Face à la décadence verbale, j’ai fait vœu de chasteté.
Dans ce monde impur, truffé de ressentiments et d’animosité, la poésie des mots n’a pas lieu d’être.
En dépit des lettres en minijupes et des écrits immenses ponctués de décolletés plus déroutants les uns que les autres, j’essaierai de résister.
J’ai la conviction tout de même que ce ne sera pas une partie de plaisir et que le spectre de la tentation (d’écrire) sera toujours aussi présent.
Quoique trop jeune (en tant qu’auteur) pour entamer un jeûne verbal à durée indéterminée. Mais ce sont ces aléas de la vie qui lui donnent tout son charme et qui nous font apprécier chaque moment de gloire, aussi infime soit-elle.
J’ai jeté mes porte-mines 0.7 et déchiré mes feuilles blanches. Dégoûté par la réalité des choses, par le vrai état des lieux. J’ai jeté aux chiottes toutes ces idées qui foisonnaient dans mon esprit étourdi et j’ai tiré la chasse d’eau.
Désormais j’apprendrai, je l’espère, à apprécier la dorure du silence et j’arriverai peut-être, à surmonter les périls du mutisme.