victime d'une discrimination raciale ou d'agissements dégradants.
Au sein de la NASA, quelle est la valeur ajoutée que vous apportez à la recherche aérospatiale ?
Je suis chef de groupe de chercheurs, "Lead structure system ingeneering ". Je préside une équipe de recherche ayant pour mission d'assurer le contrôle et le suivi des structures aérospatiales (navette spatiale, fusée…). On doit contrôler le fonctionnement de cette structure lors de la propulsion, durant sa mission dans l'espace ou lors de sa mise sur orbite sans subir de fractions.Outre ces tâches importantes, quelles sont les grandes applications que vous avez réalisées dans ce domaine ? Les connaissances sur les galaxies, les objets dans l'espace et l'astronomie d'une façon générale se sont développées ces dernières années. Elles sont actuellement différentes de ce qui a été enseigné il y a une décennie grâce aux corrections des aberrations que j'ai faites sur le " Habel Space ". Je suis particulièrement fier que notre conception de l'espace ait changé grâce à cet instrument sur lequel j'ai laissé des empreintes. Actuellement, il existe d'autres instruments qui sont venus soutenir les résultats du premier instrument. Il s'agit en particulier du "Radial instrument ". En outre, je travaille actuellement sur un instrument spatial dont la capacité est beaucoup plus puissante que celle qui existe. Cet instrument, qui sera prêt en l'an 2003, va certainement remplacer l'ancien instrument et faire avancer les résultats des recherches scientifiques. Y a-t-il d'autres Tunisiens à la NASA ? Dans ma spécialité, je suis le seul Tunisien et Arabe.
Au sein de la NASA, les recherches scientifiques sont-elles orientées vers la paix ou vers la guerre ?
La nouvelle tendance est pour la paix. Il est vrai qu'à partir de la deuxième guerre mondiale et tout au long de la guerre froide entre les deux super-puissances, tous les efforts de la NASA et de l'Air-Force américaine ont servi la guerre. Et la bombe atomique qui a été larguée par les USA restera une tache noire. Mais actuellement, l'équilibre des forces a changé. Et tout le budget de l'Agence spatiale américaine est consacré à la paix et au bien-être de l'homme.-Mohamed Laoucet Ayari, " Lead Structural System ingeneering " à la NASA : Le Tunisien qui a changé notre conception de l'espace
Naceur Mokni
Source: le magazine Réalités
Qui est Mohamed Laoucet Ayari ?
Je m'appelle Mohamed Laoucet Ayari, "le cadet ". Je suis né à Hammam-Lif où j'ai fréquenté l'école primaire et le lycée secondaire. Mes études supérieures se sont faites à l'ENIT où j'ai obtenu mon diplôme d'ingénieur en Génie Civil en 1983. Mes ambitions m'ont mené plus loin. Je suis allé à la "Colorado State University " pour préparer une thèse de Doctorat en ingénierie dans une spécialité de pointe, à savoir "la Structure ". Celle-ci ayant trait à tout ce qui concerne la mécanique appliquée, la mécanique de la fissuration et la mécanique de la fracture "fracture mecanics ". Ce domaine concerne l'étude de comportement des fissurations dans les corps solides : fer, pierre, béton, métaux… Ma thèse avait pour objet l'analyse des fractures dans des matières ayant subi des efforts dynamiques " the crack nucleation ". Durant quatre ans j'ai travaillé sur des structures massives, et précisément le comportement des grands bâtiments (barrages) et des bétons armés… lors d'un tremblement de terre, de secousses ou de bombardements pendant les guerres. En 1988, j'ai soutenu cette thèse et obtenu les félicitations du Jury.
Comment avez-vous pu accéder à la NASA, qui est une agence américaine stratégique ?
Ma spécialité et l'objet de ma thèse de Doctorat ont intéressé plusieurs centres de recherches qui m'ont soutenu financièrement afin d'aboutir à des résultats très concluants. Ensuite, j'ai tenu à développer davantage ces résultats et les mettre en application avec un centre de recherche "Nuclear Waist Diposal " spécialisé dans le traitement des déchets nucléaires. Ces applications m'ont ouvert la porte de l'enseignement et de la recherche. Un jour j'ai été sollicité par un célèbre centre américain de recherches aérospatiales, " The Ball aerospacial " pour résoudre un problème du ressort dans une grande élongation. Mission réussie. On m'a confié encore la solution d'un autre problème plus difficile et beaucoup plus compliqué dans le " Habel Space telescop ". A l'époque, il était mal installé et comportait des fautes graves dans le miroir principal, ce qui conduisait à des incertitudes et à des résultats imprécis. La correction des aberrations était très difficile, car il s'agissait de corriger seulement les lumières de ce miroir géant. Et la mission a réussi. L'accès à l'agence spatiale américaine n'est-il pas interdit aux non-Américains ?Non absolument pas. Au contraire, l'Agence fonctionne grâce aux compétences de différentes nationalités. Elle veut attirer les compétences du monde entier.
Quelle est l'attitude de l'opinion publique américaine vis-à-vis d'un Tunisien ou d'un Arabe ayant accédé à des postes stratégiques au sein de la NASA ?
Sans aucun doute le citoyen américain accepte facilement l'autre, car la structure de la société américaine est fondée sur la multiplicité des races et des origines ethniques et religieuses. L'être humain n'est jugé que sur ses compétences. Au cours des dix-sept ans que j'ai passés aux USA, je ne me suis jamais senti étranger à la société américaine et je n'ai jamais été victime d'une discrimination raciale ou d'agissements dégradants.
Au sein de la NASA, quelle est la valeur ajoutée que vous apportez à la recherche aérospatiale ?
Je suis chef de groupe de chercheurs, "Lead structure system ingeneering ". Je préside une équipe de recherche ayant pour mission d'assurer le contrôle et le suivi des structures aérospatiales (navette spatiale, fusée…). On doit contrôler le fonctionnement de cette structure lors de la propulsion, durant sa mission dans l'espace ou lors de sa mise sur orbite sans subir de fractions.Outre ces tâches importantes, quelles sont les grandes applications que vous avez réalisées dans ce domaine ? Les connaissances sur les galaxies, les objets dans l'espace et l'astronomie d'une façon générale se sont développées ces dernières années. Elles sont actuellement différentes de ce qui a été enseigné il y a une décennie grâce aux corrections des aberrations que j'ai faites sur le " Habel Space ". Je suis particulièrement fier que notre conception de l'espace ait changé grâce à cet instrument sur lequel j'ai laissé des empreintes. Actuellement, il existe d'autres instruments qui sont venus soutenir les résultats du premier instrument. Il s'agit en particulier du "Radial instrument ". En outre, je travaille actuellement sur un instrument spatial dont la capacité est beaucoup plus puissante que celle qui existe. Cet instrument, qui sera prêt en l'an 2003, va certainement remplacer l'ancien instrument et faire avancer les résultats des recherches scientifiques. Y a-t-il d'autres Tunisiens à la NASA ? Dans ma spécialité, je suis le seul Tunisien et Arabe.
Au sein de la NASA, les recherches scientifiques sont-elles orientées vers la paix ou vers la guerre ?
La nouvelle tendance est pour la paix. Il est vrai qu'à partir de la deuxième guerre mondiale et tout au long de la guerre froide entre les deux super-puissances, tous les efforts de la NASA et de l'Air-Force américaine ont servi la guerre. Et la bombe atomique qui a été larguée par les USA restera une tache noire. Mais actuellement, l'équilibre des forces a changé. Et tout le budget de l'Agence spatiale américaine est consacré à la paix et au bien-être de l'homme.-Mohamed Laoucet Ayari, " Lead Structural System ingeneering " à la NASA : Le Tunisien qui a changé notre conception de l'espace
Naceur Mokni
Source: le magazine Réalités
Le blason redoré par le cannabis
Jadis, Hammam-lif fut considérée comme la ville beylicale par excellence. Elle a toujours abrité le palais du Bey qui a été hélas maintenant abandonné comme toute la ville d’ailleurs à des personnes nécessiteux qui le squattent depuis plus d’une dizaine d’années. Avec une toilette commune pour les dizaines de familles qui y ont élu foyer, on ne peut vraiment pas dire que les conditions d’hygiène sont respectées. Mais voilà, la ville suit la pente de sa courbe descendante depuis la fin des années quatre-vingt. Le chalet vert est réduit à être un minable bar pour survivre alors que vu son emplacement, il n’a vraiment pas de quoi rougir face aux plus beaux chalets du monde. Et même les sources thermales qui étaient autrefois source de fierté pour tous les hammam-lifois et destination de la population bourgeoise tunisienne ne réussissent plus à attirer personne.
C’est alors que les hammam-lifois se sont dirigés vers d’autres cieux et d’innombrables jeunes hammam-lifois ont traversé la méditerranée et font actuellement le bonheur de la cosa nostra.
En plus de plusieurs cultures de drogues douces qui ont été découvertes à H-Lif
Le cannabis a été alors élevé au rang de fierté nationale pour tous les « wled el Hamhama ». Et rien qu’à écouter les chansons scandées par le public hammam-lifois sur les gradins, on se demande réellement si ce public s’intéresse plus au CSHL ou à la Zatla.
La Tunisie qui estime le Cap Bon pour ses oranges, Sfax pour son industrie et Ksar Helal pour son textile… stigmatise de plus en plus el Hamhama pour l’essor du commerce illicite.
Je pense qu’aujourd’hui on touche le fond de la médiocrité, en étant fier de posséder la première réserve nationale en matière de cannabis. H-Lif est tellement plus grande que ces gangsters !
C’est alors que les hammam-lifois se sont dirigés vers d’autres cieux et d’innombrables jeunes hammam-lifois ont traversé la méditerranée et font actuellement le bonheur de la cosa nostra.
En plus de plusieurs cultures de drogues douces qui ont été découvertes à H-Lif
Le cannabis a été alors élevé au rang de fierté nationale pour tous les « wled el Hamhama ». Et rien qu’à écouter les chansons scandées par le public hammam-lifois sur les gradins, on se demande réellement si ce public s’intéresse plus au CSHL ou à la Zatla.
La Tunisie qui estime le Cap Bon pour ses oranges, Sfax pour son industrie et Ksar Helal pour son textile… stigmatise de plus en plus el Hamhama pour l’essor du commerce illicite.
Je pense qu’aujourd’hui on touche le fond de la médiocrité, en étant fier de posséder la première réserve nationale en matière de cannabis. H-Lif est tellement plus grande que ces gangsters !
lundi 10 mars 2008
Hamhamiste jusqu’au bout !
Quand la vie nous entraîne dans ces vicissitudes, rien de tel finalement, que de se passionner pour n’importe quoi, pourvu que l’on aboutisse à l’effet escompté à savoir faire taire son spleen pour ne jamais perdre le sourire de tous les jours.
Ma passion à moi a toujours été le Club Sportif d’Hammam-Lif. Un club au passé glorieux et au présent livide.
Dés mon jeune âge, on m’a inculqué les clichés à sortir à chaque fois que l’on me reprochait de supporter un club du bas de tableau du genre : « Nous avons instauré le professionnalisme en Tunisie », « Nous sommes le premier club à avoir représenté la Tunisie dans une compétition internationale (Coupe d’Afrique du Nord) », « en 1953, nos avons battu l’Etoile du Sahel par huit buts à zéro »…
Après l’indépendance, mon club n’a récolté que deux titres de coupe de Tunisie. Et les années de vaches maigres se suivent et se ressemblent. Et au début de chaque saison, au moment de se procurer son abonnement, on se demande vraiment si le club ne devrait pas fournir à tout supporter ayant le courage de s’abonner une carte de soins gratuits dans la plus proche des institutions médicales. Car il faut le reconnaître, les matchs de mon équipe sont souvent à caractère hyperglycémiant et parfois même dyslipémiant.
Quand les autres équipes faisaient des recrutements de l’ordre des millions de dinars, nous les faisions à des centaines de dinars. Tel est le cas de la vedette actuelle Anis Ben Chouikha qui a été échangé avec l’équipe voisine d’Ez-Zahra contre des équipements sportifs.
Néanmoins ma vie de fervent supporter n’en est pas tranquille pour autant. La course au maintien a toujours occupé une grande partie de ma pensée. Il fallait toujours s’enquérir en plus du résultat de l’Olympique de Béja et de la jeunesse sportive kairouanaise. Et à la fin de la saison, on savait enfin si on allait enfin respirer tout en espérant que la prochaine saison allait être meilleure, ou alors pousser un long soupir et déprimer pendant tout l’été juste à l’idée de penser qu’on allait côtoyer les Djebel Jloud, Ariana et compagnie.
J’ai toujours regardé les grands matchs de la saison avec beaucoup d’objectivité et non moins de désintéressement vu que je n’étais jamais concerné par les grands rendez-vous. Mon équipe joue presque toujours le maintien et à force mes nerfs lâchent bien souvent.
J’aurais bien pu choisir comme le plus commun des mortels de supporter un club qui gagne, un club qui joue pour les titres… Mais mon cœur a toujours penché pour la couleur verte, et j’ai toujours préféré le Chalet Vert à « Kobbet el hwé », j’ai toujours admiré cette équipe sympathique qui vivait au jour le jour et qui n’avait d’ambitions que de jouer. La relégation me fait peut-être souvent faire des cauchemars mais chacun sa dimension et ses aspirations.
Vive le CSHL !
Ma passion à moi a toujours été le Club Sportif d’Hammam-Lif. Un club au passé glorieux et au présent livide.
Dés mon jeune âge, on m’a inculqué les clichés à sortir à chaque fois que l’on me reprochait de supporter un club du bas de tableau du genre : « Nous avons instauré le professionnalisme en Tunisie », « Nous sommes le premier club à avoir représenté la Tunisie dans une compétition internationale (Coupe d’Afrique du Nord) », « en 1953, nos avons battu l’Etoile du Sahel par huit buts à zéro »…
Après l’indépendance, mon club n’a récolté que deux titres de coupe de Tunisie. Et les années de vaches maigres se suivent et se ressemblent. Et au début de chaque saison, au moment de se procurer son abonnement, on se demande vraiment si le club ne devrait pas fournir à tout supporter ayant le courage de s’abonner une carte de soins gratuits dans la plus proche des institutions médicales. Car il faut le reconnaître, les matchs de mon équipe sont souvent à caractère hyperglycémiant et parfois même dyslipémiant.
Quand les autres équipes faisaient des recrutements de l’ordre des millions de dinars, nous les faisions à des centaines de dinars. Tel est le cas de la vedette actuelle Anis Ben Chouikha qui a été échangé avec l’équipe voisine d’Ez-Zahra contre des équipements sportifs.
Néanmoins ma vie de fervent supporter n’en est pas tranquille pour autant. La course au maintien a toujours occupé une grande partie de ma pensée. Il fallait toujours s’enquérir en plus du résultat de l’Olympique de Béja et de la jeunesse sportive kairouanaise. Et à la fin de la saison, on savait enfin si on allait enfin respirer tout en espérant que la prochaine saison allait être meilleure, ou alors pousser un long soupir et déprimer pendant tout l’été juste à l’idée de penser qu’on allait côtoyer les Djebel Jloud, Ariana et compagnie.
J’ai toujours regardé les grands matchs de la saison avec beaucoup d’objectivité et non moins de désintéressement vu que je n’étais jamais concerné par les grands rendez-vous. Mon équipe joue presque toujours le maintien et à force mes nerfs lâchent bien souvent.
J’aurais bien pu choisir comme le plus commun des mortels de supporter un club qui gagne, un club qui joue pour les titres… Mais mon cœur a toujours penché pour la couleur verte, et j’ai toujours préféré le Chalet Vert à « Kobbet el hwé », j’ai toujours admiré cette équipe sympathique qui vivait au jour le jour et qui n’avait d’ambitions que de jouer. La relégation me fait peut-être souvent faire des cauchemars mais chacun sa dimension et ses aspirations.
Vive le CSHL !
jeudi 6 mars 2008
Citoyen du monde sans permis de conduire ni carte de séjour
J’aime les êtres mis à part leurs origines, leurs couleurs et leurs langues. Je ne me suis jamais senti étranger face à des causes humaines. J’ai pleuré quand les gosses de l’Intifada se faisaient écraser par des chars. J’ai été choqué de voir le onze septembre des personnes se larguer du haut d’une centaine d’étages pour échapper aux flammes même si le pavé les attendait. Je n’ai tout de même pas apprécié les tirs « chirurgicaux » des américains en territoire afghan qui ont fait des milliers de morts innocents que même la chirurgie n’a pas pu sauver. J’ai applaudi quand le Kosovo a annoncé son indépendance. Et j’ai chanté quand le mûr de Berlin s’est écroulé. J’ai, aussi, toujours été fier de la pensée des lumières. Et j’ai tant admiré les inventeurs qui ont révolutionné notre vie. Mon indignation était grande quand les balles qui ont tué Itzhak Rabin ont traversé son corps pour abattre le processus de paix au Proche-Orient. Et j’ai été très ému de voir le cortège funèbre de la princesse Diana l’accompagner vers son paradis. La colère ne m’a pas épargné quand on a caricaturé le prophète, je me suis pourtant demandé si les réactions n’étaient pas disproportionnées. Mes larmes ont aussi coulé quand Hédi Berrekhisa, le cœur de lion, s’est éteint sur un terrain de football en plein match amical contre l’Olympique Lyonnais. J’ai salué l’audace d’Hugo Chavez, le président vénézuelien face au despotisme américain. Je me suis mobilisé contre l’utilisation folklorique mais sauvage des taureaux dans les corridas espagnoles. Et j’ai rêvé de ce génie de Cervantès qui a pu imaginer un héro combattant les moulins à vent…
Mais une demande pour un VISA pour l’Europe vient de m’être gentiment déclinée. Et je ne me suis toujours pas décidé à passer mon permis, séquelle probablement de problèmes sociaux avec certains moniteurs d’auto-écoles. Heureusement, qu’ils ne pourront jamais m’enlever mon implication mondiale et peut-être même interplanétaire avec l’être humain où qu’il soit. Et ma consolation ultime, c’est que les sans-papiers sont sûrement les êtres auxquels les frontières importent le moins. Soit !
Mais une demande pour un VISA pour l’Europe vient de m’être gentiment déclinée. Et je ne me suis toujours pas décidé à passer mon permis, séquelle probablement de problèmes sociaux avec certains moniteurs d’auto-écoles. Heureusement, qu’ils ne pourront jamais m’enlever mon implication mondiale et peut-être même interplanétaire avec l’être humain où qu’il soit. Et ma consolation ultime, c’est que les sans-papiers sont sûrement les êtres auxquels les frontières importent le moins. Soit !
L'ennemi intime
Vive l’ennemi sans qui nous ne serions pas aujourd’hui au point où nous sommes. Parfois, nos compagnons les plus dévoués ne nous aident pas autant pour y arriver. L’ennemi, fin adepte de l’art de la rumeur, lancera à tout bout de champ des médisances à votre égard pour montrer au monde qui vous entoure qu’il est plus digne d’être aimé que vous. Certains le verraient avec un œil contrarié. Mais moi je suis le plus reconnaissant du monde vis-à-vis de ces gens là. En quelque sorte, c’est la plus belle des reconnaissances qu’on puisse recevoir. Il est vrai que l’on aimerait tous être aimé pour ce que l’on est. Mais la nature humaine fait qu’à chaque fois que l’on produit un effet, on se donne un ennemi et que par conséquent, il faut rester médiocre pour être populaire. Il faut donc voir ces réactions sous un autre angle, et comprendre qu’il est humain que les sous humains nous envient pour notre allure, pour notre statut de guérillero de la vie ou même parce qu’on a réalisé ce qu’ils auraient toujours rêvé de faire. Laissez dire, laissez chanter et laissez les exprimer leur peine de nous voir les dépasser. La caravane passera et les chiens mourront de froid, avec le temps qu’il fait ce ne sera pas trop long. Sinon, je rêve de vous voir un jour évoluer dans un sens plus prolifique en actes. L’histoire retiendra nos actions et ce que nous étions, et la poussière de l'oubli couvrira certainement vos calomnies.
lundi 3 mars 2008
Profils: Mohamed le maçon d’avant
Un spectacle désolant m’a anéanti en ce jour si ensoleillé pourtant. Mohamed jeune homme de 23 ans, maçon depuis sa tendre enfance. Il avait côtoyé les briques et le ciment quand les enfants de son âge jouaient au Lego. La raison d’être de son âme demeurait, le sourire dessiné sur les lèvres de sa mère quand il lui ramenait un couffin plein de fruits et légumes une fois par mois, quand sa misérable paye le lui permettait.
Un jour qui paraissait comme tous les autres l’a fait basculer du haut d’un toit de quatre étages et avec son corps a basculé toute sa vie. Il a été ramené aux urgences dans une voiture non médicalisée, avec tout ce que cela implique de déficits surajoutés accompagnant chaque virage pris par le véhicule. Après un examen minutieux, le diagnostic fut posé : c’est une luxation des septième et sixième vertèbres cervicales. Sa moelle en fut comprimée. Et son influx nerveux interrompu. Ses neurones souffraient énormément, mais il faut dire, pas autant que sa pauvre mère. Elle venait le voir tous les jours, du matin au soir. Ils ne s’adressaient pas la parole. Ils ne pleuraient pas. Ils avaient conçu un nouveau langage où le seul mode était la souffrance et l’unique règle grammaticale était le chagrin. Il attendait très vaillamment qu’on lui fasse cette foutue intervention chirurgicale dont l’immense succès serait qu’il puisse un jour s’asseoir convenablement sur une chaise roulante. A son âge, il est très difficile qu’il jubile de se voir sur son siège pour handicapés. Et pourtant, tu ne percevras jamais dans ses yeux une goutte de désespoir. Aujourd’hui, je me suis trouvé face à lui et je n’ai rien pu lui dire. Il n’y avait tout simplement rien à ajouter. Je m’étais, seulement pour quelques minutes, joint à leur langage pour exprimer ma sympathie. Je prierai pour le voir un jour plus souriant, c’est tout ce que je pourrais faire pour l’aider. C’est sûrement pour chasser la tristesse du monde de mes semblables que j’ai choisi ma voie.
Je rêve déjà du jour où j’y arriverai !
Un jour qui paraissait comme tous les autres l’a fait basculer du haut d’un toit de quatre étages et avec son corps a basculé toute sa vie. Il a été ramené aux urgences dans une voiture non médicalisée, avec tout ce que cela implique de déficits surajoutés accompagnant chaque virage pris par le véhicule. Après un examen minutieux, le diagnostic fut posé : c’est une luxation des septième et sixième vertèbres cervicales. Sa moelle en fut comprimée. Et son influx nerveux interrompu. Ses neurones souffraient énormément, mais il faut dire, pas autant que sa pauvre mère. Elle venait le voir tous les jours, du matin au soir. Ils ne s’adressaient pas la parole. Ils ne pleuraient pas. Ils avaient conçu un nouveau langage où le seul mode était la souffrance et l’unique règle grammaticale était le chagrin. Il attendait très vaillamment qu’on lui fasse cette foutue intervention chirurgicale dont l’immense succès serait qu’il puisse un jour s’asseoir convenablement sur une chaise roulante. A son âge, il est très difficile qu’il jubile de se voir sur son siège pour handicapés. Et pourtant, tu ne percevras jamais dans ses yeux une goutte de désespoir. Aujourd’hui, je me suis trouvé face à lui et je n’ai rien pu lui dire. Il n’y avait tout simplement rien à ajouter. Je m’étais, seulement pour quelques minutes, joint à leur langage pour exprimer ma sympathie. Je prierai pour le voir un jour plus souriant, c’est tout ce que je pourrais faire pour l’aider. C’est sûrement pour chasser la tristesse du monde de mes semblables que j’ai choisi ma voie.
Je rêve déjà du jour où j’y arriverai !
Djamila, une héroïne !
Djamila est une femme peu commune avec les 150 kg qu’elle traîne et le précieux bordeaux qui a toujours coloré l’iris de ses yeux.
De son air fier, elle a toujours su rappeler à quiconque venait à en douter, son origine noble vu qu’elle au moins elle était « bent ejjbal le vrai ! » et non pas comme tous ces autres qui clament faussement leur appartenance à cette montagne rouge abritant depuis pas mal de temps déjà un quartier très populaire situé juste derrière le nouveau siège de la RTT.
Comme toutes les personnes de son espèce, la bonne femme se devait de trouver un travail décent qui lui permettrait de faire vivre son mari chômeur et ses enfants nombreux et pas encore en âge de s’adonner à l’art de la mécanique automobile.
Elle se levait donc, tous les jours à 5 heures tapantes pour braver les dangers des célèbres autobus « jaunes » qu’elle connaissait si bien. Pour se pointer, à bout de souffle, environ deux heures plus tard dans un des quartiers huppés de la banlieue nord de la capitale.
La bonne femme ne rechignait pas sur l’effort. Elle nettoyait, réparait, préparait le déjeuner et lavait la vaisselle… sans jamais contester.
Elle regardait tous les jours, le sourire aux lèvres, le gouffre qui la séparait de la situation de ses maîtres.
Chaque jeudi, elle se dirigeait vers la grande prison de la région « ramener le couffin » à son fils qu’on a selon ses dires, incarcéré à tort dans une affaire de braquage. Il lui arrivait souvent aussi d’être battue par son ivrogne de mari qui ne travaillait hélas que rarement.
Djamila avait tout de même beaucoup de savoir-vivre, beaucoup d’humour et surtout un cœur comme il n’y en a plus.
Mais comme elle ne portait ni Dior ni Armani, les clochards de nouveaux riches qui deviennent si nombreux dans notre pays se permettaient souvent de se moquer de ses habits qu’elle venait de dénicher à la fripe.
Elle se rappelle même d’une fois où elle était entrée dans un supermarché et où on l’a accusée illégitimement de vol.
Elle en fut profondément attristée de ce monde qui estime les gens au poids de leurs poches. Malgré tout, elle a toujours su rester droite et a réussi à élever dignement ses fils qui ont tous aujourd’hui un travail fixe grâce à elle.
L’argent a voilé les yeux de toute une société sur un trésor unique qu’était Djamila, que dieu la protège.
(Texte en hommage à Djamila, Ton parcours qui semble si anodin est pour moi une légende !)
De son air fier, elle a toujours su rappeler à quiconque venait à en douter, son origine noble vu qu’elle au moins elle était « bent ejjbal le vrai ! » et non pas comme tous ces autres qui clament faussement leur appartenance à cette montagne rouge abritant depuis pas mal de temps déjà un quartier très populaire situé juste derrière le nouveau siège de la RTT.
Comme toutes les personnes de son espèce, la bonne femme se devait de trouver un travail décent qui lui permettrait de faire vivre son mari chômeur et ses enfants nombreux et pas encore en âge de s’adonner à l’art de la mécanique automobile.
Elle se levait donc, tous les jours à 5 heures tapantes pour braver les dangers des célèbres autobus « jaunes » qu’elle connaissait si bien. Pour se pointer, à bout de souffle, environ deux heures plus tard dans un des quartiers huppés de la banlieue nord de la capitale.
La bonne femme ne rechignait pas sur l’effort. Elle nettoyait, réparait, préparait le déjeuner et lavait la vaisselle… sans jamais contester.
Elle regardait tous les jours, le sourire aux lèvres, le gouffre qui la séparait de la situation de ses maîtres.
Chaque jeudi, elle se dirigeait vers la grande prison de la région « ramener le couffin » à son fils qu’on a selon ses dires, incarcéré à tort dans une affaire de braquage. Il lui arrivait souvent aussi d’être battue par son ivrogne de mari qui ne travaillait hélas que rarement.
Djamila avait tout de même beaucoup de savoir-vivre, beaucoup d’humour et surtout un cœur comme il n’y en a plus.
Mais comme elle ne portait ni Dior ni Armani, les clochards de nouveaux riches qui deviennent si nombreux dans notre pays se permettaient souvent de se moquer de ses habits qu’elle venait de dénicher à la fripe.
Elle se rappelle même d’une fois où elle était entrée dans un supermarché et où on l’a accusée illégitimement de vol.
Elle en fut profondément attristée de ce monde qui estime les gens au poids de leurs poches. Malgré tout, elle a toujours su rester droite et a réussi à élever dignement ses fils qui ont tous aujourd’hui un travail fixe grâce à elle.
L’argent a voilé les yeux de toute une société sur un trésor unique qu’était Djamila, que dieu la protège.
(Texte en hommage à Djamila, Ton parcours qui semble si anodin est pour moi une légende !)
L'otage de son âme
Cela fait à peu près trente ans que j’existe, J’ai pourtant l’étrange impression que la dernière fois que j’ai vu le soleil se lever remonte à plus de cela.
J’espère seulement le monde n’appartient pas vraiment aux lève-tôt, car sinon, je serai le plus à plaindre.
Je suis hypersomniaque. Mon cerveau a comme du mal à fonctionner et je n’ai jamais été doué pour n’importe quel travail qui requiert une quelconque capacité intellectuelle. Le lycée, a d’ailleurs, vite compris et m’a vite renvoyé chez moi. Et la seule plate-forme qui ne m’ait jamais accepté tel que je suis, c’est mon lit. Et au fond, je le lui ai toujours bien rendu. On nous a souvent chambré en nous appelant : les inséparables. Mais je m’en fous. Aujourd’hui, je voudrais changer. Je voudrais faire partie de ceux qui agissent et plus de ceux qui dorment, de ceux qui marchent et non ceux qui s’asseyent. J’aimerai ressentir seulement une seule fois cette fatigue justifiée, cette satisfaction du travail bien fait. Même l’impression de travailler me suffirait.
Je voudrais en finir avec Internet qui m’habite, avec les contacts virtuels. Je voudrais passer le pas de la porte, et voir des gens réels. Je rêve qu’on se moque de moi, qu’on me rit à la gueule. Mon corps frissonne déjà à l’idée que quand je sortirai de ma maison, des regards même furtifs, vont se poser sur mon ombre et vu la platitude exemplaire de mon âme, même ces regards là pourraient très bien percer tous les mystères de mon âme.
J’espère seulement le monde n’appartient pas vraiment aux lève-tôt, car sinon, je serai le plus à plaindre.
Je suis hypersomniaque. Mon cerveau a comme du mal à fonctionner et je n’ai jamais été doué pour n’importe quel travail qui requiert une quelconque capacité intellectuelle. Le lycée, a d’ailleurs, vite compris et m’a vite renvoyé chez moi. Et la seule plate-forme qui ne m’ait jamais accepté tel que je suis, c’est mon lit. Et au fond, je le lui ai toujours bien rendu. On nous a souvent chambré en nous appelant : les inséparables. Mais je m’en fous. Aujourd’hui, je voudrais changer. Je voudrais faire partie de ceux qui agissent et plus de ceux qui dorment, de ceux qui marchent et non ceux qui s’asseyent. J’aimerai ressentir seulement une seule fois cette fatigue justifiée, cette satisfaction du travail bien fait. Même l’impression de travailler me suffirait.
Je voudrais en finir avec Internet qui m’habite, avec les contacts virtuels. Je voudrais passer le pas de la porte, et voir des gens réels. Je rêve qu’on se moque de moi, qu’on me rit à la gueule. Mon corps frissonne déjà à l’idée que quand je sortirai de ma maison, des regards même furtifs, vont se poser sur mon ombre et vu la platitude exemplaire de mon âme, même ces regards là pourraient très bien percer tous les mystères de mon âme.
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