Les fidèles du Boukornine

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samedi 8 novembre 2008

La marche comme activité paisible (Essalem)


Il est 7 heures du mat’

Je n’ai plus sommeil.

Est-ce l’effet retard d’une heure d’été qui a trop duré ?

Je ne le sais guère.

Je mets mon manteau.

Je descends les escaliers pour aller errer quelque part. Là où mes pas me mèneront.

Les cheveux au vent. Les dents grinçant de froid.

Je croise Hamed le voisin à qui je ne dis jamais bonjour. Pourtant en cette nuageuse matinée un élan de vertu me pousse à le saluer :

-Essalem

-Ahla essalem…

Je continue mon chemin…

On dirait que personne n’est réveillé à cette heure bien précise. Mais j’ai cette curieuse impression que personne quant à lui, m’observe à travers les volets à demi clos…

Ce n’est peut-être qu’une impression…

Ma paranoïa surdéveloppée qui me joue des tours…

Je continue tout de même mon bonhomme de chemin…

Au loin, j’entends une mélodie dont je perçois difficilement les notes…

Ce serait finalement notre immense hymne nationale que le vent aurait ramené à la portée de mon ouïe.

Je n’y vois aucun signe du destin.

Je continue ma route vers l’inconnu…

Un être humain à l’apparence d’un extra-terrestre, croise ma voie : Il me fit la confession selon laquelle Obama aurait gagné les élections…

Je ne le crois pas…

Je pense qu’il se moque de moi…

Pour me débarrasser de cet être hostile qui a proféré un tel mensonge il m’avait suffit de lui crier la formule magique :

-Essalem !

Obama… Et puis quoi encore ? Un noir à la maison blanche ?

Autant voir un Bill Clinton à la tête du Zimbabwe…

Et même si c’était le cas, pense-t-il vraiment qu’une légère différence de pigmentation changerait-elle l’allée de l’univers ?

Elle a toujours été semée d’embuches et de mines anti-personnelles dont font les frais de jeunes et pauvres innocents… C’est la législation de la vie…

Le pauvre doit vivre pleinement sa misérable vie… Que ce soit sous le regard diabolique de Bush ou sous l’emprise de 100 millilitres d’alcool dilués dans 1,3 litre de Coca Cola voire même pour faire plus nationaliste de Boga Cidre.

We can…

They can…

All of us can…

CAN pour dire Coupe d’Afrique des Nations qui se déroulera (Inchallah) en 2010.

Ou CAN pour dire non sans quelques abus de langage, Con… Con de croire à un quelconque changement.

Ou tout simplement CAN comme le Comité des Amis de la Nature (Comité complètement virtuel mais qui devrait certainement exister pour rassembler tous ceux qui préfèrent les arbres aux êtres humains…)

Cette perturbation dans l’ordre de mes idées me pousse à changer de cap et me diriger vers la droite voire même l’extrême droite…

J’y salue oncle Salah… xénophobe de la première heure qui s’indignerait au cas où Obama venait à s’octroyer le droit de diriger le monde…

-Essalem

-Essalem…

Je trouve qu’oncle Salah y va un peu fort… Mais cette profonde différence d’âge me fait hocher la tête face à toutes les insanités qu’il peut émettre.

Usé, lessivé… Je prends le premier tournant à gauche et m’arrête devant l’épicier du coin…

-Essalem

-Essalem

-Deux gauchos s’il vous plait !

-Dans ce coin du monde, nous ne vendons pas de Gaucho !

-Essalem…

Je pars choqué d’avoir entendu ce dont je n’avais jamais soupçonné l’existence. Gaucho boycotté, Gaucho méprisé, Gaucho oublié…

Nous pourrons changer nous aussi, le jour où le Gaucho aura la place qu’il mérite dans notre société.

D’ici là vous pourrez zapper et observer les autres « changer » tranquillement selon leurs déclarations…

En attendant des jours meilleurs pour notre gaucho national…

-Essalem

-Essalem…

Et je continuais encore ma route vers l’infini…