Je ferme les yeux et fais tourner le monde…
Je me laisse prendre par l’ivresse de mes mots…
Je goute aux cris éternels de ce piano qui a bien vieilli.
Je laisse mes chimères bercer mon insouciance que j’ai égarée quelque part du côté du Boukornine…
Vite !
Sers-moi encore une fois !
Do… Ré… Fa… Mi…
Le violon use de toute sa barbarie pour me mettre hors de moi. Pour me détacher de mon corps, pour me permettre de voler haut dans le ciel… De côtoyer ces oiseaux… De me baigner dans les nuages…
Je fredonne des airs que personne ne connaît…
Même pas moi…
Où suis-je ?
Où vivons-nous ?
Ne serais-je pas au paradis ? Ou est-ce cette fièvre qui m’a encore joué des tours ?
Si c’est le cas… Autant vivre en hyperthermie constante… et se droguer à la température…
Je me sens léger.
Je laisse la chorale guider mes pas…
Laaaaaaaaa La la laaaaaaaaaaaa…
Laaaaaaaaa La la laaaaaaaaaaaa…
Suis-je en train de perdre la raison ?
Ou ai-je raison de résonner de la sorte ?
Ce serait en quelque sorte ma raison d’état…
Et la raison du plus fort est toujours la meilleure…
La résonance de leurs voix a eu raison de mon âme hagarde par ces voix qui ne s’éteindront jamais…
Je me réveille brusquement…
Il est 4 heures du matin tapantes.
J’ai dû faire un mauvais rêve…
Une voix plus raisonnable me prévient que pour les hommes comme moi, il serait préférable de combattre la fièvre à coups de paracétamol.
Je vote à l’unanimité pour revenir sans tarder à mon rêve.
Et j’oppose mon véto à toute autre proposition.
Je suis fou, je le sais mais ne le dis surtout pas.
Je suis insensé et je le déclare « officiellement » tout bas :
« Adieu ma boussole. On se reverra au paradis ».