Les fidèles du Boukornine

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jeudi 17 novembre 2011

Dans l'affaire Yosri Triqui, j'accuse...



J'accuse Yosri Triqui de naïveté, de bêtise, d'avoir été embobiné, endoctriné, manipulé par des putes barbues qui prônent le djihad mais ne le font pas, qui croient salutaire d'envoyer des jeunes promus à un brillant avenir s'embourber dans un enfer terrestre qui nous est étranger et lointain.

J'accuse Rached Ghannouchi d'avoir sauté sur l'occasion pour politiser un fait divers afin de passer pour le sauveur de la nation. Je l'accuse d'usurpation d'identité, de parler au nom du peuple tunisien, d'avoir tenté une médiation au lieu de laisser/sommer les autorités (de) le faire. Je l'accuse aussi d'avoir faussement rassuré l'opinion publique. Je l'accuse de manipulation, de mensonge et de "roukoub", devenu sport favori de notre ayatollah national !

J'accuse l'élite tunisienne de ne pas guider cette jeunesse en mal de repères, en mal d'idéaux, en mal d'ambitions, en mal de rêves et qui voit la réussite dans les âmes purifiées qui quittent les corps déchiquetés des bombes humaines.
Ayant été un de ces jeunes égarés qui rêvaient du martyr en Palestine et ailleurs, qui rêvaient de détruire et non pas de bâtir. J'en suis même arrivé à un certain moment à envisager le retard dans ce projet "paradisiaque" comme un échec cuisant.
Je ne dois mon salut qu'au miroir qui a réfléchi un jour, plus que d'habitude, avant de réfléchir une image abjecte et triste, ultime illumination, qui m'a permis de retrouver mon doute salutaire et ma vite de jeune utopiste, rêveur, ambitieux,  plein de vie et de projets !

J'accuse le père de Yosri Triqui de glorifier la mort bête et inutile de son enfant, de ne pas s'avouer qu'il a échoué dans son éducation, qu'il n'a pas été là pour le guider quand il a commencé à avoir ces idées macabres. Je l'accuse d'oser se pointer dans les médias pour exprimer sa fierté au lieu de pleurer dignement le défunt. Quelle leçon donne-t-il aux jeunes dans les esprits desquels ce genre de projets commencerait à naître? Que la gloire se trouve en Irak ? Je l'accuse d'avoir permis la récupération de la tragédie de son fils à des buts d'une bassesse révoltante. Je l'accuse de nous prendre pour des cons en disant que son fils n'y est pour rien ! S'il voulait faire du tourisme, il aurait bien pu préférer Hammamet et ne pas se rendre clandestinement dans un pays miné par une guerre civile des plus sanglantes.


Ton départ me torture, Yosri. Ton exécution me hante, je te regarde mais ne vois pas de terroriste.
Je hais ta crédulité, je hais la jeunesse perdue de mon pays, l'absence totale d'élite, la profanation de la religion par des putes barbues pour présenter des offrandes humaines dans l'unique but d'assouvir leurs besoins sadiques.
Sous ton regard candide, Yosri, je me vois et retrouve tous les jeunes qui comme nous, se sont perdus en voulant bien faire.

Que Dieu ait pitié de nous et qu'il pardonne ce que tu as pu perpétrer. Allah yarhmek.
Une dernière pensée aux victimes du terrorisme quel qu’il soit, quelqu'en soit la motivation ou l'étendard.


Mise à jour du 17/11 à 20h: 
Yosri Triqui était en contact avec ses parents jusqu'à la veille de son exécution. Yosri a toujours nié les faits qui lui sont attribués. Il a tout de même reconnu avoir participé à des opérations contre des militaires américains. Il a d'abord été arrêté par des américains qui l'ont par la suite relâché faute de preuves.
En 2006, il se fait arrêter à nouveau par les irakiens qui lui extorquent des aveux sous la torture selon lesquels il serait impliqué dans le meurtre et le viol d'une journaliste de la chaîne AlArabeya.
Procès expéditif et le voilà, condamné à la peine capitale sans sa présence au tribunal ni celle de son avocat en l'absence de toute preuve sinon ses aveux arrachés.
Tractations en coulisses, Rached Ghannouchi et Mbazâa disent avoir contacté Talabani, des journaux locaux démentent. Le père supplie des responsables irakiens qui le rassurent sur le sort de son fils !
La veille de son exécution, Yosri contacte son père et lui fait part de rumeurs persistantes selon lesquelles le lendemain seraient fusillés quinze condamnés à mort. Il pense qu'il est concerné, son père relativise.
Le lendemain l'impensable s'est produit. Yosri n'est plus. Allah yarhmou.
J'espère ne pas avoir heurté certaines sensibilités avec mon billet. J'ai peut-être été cru en m'expliquant, mais peut-on me reprocher d'être sincère ?
Toujours est-il, allah yarhmou w isabber 3ayeltou.

Morale de l'histoire, faites gaffe à vos enfants, écoutez-les, rassurez-les, ne les abandonnez pas à ces barbes assassines qui vous le voleront à jamais !
Expliquez à vos enfants que le plus intense et le plus glorieux des djihad est de réussir à l'école, de devenir un bon citoyen, de trouver un boulot, de fonder une famille et de vivre heureux.
A bon entendeur.